Election Miss Sénégal: En finir avec l’amateurisme du Comité d’organisation !


Election Miss Sénégal: En finir avec l’amateurisme du Comité d’organisation !
Le moins que l’on puisse dire aujourd’hui, est que le concours Miss Sénégal ne charme plus. Les Miss encore moins, d’ailleurs. En effet, à chaque élection, son lot de contestations. Si ce n’est pas le public qui  trouve à redire à propos de  l’heureuse élue, c’est la Miss  elle-même  qui  flingue le comité d’organisation généralement accusé de ne pas tenir ses promesses. Et en fin de compte, la couronne devient trop lourde sur la tête de l’heureuse, pardon malheureuse, élue.Or, assurément, la plus belle fille du Sénégal ne mérite pas cela. En France, l’élection de la plus belle fille est  une affaire nationale et la Miss, presque  une institution. Au Sénégal, la belle demoiselle est laissée à elle-même  et à la merci d’adultes aux crocs acérés   qui n’attendent que le moment propice pour sauter sur leur proie, pour ne pas dire la détourner de sa mission qui est de vendre l’image du pays et non pas se vendre.  La dernière élection en date n’échappe pas à la règle puisqu’elle continue de charrier son  lot de contestations avec des miss déçues  qui incriminent les organisateurs accusés de favoritisme et d’amateurisme.
Les déclarations  de la Miss Sénégal 2013, Marie Thérèse Ndiaye,  dans les colonnes du quotidien «  L’Observateur », il y a quelques mois ,  nous interpellent  tous, le comité d’organisation du concours Miss Sénégal, en premier. « Je regrette d’avoir participé à l’élection Miss Sénégal. Si c’était à refaire, je ne l’aurais jamais fait », avait-elle déclaré. Elle motivait sa sortie par le peu d’intérêt que les organisateurs  et l’Etat portaient à sa couronne.  Or,  face aux sorties récurrentes  des miss à chaque édition, la logique serait de s’imposer une pause et réfléchir à une formule  plus professionnelle pour organiser ce concours où les candidates sont pour la plupart  fraichement  sorties de l’adolescence.
 Quand on n’a pas les moyens de sa mission, on doit arrêter au lieu de tâtonner.  Cathy Chimère Diaw, l’ancienne Miss  Sénégal, avait porté les mêmes récriminations que Marie Thérèse à l’endroit du comité d’organisation et des autorités plus promptes à s’intéresser aux dessous des Miss qu’à les aider à mieux représenter notre pays à l’étranger. Dans d’autres pays, les déclarations de Marie Thérèse Ndiaye auraient soulevé  un terrible boucan et les autorités ne resteraient pas silencieuses face à un tel réquisitoire. Elles prendraient la seule décision qui vaille : suspendre le comité d’organisation afin que notre pays ne soit plus la risée du monde.  Pour la petite histoire, Marie Thérèse Ndiaye avait  représenté le Sénégal à un concours international sans l’aval des autorités et sans le soutien des ministères de la Culture et du Tourisme qui devraient être ses premiers sponsors. Pis,  les gens qui auraient dû l’accompagner sont restés sur place à s’occuper certainement de leur business. Or,  Marie Thérèse   serait revenu   de ce concours  avec la couronne de plus  belle fille de l’espace CEDEAO, que les autorités lui auraient déroulé le tapis rouge ou  se jetteraient à ses pieds. Elle  serait même reçue par le chef de l’Etat qui la présenterait comme un trophée. Il faut que toute cette comédie cesse de même  que le business qui tourne autour de l’organisation de ce concours qui enrichit beaucoup plus ses organisateurs que les candidates ! Une telle manifestation n’est apparemment  pas à mettre entre  des mains inexpertes. Des organisateurs qui expliquent toujours les impairs par l’absence de soutiens des sponsors ou des autorités. Des explications un peu cousues de fil blanc, l’organisation d’une élection de Miss de même que l’encadrement de l’heureuse élue devant être budgétisée jusqu’à la prochaine édition. Ce qui ne semble pas être le cas au Sénégal. Car, à l’évidence, on a comme l’impression que les organisateurs s’engraissent en faisant défiler ces jeunes filles. Et pour la Miss,  sitôt la couronne posée sur sa tête, elle est laissée à elle-même. C’est ce qui explique ces sorties de nos Miss : Cathie Chimère Diaw, le cœur gros, courait derrière la voiture promise et était obligée d’appauvrir ses parents pour faire ses courses en taxi car ne pouvant plus emprunter les transports en commun. Tout comme Marie Thérèse  Ndiaye qui a crié son ras-le-bol face à des organisateurs plus prompts à s’occuper de leur business qu’à prendre en charge la…malheureuse élue. L’organisation d’une élection de miss, surtout celle devant représenter notre pays dans les concours de beauté internationaux, ne devrait assurément pas souffrir d’une telle chaine de manquements !
ALASSANE  SECK GUEYE
Article paru dans « Le Témoin » N° 1159 –Hebdomadaire Sénégalais (AVRIL 2014)
 
 
Samedi 5 Avril 2014




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