Alors que le journaliste d’investigation sénégalais Pape Alé Niang est retenu dans les liens de la détention depuis le mois de novembre pour des poursuites ayant trait à des publications de documents militaires estampillés « secret défense », voilà que des journalistes français font l’objet d’une convocation à la Direction générale de la sécurité intérieure française (DGSI). L’information émane de Disclose, un site web d’investigation français et dont le cofondateur, le journaliste Geoffrey Livolsi est visé par une convocation. Les deux (2) autres journalistes concernés sont ses confrères de Radio France, Benoît Collombat et Jacques Monin. Tous les trois (3) doivent être entendus, mercredi 14 décembre, dans le cadre d’une audition libre par les policiers de la section des atteintes au secret de la défense nationale.
Leurs convocations respectives ont trait à des informations publiées, en mars 2018, et renseignant sur des faits de favoritisme dans des marchés publics au sein du ministère des armées.
L’enquête publiée sur France Inter, dévoile l’implication de plusieurs hauts gradés de l’armée française qui, document à l’appui, avaient favorisé des sociétés privées dans l’attribution de contrats de transport militaire. L’opération Barkhane dans le Sahel est citée comme faisant partie du lot.
Le trio journalistes est directement visé pour avoir révélé l’identité d’un membre d’une unité des forces spéciales exerçant dans les services de logistique au sein des bureaux de l'État-major de l’armée française.
Pour Disclose, c’est la troisième enquête des services de renseignement qui cible un de ses journalistes. Depuis sa création en 2018, Disclose a fait l’objet de plusieurs procédures exceptionnelles au nom du secret de la défense nationale car elles permettent de contourner le droit de la presse, et donnent à la DGSI des moyens d’enquête élargis, qui entravent au quotidien le travail de Disclose. Le site web d’investigation considère que ces convocations constituent une énième atteinte à la liberté de la presse et un inquiétant précédent pour les journalistes enquêtant sur l’armée. Le
média français est d’avis que cette procédure judiciaire porte un nouveau coup de canif à la loi de 1881 sur la liberté de la presse, et renforce le climat d’intimidation des médias par les autorités françaises. Il a précisé que les informations mises à la disposition de l’opinion étaient et restent d’intérêt public. Elles font même l’objet d’une enquête du Parquet national financier pour favoritisme et trafic d’influence depuis 2017.
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