Valise, faux billets et arme : une valise de 977,5 millions FCfa au cœur du procès de Cheikh Ibrahima Niass… cinq ans ferme requis

Détenu depuis janvier 2024, Cheikh Oumar, dit Cheikh Ibrahima Niass, comparaît dans une affaire de faux-monnayage, contrebande, association de malfaiteurs et détention illégale d’arme. Selon L’Observateur, les Douanes auraient découvert à son domicile une valise renfermant près d’un milliard de FCfa en faux billets. Le parquet a requis cinq ans de prison ferme.


Deux ans et sept mois de détention et une affaire aux ramifications particulièrement lourdes. Cheikh Oumar, plus connu sous le nom de Cheikh Ibrahima Niass, est présenté par L’Observateur comme un éleveur et marabout proche d’une famille religieuse de Kaolack.
 
Âgé d’une cinquantaine d’années, marié à quatre épouses et père de 17 enfants, il est détenu depuis le 23 janvier 2024.
 
Les poursuites portent sur plusieurs infractions : association de malfaiteurs, faux-monnayage, contrebande et détention illégale d’une arme.
 
L’enquête aurait débuté par une opération d’infiltration menée par les Douanes. Des agents auraient passé auprès du prévenu une commande portant sur 300 millions de FCfa en faux billets.
 
Au fil des échanges, Cheikh Ibrahima Niass aurait affirmé être en mesure de fournir une quantité beaucoup plus importante, pouvant dépasser deux milliards de FCfa.
 
L’opération a finalement conduit les agents à son domicile. Sur place, une valise contenant 977 597 413 FCfa en faux billets aurait été découverte.
 
Le prévenu soutient toutefois que cette valise ne lui appartenait pas. Il en attribue la propriété à un certain El Hadji Ahmed Ndao, présenté comme étant en fuite.
 
Lors de l’enquête, Cheikh Ibrahima Niass aurait notamment expliqué que ce dernier disposait de prétendus pouvoirs mystiques lui permettant de faire apparaître des sommes considérables en euros ou en dollars. Il lui aurait également promis plus de deux milliards de FCfa en faux billets, notamment en contrepartie de l’achat d’un parfum d’une valeur de trois millions.
 
À la barre, le prévenu a pris ses distances avec plusieurs déclarations figurant dans les procès-verbaux.
 
Le ministère public estime néanmoins que les échanges entre les différents protagonistes sur la fabrication ou la multiplication de faux billets établissent l’existence d’une association organisée.
 
Le parquet met également en avant la présence physique de la valise au domicile du prévenu. Pour l’accusation, peu importe que celui-ci en attribue la propriété à une autre personne : il en détenait matériellement le contenu.
 
Un autre volet concerne une arme trouvée chez lui. Cheikh Ibrahima Niass reconnaît l’avoir détenue sans autorisation administrative. Sa défense soutient qu’il s’agissait d’une arme factice conservée pour protéger son cheptel.
 
Le parquet a finalement requis cinq ans de prison ferme. La défense conteste notamment la qualification d’association de malfaiteurs et réclame l’audition d’autres personnes citées dans l’affaire. Une demande de liberté provisoire a été rejetée en raison notamment des considérations d’ordre public. Le dossier a été mis en délibéré au 8 septembre 2026.
Samedi 5 Septembre 2026
Dakaractu



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