Marche des populations de Ndingler : « Nous disons au président Macky Sall que la solution du problème est entre ses mains. » (Seydi Gassama).


Ndingler, du nom du village situé dans le département de Mbour, avait attiré l’attention il y’a quelques mois du fait de l’attribution de centaines d'hectares terres de la localité à l’homme d’affaires Babacar Ngom. L’affaire avait suscité un rapport de force entre populations du village et le patron et président de Sedima Group. Des mois après, la bataille se poursuit puisque les populations de Ndingler ne comptent pas lâcher du lest.

Vendredi, ces dernières en collaboration avec Amnesty International ont organisé une marche pacifique pour sensibiliser les autorités étatiques et l’opinion sur les conséquences dramatiques de l’attribution des terres agricoles de Ndingler. L’occasion a été saisie par les organisateurs pour alerter et menacer de saisir les juridictions internationales si jamais les habitants sont contraints de ne pas récupérer leurs terres.
 
Les manifestants ont entamé leur marche au rond-point de la FASTEF, l’ancienne Ecole normale supérieure,  pour longer l’avenue Bourguiba jusqu'au rond-point du Jet d’eau. Sur les tee-shirts blancs enfilés par les participants de toutes les catégories d’âge, on pouvait lire : « Ndingler, sunu suuf, sunu yaakar » (Ndingler notre terre, notre espoir), « sunu suuf, sunu dund » (notre terre, notre vie) ou encore « baykat yi sonnu nañu… » (les paysans en ont marre…) entre autres slogans qui, globalement, exigent la restitution des terres de Ndingler.
À en croire le porte-parole du jour, Mamadou Ndione, le 4 mai 2021, le préfet de Mbour avait pris un arrêté interdisant toute activité agricole sur la superficie des 80 ha que les paysans de Ndingler exploitaient depuis plusieurs décennies avant l’arrivée de la Sedima. 
« Ledit arrêté était pris de façon provisoire suite à l’attaque des travailleurs de la Sedima contre trois (3) paysans de Ndingler venus exercer leurs travaux pré-hivernage. », a confié le responsable qui dénonce, à cet effet, une injustice que subissent les paysans du village.
« Cette interdiction n’affecte en rien la Sedima et ses activités qui continue d’exploiter son domaine au détriment de nos paysans qui assistent avec tristesse à ce spectacle désolant d’une perte de l’essentiel des terres qui leur restent aujourd’hui », a-t-il précisé pour s’en désoler. Mamadou Ndione a profité de la manifestation pour interpeller le Chef de l’État.
« Nous marchons pour récupérer nos terres et nous demandons l’arbitrage du président, la seule personne qui, aujourd’hui, est capable de trouver une issue heureuse à cette situation malheureuse qui n'a que trop duré », a-t-il soutenu.
 
Pour sa part, le directeur exécutif d’Amnesty International section sénégalaise, Seydi Gassama, croit que le chef de l’État seul a la clef de la solution. « Nous lui disons que la clef de la solution du problème de Ndingler est entre ses mains. Que Macky Sall restitue aux gens de Ndingler les 85 ha qu’on leur a confisqués de façon tout à fait illégale », a-t-il déclaré en renseignant de porter le combat au niveau international si la doléance des populations n’est pas prise en compte.
« Si cela n’est pas fait nous allons saisir des juridictions internationales (…) nous sommes déterminés et tant que Ndingler est debout, nous seront à ses côtés », a confié Seydi Gassama.
 
La ligue Sénégalaise des Droits Humains (Lsdh), le Collectif pour la Libération des Détenus Politiques (Colidep) entre autres organisations ainsi que des personnalités politiques, ont pris part à la marche des populations de Ndingler.
Samedi 24 Décembre 2022
Dakaractu



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