Les acteurs culturels revendiquent « leur part » des ressources extractives : « Nous sommes ignorés », Ousmane Faye, Pdt du groupe d’initiative « Wallu Culture »


Le président du groupe d’initiative Wallu Culture, Ousmane Faye, s’est exprimé lors d’une rencontre avec la presse ce jeudi, pour présenter les motivations et les ambitions de cette nouvelle formation dédiée au secteur culturel sénégalais. Il considère que la création de ce mouvement relève avant tout d’un « instinct citoyen », celui d’un citoyen indigné par le manque de considération accordé au peuple sénégalais par les acteurs politiques. Ousmane Faye insiste sur la distinction entre « la politique » et « les politiques », ces dernières étant, selon lui, ce qui structure la cité dans ses fondamentaux, ses valeurs et son bien-être, qui reste par ailleurs, un terme qu’il associe à l’autonomie, au développement et à la dignité des Sénégalais.

 

 

Le président de Wallu Culture situe son initiative dans le secteur culturel, qu’il décrit comme une vaste communauté englobant les organisations professionnelles, les entreprises du secteur, l’animation et l’aménagement culturel du territoire, ainsi que l’économie qu’elle génère. Il déplore que cette économie ne profite pas suffisamment au secteur lui-même, alors qu’elle devrait, selon lui, avoir un impact sur le Sénégal à l’horizon 2050.

 

Interpellé sur le fait que cette initiative constitue la troisième tentative des acteurs culturels de s’organiser en mouvement, après des précédents restés sans suite, Ousmane Faye reconnaît le travail accompli par ses prédécesseurs, qu’il crédite d’avoir posé les fondations sur lesquelles s’appuie aujourd’hui son propre mouvement.

 

Sur la question des ressources extractives et d’un éventuel manque à gagner pour le secteur culturel, il rejette le terme de « lésé » au profit de celui d’« ignoré ». Pour lui, la nation sénégalaise dans son ensemble est ignorée, et l’argent tiré de l’exploitation minière et énergétique, ainsi que du patrimoine culturel, devrait revenir aux territoires et aux communautés. Il inscrit cette revendication dans le cadre de l’acte 3 de la décentralisation et de la création de pôles territoires, plaidant pour qu’une « juste part » de ces ressources leur soit allouée, avec des retombées attendues jusque dans l’éducation et la sécurité.

 

Concernant le développement d’industries culturelles et créatives, Ousmane Faye appelle à s’inspirer de modèles existants à l’étranger, citant l’exemple de la Silicon Valley aux États-Unis et du Parc de la Villette à Paris, où technologie, sciences et culture coexistent. Il plaide pour une approche du secteur culturel fondée sur l’ingénierie, les sciences et l’économie, plutôt que sur une vision purement artistique. 

 
Vendredi 4 Septembre 2026
Cheikh Sadibou Fall



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