L’Alliance Nationale des Cadres du Progrès (ANCP), structure de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), a réagi ce vendredi à l’accord conclu au niveau des services entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Dans une déclaration signée à Dakar le 5 septembre 2026, le mouvement prend acte de ce programme de financement estimé à environ 2,2 milliards de dollars, soit près de 1 240 milliards de FCFA sur trois ans, tout en appelant les autorités à davantage de transparence et de responsabilité dans sa mise en œuvre.
L’ANCP rappelle que cet accord, encore soumis à l’approbation des instances du FMI, marque une étape importante dans la restauration de la stabilité macroéconomique et financière du pays. Mais elle estime qu’il doit être appréhendé « avec lucidité, responsabilité et transparence », dans un contexte marqué par un niveau élevé d’endettement, de fortes contraintes de financement et une dégradation récente de la signature souveraine du Sénégal.
Le mouvement dit également prendre acte de l’intention affichée par le gouvernement de solliciter un traitement de la dette. Sur ce point, l’ANCP juge que les Sénégalais ont le droit de connaître précisément les modalités envisagées : quelles dettes sont concernées, quels créanciers seront appelés à participer, quelles économies sont attendues, et quelles conséquences pour les finances publiques et les générations futures.
Pour l’ANCP, la réussite du redressement économique ne saurait se mesurer aux seuls indicateurs financiers ; elle doit aussi se traduire par une amélioration concrète des conditions de vie des populations. Le mouvement porte à cet égard une attention particulière à la réforme des subventions énergétiques annoncée par le gouvernement. S’il reconnaît que la rationalisation des subventions peut être nécessaire pour préserver les finances publiques, il insiste sur la nécessité de l’accompagner de mécanismes efficaces de protection des ménages vulnérables, et appelle le gouvernement à expliquer clairement l’impact attendu de ces réformes sur les prix, le coût de l’énergie et le pouvoir d’achat. L’ANCP relève à ce sujet que le FMI lui-même inscrit la protection des ménages vulnérables et le renforcement des transferts sociaux ciblés parmi les priorités du nouveau programme.
Le mouvement plaide par ailleurs pour que le secteur privé devienne un véritable moteur du redressement économique, estimant que le désendettement et l’assainissement budgétaire ne doivent pas étouffer l’investissement, l’emploi et l’activité économique.
Tout en saluant la volonté affichée de renforcer la transparence budgétaire, la gouvernance et la gestion de la dette, l’ANCP appelle à ce que ces engagements se traduisent par des actes concrets, des informations accessibles au public et un suivi régulier assuré par la représentation nationale et les citoyens. Le mouvement affirme qu’il restera attentif à la mise en œuvre de l’accord avec le FMI et au traitement annoncé de la dette, en veillant à ce que le redressement des finances publiques ne se fasse pas au détriment du pouvoir d’achat, de l’emploi et des générations futures.
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