Litige foncier : un administrateur de société immobilière impliqué dans une affaire portant sur 5 titres fonciers d'une valeur de plus de 2,2 milliards Fcfa.


Litige foncier : un administrateur de société immobilière impliqué dans une affaire portant sur 5 titres fonciers d'une valeur de plus de 2,2 milliards Fcfa.
Dans le fond, l'affaire évoque un partage d'héritage, dans la forme, elle est d'une complexité démesurée. En effet, 5 titres fonciers sur la Vdn expropriés à 2 milliards 260 millions Fcfa fixés par les opérations domaniales, ont amené le mis en cause Ibrahima Thiandoum, administrateur de société immobilière devant la barre du tribunal correctionnel. 

Ce dernier poursuivi pour faux, usage de faux, escroquerie, tentative d'escroquerie jouait, en effet, les bons offices pour le partage équitable d'un héritage familial, mais semble ne plus bénéficier de la confiance d'une des parties au legs qui s'est constituée partie civile dans ce litige. Il s'agit de Abdoulaye Diouf mandaté par feue Seynabou Samb, une des 2 héritiers. Pour le plaignant, l'accusé Ibrahima Thiandoum a, sur la base d'un faux, établi un protocole d'accord approuvant la volonté de 2 familles à partager le legs.

Devant le juge, I. Thiandoum explique avoir eu l'autorisation de la famille par le biais de la soeur d'Abdoulaye Diouf à savoir Mame Léna Ndiaye. Pour étayer ses propos Thiandoum brandit une procuration notariée à la notification de l'État. Le document attestant que le partage de l'héritage s'est fait à part égale 50/50 entre les 2 familles date du 14 décembre 2015.

Entendue à titre de témoin, Mame Léna Ndiaye qui confirme avoir délivré la procuration à ce dernier, a confié face au juge avoir retiré le document depuis longtemps. La procédure perdurait et elle ne pouvait plus patienter s'est-elle défendue. Pour preuve, l'avocat de la partie civile a brandi le document approuvant la révocation de la procuration devant notaire matérialisée à la date du 19 mai 2014. 

Interpellé sur le document, Thiandoum a confié ne pas avoir connaissance d'une quelconque révocation et atteste d'ailleurs avoir versé 100 millions Fcfa aux héritiers de feue Seynabou Samb encaissés par le mandataire, Abdoulaye Diouf qui l'a pour sa part approuvé devant le juge.

Dans leurs plaidoiries, les conseils de la partie civile ont attiré l'attention sur la succession des faits en insistant sur les dates d'homologation du faux procès verbal de conciliation (31 juin 2014), de la révocation de la procuration (31 juin 2014). Les avocats considèrent en effet que le sieur Thiandoum fait dans le faux et l'usage de faux, l'escroquerie et la tentative d'escroquerie et ont invité la cour à le condamner conformément aux peines en vigueur. La partie civile réclame ainsi à l'accusé 100 millions Fcfa à titre de dommages et intérêts.

La Défense quant à elle, rejette la totalité des charges qui pèsent sur son client, Thiandoum. "Il n'y a jamais eu de révocation de procuration. Personne n'a fait une démonstration légale d'une procuration", a confié un des conseils de l'administrateur de société immobilière, I. Thiandoum. L'avocat est formel, le Pv de conciliation n'est pas un faux parce que présenté devant un juge respectable. "Ce procès lui est fait parce qu'il a fait des résultats", a-t-il soutenu. Les conseils de la défense ont invité le juge à tenir compte des actes que le mis en cause a posés, les résultats fournis et demandent la relaxe pure et simple d'Ibrahima Thiandoum. L'affaire est mise en délibéré au 26 mars.
Mercredi 17 Mars 2021
Dakaractu




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