COP28/ Financement de l'adaptation pour l'Afrique: " les flux de financements publics internationaux de l’action climatique vers les pays en développement ont chuté de 15%, et plafonnent à 21 milliards en 2021..."( Macky Sall).


À l'occasion de la réunion sur le financement de l'adaptation pour l'Afrique, le président de la République Macky Sall est revenu sur le retard noté par rapport au financement de l’adaptation en Afrique. " Cette rencontre en marge de la COP28 vise à mobiliser en urgence les ressources nécessaires au financement de l’adaptation en Afrique. Continent le plus vulnérable au changement climatique, l’Afrique reste en retard sur le processus d’adaptation, parce que bénéficiant très peu des financements concessionnels et des investissements verts, malgré l’existence de mécanismes dédiés. En conséquence, les pays africains s’endettent pour financer leurs projets verts, ce qui constitue une double peine pour le continent qui pollue le moins. L’Afrique ne demande pas une faveur particulière mais une approche juste et équitable de la lutte contre le réchauffement climatique. Quand nos pays sont appelés à renoncer aux schémas pollueurs que d’autres ont emprunté
pendant plusieurs siècles pour mettre la planète dans son état d’urgence actuel, il est juste qu’en contrepartie, le coût de l’adaptation soit équitablement partagé.
Nos pays ne doivent pas être condamnés à
choisir entre le développement et la protection de l’environnement. Le bon choix, c’est se développer en protégeant l’environnement".

Avant de poursuivre "  C’est tout le sens de notre plaidoyer pour la mobilisation effective du financement
international de l’adaptation aux risques
climatiques dans les pays en développement, soit 40 milliards de dollars d’ici 2025, comme convenu à la COP26 de Glasgow. Force est de constater que nous sommes encore loin du compte.
Les derniers chiffres des Nations Unies montrent en effet que les flux de financements publics internationaux de l’action climatique vers les pays
en développement ont chuté de 15%, et
plafonnent à 21 milliards en 2021.
Il y a donc urgence à mobiliser les ressources annoncées selon des conditions et modalités diligentes et transparentes. En outre, le Sénégal propose d’explorer, avec le FMI, les pays partenaires et le Centre mondial pour
l’adaptation, la possibilité de financer des projets verts par des ressources prévues pour le remboursement de la dette, afin de soutenir la mise en œuvre du Programme d’accélération de l'adaptation en Afrique.
Je n’oublie pas la question vitale de l’adaptation durable des systèmes agricoles. S’il est pleinement mis en valeur, le potentiel de l'Afrique en ressources foncières et hydriques peut nourrir le continent et aider à nourrir le monde".

Le président de la République Macky Sall d'appeler à la prise en compte des préoccupations des jeunes et des femmes. " L’enjeu, c’est surtout comment faire pour valoriser ce potentiel avec les technologies, le savoir-faire, les équipements et les intrants agricoles adaptés. J’appelle particulièrement à tenir compte des besoins spécifiques des jeunes et des femmes porteurs de projets, sans les soumettre à des procédures et conditionnalités complexes et dissuasives.
N’oublions surtout pas que la finalité de notre action ce sont nos populations, dont les jeunes et les femmes constituent les composantes majeures. Je rappelle, pour conclure, que l’adaptation de l'agriculture pour la souveraineté alimentaire de
l’Afrique a été au cœur du Dakar agricole II que le Sénégal a co-organisé avec la BAD en janvier cette année. Selon les indications de la BAD en juillet dernier,
72 milliards de dollars ont été mobilisés pour la mise en œuvre du Dakar II agricole.
Je voudrais, enfin, remercier vivement nos amis Akinwumi Adesina, Président de la BAD, et Patrick Verkooijen, Directeur général du Centre mondial pour l’adaptation, pour les efforts appréciables
qu’ils consacrent à la problématique vitale en Afrique", a-t-il conclu.
Vendredi 1 Décembre 2023
Dakaractu



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