Financé par l’Union européenne : La face cachée du programme de modernisation de l'état civil au Sénégal.


Alors que le débat sur les accords de pêche avec le Sénégal fait encore rage, nous apprenons que l’Union européenne a financé un système d’information visant à combattre efficacement la migration irrégulière. Ce fonds, doté de 28 millions d’euros soit 17 milliards FCFA est destiné, selon la belle présentation qui en est faite par la partie sénégalaise, à moderniser l’état civil.

Dans un entretien avec le quotidien Le Soleil, Aliou Ousmane Sall fait savoir que « L’objectif du programme est de promouvoir le renforcement du système d’information de l’état civil et la consolidation d’un fichier national d’identité biométrique afin que chaque sénégalais soit en mesure de se prévaloir des droits inhérents à son identité sécurisée. »

Il poursuit : « Il contribuera, à cet effet, à la modernisation de l’état civil par la mise en place d’un appui au pilotage stratégique, par une amélioration de l’offre (accessibilité des centres, formation des acteurs, archivage, etc.) et de la demande (campagnes de sensibilisation, éducation civique, etc.). Par ailleurs, le programme devra renforcer les procédures d’enregistrement à l’état civil et accompagner la consolidation d’un fichier national d’identité biométrique relié au système d’information de l’état civil informatisé à même de sécuriser l’identité de la personne et d’être exploitable par d’autres administrations utilisatrices, notamment dans la délivrance de cartes d’identité et passeports sécurisés, dans le droit fil des initiatives régionales ».

Ancré au ministère des Collectivités territoriales du Developpement et de l’Aménagement des Territoire, ledit programme sera mené avec l’accompagnement des agences d’exécution que sont Civipol et Enabel.

un document d’action du Fonds fiduciaire de l’Union européenne a permis de lever le voile sur le « Programme d'appui au renforcement du système d’information de l’état civil et à la création d’un fichier national d’identité biométrique ». « Le Fonds Fiduciaire de l'UE finance des projets pertinents pour remédier aux causes de la migration, et pour encourager les efforts du Sénégal dans la coopération sur des questions migratoires », fait remarquer le document sur les objectifs du Fonds fiduciaire de l’Union européenne.

La même source rappelle les priorités d’intervention du Plan d’action de La Valette, à savoir la migration légale et la mobilité. Mais le document consulté à Dakaractu rappelle que l’objectif du cadre opérationnel du Fonds fiduciaire est de « prévenir la migration irrégulière et les déplacements forcés et faciliter la gestion de la migration ainsi que les retours ». De même, le sous-objectif du cadre opérationnel consiste à renforcer la coopération pour faciliter le retour et la réintégration des migrants en situation irrégulière.

Selon ce document, la durée de la mise en œuvre de ce projet est de 48 mois. Le directeur de l’état civil parle de 42 mois dans les colonnes du Soleil et annonce le lancement en novembre 2020. 

En même temps, il révèle qu’une grande enquête a été effectuée au mois de mars 2019 par la Direction de l’état civil auprès de tous les centres de l’état civil et au niveau de quelques postes consulaires en relation avec la Direction des Affaires juridiques et consulaires (Maroc, Côte d’Ivoire, France et Italie). « Au mois de mars 2019, la Direction de l’état civil a conduit une grande enquête auprès de tous les centres de l’état l'état civil et au niveau de quelques postes consulaires en relation avec la Direction des Affaires juridiques et consulaires (Maroc, Côte d’Ivoire, France et Italie) », renseigne-t-il. Le même programme est mené en Côte d’Ivoire pour les mêmes objectifs...
Vendredi 13 Novembre 2020
Dakaractu




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