Covid-19 : Le tourment des élèves et étudiants confinés dans « une année scolaire encore incertaine »

Le président de la République, à travers le conseil des ministres de ce mercredi, a pris la décision de prolonger la date de la reprise des cours au 2 juin prochain Une décision qui prend en compte probablement cette situation sanitaire dans laquelle le pays est plongée et qui a poussé les élèves et les étudiants à se conformer aux exigences de l’heure en « restant chez eux ».


Ces futurs dirigeants ne sont pas apparemment tous dans une situation stable  leur permettant de faire normalement leurs cours. Certains estiment que la situation ne les affecte aucunement alors que d’autres pensent que les méthodes prises par les acteurs de l’éducation sont loin d’être efficaces pour leur permettre de faire l’apprentissage des cours. Bref, certains ont pu avoir la facilité de faire des cours en ligne, tandis que d’autres ne parviennent pas à s’adapter facilement.
 
Les cours en ligne, une habitude chez certains…

Comme cela se fait dans certaines écoles de formation pour la plupart, les plateformes d’apprentissage sont bien convoitées de nos jours. Cette étudiante en Télécommunications, voulant nous en dire plus sur la situation scolaire qu’elle est en train de vivre, ne se plaint pas trop. « J’ai pris bien l’habitude avant l’arrêt des cours, de travailler en ligne. Donc, je peux dire que la situation ne m’affecte pas trop car la majeure partie de mes cours excepté les mathématiques, je les fais en ligne. Tous les jours je suis un planning, chaque semaine je reçois mon emploi du temps et je parviens, étant connectée, à faire mes cours  normalement ». Ce sont donc des habitudes pour ces étudiants qui ont l’habitude de travailler en visioconférence avec leurs professeurs car, ces derniers sont la plupart du temps en déplacement.

Une autre, inscrite dans une grande école de formation à Dakar, soutient pratiquement la même chose avec déjà la rigueur de l’administration, l’emploi du temps est bien respecté, les mesures sont bien prises avec aussi certains enregistrements pour certains étudiants qui seront absents. Toutefois, il y’a une certaines démotivation car, l’interaction entre l’apprenant et son professeur n’est pas bien établie alors que nous savons tous qu’ici au Sénégal, « les élèves ont généralement l’habitude d’être en face de leur prof pour mieux apprendre ».
 
L’apprentissage à la maison, un vrai calvaire…

Si certains parviennent aisément à faire leurs cours en ligne pendant cette période où tous les apprenants sont confinés, d’autres par contre, n’arrivent pas à trouver ni la concentration pour étudier, ni les moyens numériques pour faire les cours. C’est le cas notamment de cette élève en classe de terminale qui se contentera, après avoir épuisé tous les moyens à sa disposition, d’attendre la reprise des cours. « Depuis que nous avions quitté les écoles, seuls deux professeurs nous ont proposé des cours. Nous n’avons fait aucun cours depuis lors. C’est alarmant ! Alors que nous sommes dans une classe d’examen », déplore la jeune candidate au baccalauréat qui voit ainsi une impossibilité d’apprendre dans certaines conditions notamment dans l’environnement familial. «  C’est très difficile d’apprendre à la maison surtout en restant confinée et avec le bruit, le cercle familial qui n’est pas propice à l’apprentissage parce que nous savons tous les réalités sénégalaises, tout le monde se retrouve dans un lieu et les échanges commencent. Parfois même, la corvée est là pour te prendre des instants que l’on pourrait consacrer à l’apprentissage », ajoutera-t-elle.
Les habitudes qui consistaient à aller dans certaines écoles et faire des révisions, sont rangées aux oubliettes.
 
Les cours à la télé sont insuffisants et présentent des lacunes…

Certains professeurs se sont portés volontaires dans des télévisions pour donner des cours aux élèves et étudiants confinés par le Covid-19. C’est vrai que c’est un acte salutaire qui mérite d’être soutenu mais, est-il réellement profitable aux élèves et étudiants ? Apparemment non, selon certains. Mamy Ba, élève en terminale à Seydou Nourou Tall, voit nettement des insuffisances. « Personnellement je n'aime pas ces cours à la télé car, l’interactivité, la pédagogie ne sont pas au rendez-vous. En plus, c’est des étudiants qui n’ont pas encore la pédagogie ni les aptitudes, pour donner des cours aux élèves. Vraiment, je ne m’y retrouve pas », soutient la candidate au Bac.
La peur de perdre le fil et de ne pas savoir certaines notions, sont les grandes inquiétudes de Mamy Ba qui demande aux autorités en charge de l’éducation, de faire recours à d’autres stratégies plus pratiques.
 
La reprise des cours en période d’hivernage serait catastrophique…

Même si le pays n’est pas engagé pour le moment dans le confinement, le retour en classe qui est logiquement projeté en période d’hivernage laisse pessimistes les élèves et étudiants surtout, ceux qui se trouvent en classe d’examen quant à la suite de l’année scolaire. Abdoulaye Thiam, élève en classe de 3e, estime que la reprise pour eux va être très difficile surtout quand le suivi n’est pas fait en cette période où tout le monde est confiné. « J’avais l’habitude, en temps normal, de faire le survol des différents cours déjà faits. C’étaient des révisions qui sont faites avec des camarades de classe. Mais actuellement, c’est une chose qui nous est privée et les professeurs ne prennent pas le temps de suivre certains élèves en classe d’examen », se désole le candidat au BFEM à l’école Habib Tidiani. Pour la plupart, la situation les obligeant à reprendre les cours en période d’hivernage est très difficile vu les conditions auxquelles ils feront face. 
Fatim Sagar Dièye, étudiante en Master 2, nous livre sa pensée sur cette reprise des cours qui se fera certainement à un rythme en crescendo car, le fil sera déjà perdu. «  Je pense que le déconfinement sera compliqué pour certains car, le plupart se voit déjà en vacances. On a même l’impression qu’ils sont en train de vivre leurs grandes vacances » soutient l’étudiante. 
À ce jour, le Sénégal compte déjà 933 cas déclarés positifs depuis le début de la pandémie du Covid-19. Pour le moment, 9 cas de décès sont déjà déclarés et 589 patients sous traitement. La situation est donc toujours évolutive et paralyse ainsi plusieurs secteurs. Toutefois, l’éducation qui reste un levier important de notre pays et, les élèves et étudiants, ne désespèrent pas quant à l’issue heureuse de l’année en cours.
Jeudi 30 Avril 2020
Dakaractu



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