Dr Aliou Diop, expert-comptable : « La Covid-19 a montré que si on ne s’adapte pas, on est mort »


Pour beaucoup de chefs d’entreprise, accéder au crédit est un parcours du combattant. Le président de la Chambre de commerce reconnaît ce fait. « Pour ce qui concerne le financement, tel que structuré au Sénégal, avec les banques classiques, il y a toujours des problèmes pour que les PME/PMI puissent y accéder », admet Abdoulaye Sow qui présidait ce mardi 23 novembre un atelier de formation destiné aux entrepreneurs de l’Informel.

Formateur à cette session, le Dr Aliou Diop, expert-comptable à l’Observatoire de la qualité des services financiers de la Chambre de commerce fait un diagnostic de ces problèmes qui dans beaucoup de cas sont liés à la garantie. « C’est le premier obstacle. Ça peut être une garantie ou plusieurs garanties », dissèque l’expert selon qui, « le problème pour un entrepreneur qui démarre, c’est comment trouver un apport personnel, comment hypothéquer ».

Cette difficulté à accéder au crédit n’est pas imputable aux banques qui, de l’avis de notre formateur, « jouent leur partition ». « Il faut savoir qu’elles sont confrontées à des procédures. Il y a une réglementation qui est là », ajoute le Dr Diop.

À l’en croire, le réel défi est de « mieux outiller les chefs d’entreprise pour que la négociation puisse se faire très facilement ». D’où le besoin de formalisation à tous les niveaux. « Il y a la formalisation administrative, juridique et financière. Le premier élément qui permet de pouvoir rassurer le banquier, c’est de se formaliser », au risque de mettre la clé sous le paillasson.

Un état de fait qui peut s’expliquer par deux facteurs. « Il y a deux niveaux : l’environnement interne et externe », explique M. Aliou Diop. Le premier élément a un rapport avec la manière dont l’entreprise est pilotée. « Est-ce qu’elle a une bonne gestion financière, est-ce qu’elle avait une visibilité, un business plan », détaille-t-il.

Pour en venir à l’environnement externe, il fait allusion à l’accès au marché et à la concurrence. « C’est pour cette raison qu’il faut, avant même la mise en place de l’entreprise, faire une analyse rigoureuse au plan interne et externe », prévient l’expert-comptable

De toute façon, l’entrepreneuriat n’est pas toujours chose aisée. « Pour entreprendre, il faut être audacieux », acquiesce M. Diop qui ajoute : « il faut également gérer des situations difficiles, c’est-à-dire pouvoir s’adapter à n’importe quelle situation. La Covid-19 a montré que si l’on ne s’adapte pas, on est mort... »
Mardi 23 Novembre 2021
Dakaractu



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