Programme ILEAD de IRESSEF : des systèmes d’information déjà applicables présentés par les lauréats…


Lancé il y a moins de 10 mois par l’Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation (Iressef), le projet ILEAD ((Innovation in Laboratory Engineered Accelerated Diagnostics) a donné ses premiers résultats. 
Cette initiative qui s’inscrit dans le cadre de la promotion de l’innovation dans la chaine de valeur du laboratoire et qui mettait en compétition des jeunes chercheurs africains a mis en exergue au moins cinq talents issus des universités sénégalaises.
Étudiante en Master II de Modélisation et traitement de l’information à l’École supérieure polytechnique de Dakar a su sortir de l’ordinaire grâce à son projet portant sur un système d’information consacré au district sanitaire. Pensé pour remplacer toute l’analogie qui retarde le travail des laborantins par un système entièrement numérisé. « Le logiciel va être connecté au système informatique et aussi aux appareils du laboratoire pour faciliter le travail du technicien et avoir une historique des données », explique l’étudiante qui fait partie des lauréats.
De son côté, Al Hassimou Diallo a présenté un système d’information de laboratoire. L’ingénieur informaticien doctorant à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis s’enthousiasme quand il revient sur l’utilité de cette innovation. « C’est un logiciel qui consiste à assurer la gestion de l’automatisation des tâches de laboratoire, notamment la gestion des demandes d’analyse des patients, de la facturation, la lecture automatique des résultats, mais aussi la gestion de la validation à distance et la validation semi-assistée pour les biologistes », assure le jeune chercheur qui a aussi pensé à mettre à la disposition des patients une application mobile. « Nous avons aussi développé un logiciel d’application mobile pour permettre aux patients de pouvoir accéder à distance à leurs dossiers et à leurs résultats d’analyse biologiques. Ils pourront à partir de leur application faire des demandes de rendez-vous », informe l’Ingénieur qui a insisté sur un autre aspect, non des moindres et qui consiste à faciliter l’interconnexion des laboratoires à travers le système qu’il a élaboré de bout en bout.
Catastrophé par le temps que les patients peuvent faire dans les hôpitaux pour obtenir un rendez-vous, Fatou Lo Niang a développé un dispositif d’informations pour la cardiologie « qui inclut la gestion des rendez-vous, des consultations, mais aussi un système intelligent qui va permettre aux médecins d’avoir un support d’aide à la décision basé sur l’Intelligence artificielle », explicite l'ingénieur en système d’information, sortant de l’Université Alioune Diop de Bambey.
Ces trois lauréats font partie des cinq retenus par le programme piloté par le Dr Djibril Wade, chercheur à l’IRESSEF. Selon lui, les projets présentés devaient être innovants, pertinents, faisables, portés par une équipe et appuyés aussi par les institutions universitaires dont sont issus les candidats. Des critères remplis par les finalistes qui n’attendent ni plus ni moins l’application de leurs découvertes. Ce qui ne devrait pas être un vœu pieux si on se fie aux propos du Directeur Général de la Recherche et de l’Innovation.
Le Pr Amadou Gallo Diop, puisque c’est de lui qu’il s'agit, voit « concrètement l’application directe » de ce qui a été présenté par les jeunes chercheurs. « On n’est pas dans une recherche sans lendemain. Là, c’est du concret », ajoute-t-il.
Cependant, il y a un préalable à ne surtout pas rater. C’est la sécurisation de ces découvertes. « Il s’agira pour le ministère et l’Iressef de les accompagner et faire en sorte qu’à l’issue de ce processus, ces innovations puissent être protégées et appliquées pour le bien du système sanitaire du Sénégal », plaide le Pr Omar Sock, de l'Académie nationale des Sciences et techniques du Sénégal. Pour le directeur de la Recherche et de l’Innovation, c’est une étape importante qu’il ne faudrait pas minimiser, au risque de briser tout le reste de la chaîne. Il a donné des gages sûrs quant à l’accompagnement qui sied pour breveter les travaux présentés par ces jeunes esprits créatifs et qui devraient à terme être bénéfique au système sanitaire sénégalais. 
Vendredi 18 Juin 2021
Dakaractu



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