Le député Papa Djibril Fall, par ailleurs président du mouvement « Les Serviteurs » s’est prononcé sur la réception de l’Union des Magistrats Sénégalais (UMS) par le premier ministre Ousmane Sonko. Une simple audience, en apparence anodine, entre l’UMS et le Premier ministre. Sauf que pour Papa Djibril Fall, ce tête-à-tête relève de la capitulation pure et simple. Pourquoi ? Parce qu’il intervient quelques jours à peine après des déclarations fracassantes du chef du gouvernement au Maroc, où ce dernier n’avait pas mâché ses mots contre les magistrats. « Le syndicat n'a rien de mieux à faire que de se livrer à l’un de ses pourfendeurs les plus virulents », lâche le député, visiblement choqué. Pour lui, accepter de dialoguer dans ces conditions traduit « l’absence d’une posture qui impose le respect ».
Papa Djibril Fall ne se contente pas de critiquer l’UMS. Selon lui, derrière cette séquence se dessine un plan d’ensemble : « la volonté du PM de mettre au pas la justice est manifeste. » Face à cette menace, le député en appelle à la plus haute autorité de l’État. « Le chef de l’État est la clé de voûte des institutions. Il a l’obligation de siffler la fin de cette récréation », martèle-t-il. Aussi, le silence des élites du pays face à ce qu’il perçoit comme une offensive contre l’un des piliers de la démocratie est pesant.
« Où sont les juristes ? Où sont les universitaires ? Où sont les intellectuels ? », interroge-t-il, en rafale. Pour le président des « Serviteurs », cette discrétion face aux enjeux démocratiques n’a qu’un nom : la lâcheté.
« Cette indignation à géométrie variable est un acte de lâcheté ! », assène-t-il.
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