Adresse à la nation : « Un discours déconnecté de la réalité sénégalaise », selon le commissaire Keïta


Dans une intervention suite à la sortie du Chef de l’Etat qui s’est adressé à la nation hier en marge de la fin d’année, l’ancien commissaire Cheikhouna Keïta a dénoncé « un exercice protocolaire qui occulte les véritables défis auxquels le Sénégal est confronté. » Tout en reconnaissant l’importance symbolique du discours présidentiel comme tradition, le commissaire Keita estime que le contenu est complètement en déphasage de la réalité dans laquelle nous vivons aujourd’hui. 

 

Pour le responsable politique de l'Alliance pour la République, le discours présidentiel se limite à « consacrer une tradition » sans aborder les crises multiples qui secouent le pays. « C’est un bilan qui survole la situation réelle du Sénégal actuellement », a-t-il confié au bout du téléphone. Il pointe du doigt des projections économiques qu’il juge « déconnectées des réalités par rapport à ce que le Sénégal peut se permettre de faire. »

 

L’un des reproches majeurs adressés au président concerne l’omission de la crise politique actuelle au sommet de l’Etat. Selon Cheikhouna Keita, « le Sénégal traverse une crise politique forte et fondamentale qui grève vraiment la marche et le bon fonctionnement de l’État avec des conséquences économiques directes. » Face à cette situation, le commissaire estime que le chef de l’État aurait dû saisir cette tribune pour crever l’abcès, d’autant plus qu’il a lui-même évoqué en fin de discours « sa volonté de réunir les Sénégalais, sa volonté de réconciliation par rapport à tout ce qui se passe au Sénégal aujourd’hui ». 

 

Pour l’ancien directeur de l'Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), plutôt que de présenter un bilan et des projections par rapport à la situation économique et politique du Sénégal, le président aurait dû opter pour un discours de vérité permettant d’identifier et de résoudre « toutes les sources de conflit qui sont aujourd’hui une gangrène et qui empêchent de fonctionner ». 

 

Le commissaire n’a pas manqué de souligner les contradictions entre les engagements initiaux du régime et sa gestion actuelle : « un régime qui a fondé sa démarche sur des ruptures nous vient aujourd’hui avec une projection de bilan et d’orientation qui n’est pas fondée sur des projets, qui n’est pas fondée sur des réalités. »

Jeudi 1 Janvier 2026
Dakaractu




Dans la même rubrique :