Accord avec le FMI, dette, austérité et 2029 : l’APR hausse le ton et se pose en « alternative »


Le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Alliance pour la République (APR) s’est réuni ce jeudi 3 septembre 2026 pour examiner la situation nationale. Dans une déclaration particulièrement offensive, l’ancien parti au pouvoir s’est prononcé sur l’accord conclu avec le FMI, la situation économique du pays, mais aussi sur son propre avenir politique en perspective de 2029.
 
Sur l’accord trouvé entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI), l’APR dit en prendre acte, tout en décochant ses premières flèches contre la gestion économique du pouvoir actuel. Le parti estime que cet accord intervient après « plus de deux années » de tergiversations et de gestion qu’il qualifie d’erratique des finances publiques. Pour l’APR, cette nouvelle donne démontre également que « la rengaine souverainiste » ne peut remplacer une véritable politique économique.
 
Dette : l’APR conteste toujours les 132 % du PIB
 
L’un des passages les plus politiques de la déclaration concerne la question de la dette. L’APR considère que le débat autour de la « dette cachée » est désormais enterré et y voit la confirmation de sa thèse selon laquelle cette affaire relevait davantage d’une construction politique que d’une réalité économique.
 
Le parti maintient notamment sa contestation du chiffre de 132 % du PIB et réclame une nouvelle fois la publication du rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), du rapport provisoire de la Cour des comptes et du rapport Mazars.
 
Austérité : l’APR met en garde le gouvernement
 
Le SEN demande également au gouvernement de faire preuve de transparence sur le Plan de Traitement de la Dette du Sénégal (PTDS) et surtout de renoncer à toute mesure d’austérité qui pèserait davantage sur les populations.
 
L’APR estime que les Sénégalais ont déjà subi les conséquences de plus de deux années de gestion qu’elle juge « scandaleuse » et pointe l’échec du Plan de Redressement Économique et Social (PRES).
 
Bourses de sécurité familiale : « une main donne, l’autre retire »
 
Le parti de Macky Sall salue toutefois le rétablissement des Bourses de sécurité familiale, une initiative lancée en 2013 sous le régime de Benno Bokk Yaakaar.
 
Mais l’APR dénonce dans le même temps ce qu’elle qualifie de « supercherie », estimant que ces transferts sociaux ne sauraient compenser la suppression des subventions, notamment dans le secteur de l’énergie.
 
Pour le SEN, le gouvernement risque ainsi de « retirer d’une main ce qu’il donne par l’autre ».
 
Grands projets : l’APR réclame une nouvelle dynamique économique
 
Pour l’ancien parti au pouvoir, l’accord avec le FMI doit désormais marquer le début d’une nouvelle phase. Le gouvernement est appelé à accélérer la relance économique à travers le lancement de grands projets dans les secteurs des infrastructures routières, de l’énergie, de l’université et de la santé.
 
L’APR réclame également une politique sociale « ambitieuse et efficace » afin de restaurer la crédibilité du Sénégal et de poursuivre la marche vers l’émergence.
 
2029 : l’APR revendique clairement son ancrage dans l’opposition
 
Sur le terrain politique, le message est sans ambiguïté. Le SEN réaffirme « l’ancrage de l’APR dans l’opposition républicaine » et affiche déjà son ambition pour la présidentielle de 2029.
 
Le parti assure vouloir offrir une alternative aux Sénégalais et dément toute négociation souterraine ou toute manœuvre politique. Vente de cartes, installation de comités et opérations de mobilisation sont présentées comme les principaux leviers de la préparation de la reconquête du pouvoir.
 
Départs : l’APR promet le remplacement des démissionnaires
 
Autre message fort : l’APR entend tourner rapidement la page des départs enregistrés dans ses rangs. Le SEN annonce le remplacement « sans délai » de tous ceux qui ont quitté le parti, tout en appelant à une remobilisation des militants.
 
Dans le même registre, l’APR salue les élus locaux qui, selon elle, ont choisi de rester fidèles au parti malgré les pressions et les tentatives de débauchage qu’elle attribue au pouvoir.
 
Des délégations dans les départements pour préparer la reconquête
 
Pour concrétiser cette nouvelle dynamique, le parti annonce l’envoi de délégations dans les différents départements du pays. Objectif affiché : réaffirmer son positionnement dans l’opposition et commencer à construire une alternative politique « ambitieuse et réaliste ».
 
À trois ans de la prochaine présidentielle, l’APR estime que les mois à venir seront décisifs. Le parti entend donc se donner les moyens de préparer ce qu’il présente comme un nouveau départ pour le Sénégal.
 
Une chose est désormais claire : après avoir perdu le pouvoir en 2024, l’APR veut démontrer qu’elle n’a pas perdu la bataille politique. La déclaration du SEN du 3 septembre sonne ainsi comme un signal de remobilisation, avec un cap clairement affiché : reconquérir le pouvoir en 2029.
Jeudi 3 Septembre 2026
Dakaractu



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