El hadj Kabiné Diané, inspecteur de l’éducation et de la formation de Kolda : « Nous fêtons l’excellence pour maintenir le cap… »

A l’occasion de la fête de l’excellence, l’inspecteur de l’éducation et de la formation a accordé un entretien à Dakaractu sur les stratégies de la réussite de la journée avant de décliner les perspectives pour un avenir plus reluisant de l’éducation. À cet effet, El hadj Kabiné Diané analyse au peigne fin tous les indicateurs de performance.


Présentez-vous s’il vous plait.

« Je m’appelle Kabiné DIANÉ, je suis l’Inspecteur de l’Education et de la Formation de Kolda. »

Monsieur l’Inspecteur, le samedi 10 novembre 2018, vous avez organisé pour la 3e année consécutive la fête de l’excellence. Pouvez-vous nous rappeler les objectifs poursuivis?

« L’organisation de cette fête s’explique, entre autres, par la nécessité de récompenser les énormes efforts consentis par les acteurs (élèves, enseignants, directeurs d’école, parents …) après 9 mois de dur labeur. Créer une émulation saine au niveau intra et inter école. Développer le culte de l’excellence, le goût du travail bien fait et du devoir bien accompli »
Quel bilan faites-vous de la célébration de cette 3e édition ?
« C’est un bilan très satisfaisant. En terme de mobilisation, on a vu la participation de l’ensemble des acteurs : autorités administratives, chefs de service régionaux et départementaux, les principaux de collège, les directeurs d’école, les partenaires (UNICEF, World Vision et PAM) les communautés… »
« Le deuxième motif de satisfaction découle du partenariat fécond qui nous lie à Monsieur Chérif Leheibe Aïdara, homme politique et chef religieux à Kolda. Grâce à son soutien, nous avons pu, en plus des moyens disponibles, récompenser 180 élèves de l’élémentaire (olympiades en lecture et en mathématiques) »
« En plus de cela, nous avons primé 10 élèves du préscolaire (olympiades en lecture et en mathématiques), 16 maîtres du CM2 ayant fait 100 % au CFEE, 09 maîtres du CM2 avec des effectifs pléthoriques et dont le taux de réussite est supérieur ou égal à 80%. »
«  Nous avons primé aussi les  premiers au CFEE (garçon et fille), Les premiers au BFEM (garçon et fille), les 04 collèges ayant fait 100% au BFEM, les 06 collèges avec de gros  effectifs et dont le taux de réussite est supérieur ou égal à 80%. Mais sans oublier les partenaires qui ne cessent de soutenir l’école au niveau local.» 
Aujourd’hui, quelle est la situation de l’IEF de Kolda du point de vue des indicateurs de performance, et spécialement les examens scolaires (CFEE et BFEM).
« Notre circonscription scolaire, au fil des ans,  apparaît avec un visage remodelé. Les initiatives se multiplient et améliorent les indicateurs de qualité : TBS, TBPS, taux d’abandon, taux de redoublement… Le taux de réussite au certificat de fin d’études élémentaires (CFEE) a été amélioré de 29 points en trois ans, passant de 28,19% en 2015 à 57,42 en 2018. Pour le BFEM, après la régression notée en 2017, nous avons enregistré un taux de réussite très appréciable en 2018 (69,02 %). Les pourcentages d’apprenants du CI au CE2 pouvant lire et comprendre les textes de leur niveau d’études dépassent les 50 % et les performances en mathématiques oscillent entre 48,45 % et 67, 08 %. »
 

Quelles sont les stratégies que vous avez mises en œuvre pour en arriver là ?

« La première mesure que nous avons prise est le renforcement du dispositif existant en matière de contrôle et d’encadrement. En plus de cela, nous avons pris un certain nombre d’initiatives telles que le renforcement et de la mobilisation de tous les acteurs (les parents, les collectivités territoriales, les partenaires techniques et financiers…) autour de l’école. Nous avons organisé et regroupé les enseignants à la retraite en une association dénommée « Amicale des enseignants à la retraite ». Ils nous apportent leur soutien, mettent à la disposition des jeunes enseignants leurs expériences et apportent leur expertise dans la gestion et le règlement pacifique des conflits entre les enseignants et la communauté. »
« L’institutionnalisation de trois essais départementaux par an pour familiariser les élèves avec le format de l’évaluation certificative. L’organisation d’évaluations standardisées à tous les niveaux. L’organisation de compétition de génie en herbe pour créer une émulation saine et contourner les difficultés liées au déficit de suivi à domicile. Le suivi systématique des maîtres de CM2 et leur regroupement en une cellule pédagogique. L’élaboration de planifications harmonisées à la troisième étape pour anticiper sur le bilan de la troisième étape qui sera une partie intégrante du CFEE à compter de cette année etc.»
À quelles difficultés êtes-vous confrontés présentement ?
« La principale difficulté du moment est le déficit du personnel enseignant. Kolda est une zone de départ. Ils sont nombreux les enseignants qui partent au mouvement national et très peu de maîtres nous viennent des autres régions. Nous procédons, quand la situation l’exige, à des réaménagements ou redéploiements pour faire fonctionner l’ensemble des écoles et établissements. »

Y a-t-il des perspectives pour les mois à venir ? 

« Bien sûr. Nous envisageons de renforcer le dispositif de suivi et d’accompagnement des enseignants surtout pour ce qui concerne la didactique des disciplines fondamentales (lecture et mathématiques). En plus, le dialogue permanent avec les partenaires et la communauté fera l’objet d’une attention toute particulière. Dans les jours à venir, nous allons convoquer des commissions composées de directeurs d’école, d’enseignants et d’inspecteurs pour élaborer les planifications harmonisées à la première et deuxième étape. »
« L’animation au niveau des districts sera également intensifiée. Pendant les grandes vacances nous envisageons l’organisation de sessions de renforcement de capacités à l’intention des enseignants qui éprouvent des difficultés réelles dans la gestion pédagogique des classes. 
La formation des enseignants sur les techniques de gestion des classes spéciales (multigrade et double flux). »

Votre dernier mot ? 

« Mes remerciements à tout le monde (les collectivités territoriales, les parents, les communautés…) Mention spéciale au parrain Chérif leheibe Aïdara qui nous accompagne depuis trois ans dans la gestion du système. Je réitère mon appel à la communauté pour qu’elle s’implique davantage dans la gestion des écoles et des établissements. Les parents sont interpellés au premier chef. Ils ne doivent se satisfaire de la présence de leurs représentants aux instances de concertation et de gestion instituées au niveau des écoles et  établissements. Ils doivent ​participer au management des structures  scolaires, en vue de maintenir l’IEF dans cette dynamique de progrès. »
Vendredi 16 Novembre 2018
Dakaractu



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