Au sujet de l'afflux massif de migrants des 30 et 31 juillet dernier à Ceuta, le Premier ministre espagnol maintient sa ligne. Devant les députés, à Madrid, ce jeudi matin, Pedro Sanchez redit n'avoir aucune « preuve solide » de l'implication des autorités marocaines.
Un discours contesté par l'opposition espagnole de droite et d'extrême droite, et fragilisé également par un rapport de la police espagnole, consulté mercredi par plusieurs médias.
Ce rapport n'impute aucunement aux autorités du Maroc la responsabilité de l'arrivée de dizaines de milliers de personnes en deux jours sur le territoire espagnol. Mais il pointe un faisceau d'indices convergeant vers une attitude des policiers marocains permissive, voire même facilitant le passage des migrants.
L’unité de renseignement espagnol qui a enquêté note ainsi une absence de « tentative sérieuse » des forces de l'ordre marocaines d'éloigner la foule du « périmètre frontalier », ainsi qu’une aide de la part de certains policiers indiquant aux migrants où passer.
Autant d'éléments, selon le rapport, incompatibles avec un mouvement de masse purement spontané. Ce document renforce les interrogations d'une partie de la classe politique espagnole.
Pedro Sanchez, s'il continue de dédouaner Rabat, promet aussi d'agir « avec fermeté » si des preuves solides de l'implication marocaine existent. Et il a condamné les déclarations récentes des deux ministres marocains revendiquant la marocanité de Ceuta et de Melilla.
Deux villes où Pedro Sanchez appelle le roi d’Espagne à se rendre dans les prochaines semaines. La dernière visite d'un souverain espagnol, en 2007, avait entraîné une crise diplomatique avec le Maroc qui considère ces deux territoires comme occupés par l'Espagne, même si le Maroc ne porte pas cette revendication devant l'ONU et se focalise sur le Sahara occidental.
Sur ce dossier, Madrid soutient le plan d'une autonomie sous souveraineté marocaine. Mais en juillet, le Premier ministre espagnol était en Algérie et certains analystes estiment que l'afflux de migrants des 30 et 31 juillet pourrait être un message de Rabat envoyé à Madrid.
Sur le plan humain, si la majorité des migrants arrivés à Ceuta fin-juillet sont repartis, quelque 5 000 selon le gouvernement central (10 000 selon les autorités locales) y sont encore présents.
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