Guinée: ouverture du procès d'un ex-magistrat pour lien avec un opposant


Le procès d'un magistrat réputé en Guinée, récemment révoqué, inculpé pour des soupçons de collusion avec un opposant et placé en détention, s'est ouvert vendredi à huit clos devant la Cour suprême, a constaté un journaliste de l'AFP.

Depuis l'arrivée au pouvoir du général Mamadi Doumbouya par un coup d'État en 2021 puis une élection en 2025, des partis politiques ont été suspendus, les manifestations sont réprimées et de nombreux opposants ont été arrêtés, condamnés, poussés à l'exil ou sont portés disparus.

Le magistrat Algassimou Diallo est poursuivi pour "provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence pour discrimination" et "association de malfaiteurs".

L'audience a été renvoyée à mardi.

Selon la presse locale, ses avocats ont demandé le renvoi de l'audience à la rentrée judiciaire début octobre, ce que la Cour suprême devra décider mardi.

M. Diallo s'était fait remarquer l'an dernier comme chef du parquet lors du procès du massacre du 28 septembre 2009 dans un stade de Conakry.

Plusieurs hauts responsables militaires guinéens avaient été déclarés coupables de cette tuerie d'au moins 156 personnes lors d'un rassemblement d'opposants.

Algassimou Diallo, qui a ensuite occupé d'autres fonctions comme juge, est notamment accusé d'avoir échangé avec l'ancien Premier ministre et opposant Cellou Dalein Diallo, en exil à l'étranger, des messages présentés comme hostiles au pouvoir.

Cellou Dalein Diallo dément de son côté tout échange avec l'accusé et affirme ne l'avoir "jamais connu".

Algassimou Diallo avait été révoqué fin août de ses fonctions de magistrat par le Conseil supérieur de la magistrature, qui lui a reproché des "manquements graves" à ses devoirs. Un décret présidentiel a confirmé cette décision.

Il a ensuite été inculpé et placé en détention le 27 août, puis auditionné mercredi par la Cour suprême.

En Guinée, les cas d'enlèvements et de disparitions forcées de voix dissidentes, ainsi que de leurs proches, se sont multipliés ces dernières années. Les autorités ont toujours nié toute implication.

Vendredi 4 Septembre 2026
Dakaractu



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