Coupe du Monde Qatar 2022 : Et le « Cheikh » Messi souleva le trophée devant l'Émir du Soft Power…


Gianni Infantino l’a dit, souligné, il y a quelques jours avant la finale de la 22ème édition de la coupe du monde de football : « c’est la meilleure de tous les temps! », en parlant de l’organisation du mondial au Qatar. 

Mieux encore, le patron de la FIFA a réitéré ses propos ce dimanche, au micro de nos confrères de Bein sports, à l’issue de la finale entre la France et l’Argentine (3-3, tab 2-4.) 

Tout ça pour dire que le Qatar a frappé un gros coup d’un point de vue médiatique, voire géopolitique.


Ce dimanche, devant des milliards de téléspectateurs disséminés dans le monde entier, le clou de ce spectacle planétaire n’a pas été les feux d’artifice qui ont explosé au stade Lusail de Doha, au moment où la coupe dorée était soulevée par Messi. Mais un peu plus tôt, quand, à côté du président de la FIFA, Gianni Infantino, l’émir du Qatar, le Cheikh  Tamim Ben Hamad al-Thani, a subtilement et adroitement proposé à Messi de mettre sur son maillot, le fameux « Abayah ».

Ce vêtement léger, typiquement arabe, en voile noir que l’on met au-dessus de soi, comme un manteau ultra léger. Un symbole de la culture arabe donc Qatarie pour ne pas dire de la culture musulmane. D’ailleurs, l’émir lui-même en portait un à l’occasion de la finale. Et, c’est donc tout naturellement, que Messi, encore sous le coup de l’adrénaline, à quelques pas de brandir le trophée qu’il a longtemps convoité, a mis le Abayah noir, sans arrière-pensée, pour aller soulever la coupe à la face du monde, avec un accoutrement pour le moins insolite. Les photos sont belles, Messi et ses partenaires sont beaux, surtout le capitaine de l’Albicelste qui, peut-être sans le savoir, porte un message subliminal qui dépasse très largement les terrains de football.

La légende, l’icône, l’irréel Lionel Messi soulevant la coupe du monde 2022 en tenue traditionnelle arabe, l’image est forte, un gros coup médiatique assurément! Il faut avouer que les Qataris sont forts en matière de soft power. Ils ont mis tout le monde d’accord à l’issue de cette coupe du monde de football 2022.


En se donnant les moyens de réussir une bonne coupe du monde sur le plan organisationnel, le Qatar a aussi indéniablement redoré son image écornée par diverses supposées violations de droits et libertés humaines. En faisant porter cet « abayah » à Messi, l’émir a assurément placé un coup gagnant dans la longue et subtile bataille politico-médiatique dans laquelle son pays est engagé depuis des décennies…


Ce n’est un secret pour personne, jamais les concepts de soft power et sportswashing (utiliser le sport pour améliorer l’image de son pays et ou de son entreprise) n’ont été autant utilisés que lors de cette coupe du monde 2022 lancée 12 ans plus tôt avec la désignation du Qatar. 


À travers le pouvoir du football, sa force d’attraction, sa capacité à susciter des émotions, à mobiliser les foules, le Qatar s’est fait des amis. Et pas des moindres : des stars de cinéma, du football ou encore de la musique, en passant par des chefs d’État, présidents de fédération et autres puissants hommes d’affaires, Doha a été l’endroit où il fallait absolument être !


Et cet épisode avec la star planétaire, Lionel Messi, a été le dernier coup de maître de l’émir du Soft power, Tamim Ben Hamad al-Thani ! Vive le football, vive le sport business, vive le sportswashing !
Lundi 19 Décembre 2022
Dakaractu



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