Exercice illégal de la médecine : l'ivoirienne Alexia Kanté qui pratiquait le « grossissement des fesses en une semaine » condamnée à 6 mois dont 1 ferme

Poursuivie pour exercice illégal de la médecine, mise en danger de la vie d'autrui, Mona Alexia Flory Vodi a fait face, ce lundi 06 septembre 2021, au juge du Tribunal des flagrants délits de Dakar. L’ex du chanteur Dj Arafat a été condamnée à 6 mois d'emprisonnement dont 1 mois ferme.


Exercice illégal de la médecine : l'ivoirienne Alexia Kanté qui pratiquait le « grossissement des fesses en une semaine » condamnée à 6 mois dont 1 ferme

L'affaire de la jeune dame ivoirienne Alexia Kanté qui administrait des injections aux femmes pour grossir leurs fesses en une semaine a été appelée à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar. Elle est poursuivie pour répondre des faits d'exercice illégal de la médecine, mise en danger de la vie d'autrui et exercice illégal d'une profession réglementée. En effet, il ressort clairement des débats d'audience que c'est suite à une dénonciation anonyme que la Sûreté urbaine a arrêté la prévenue. 

 

Une perquisition sur son lieu d'intervention dans un hôtel de la place a permis aux enquêteurs de saisir des objets qui permettent de faire de l'acte chirurgical. À travers cette saisine, les enquêteurs ont compris que la prévenue a effectué des opérations en utilisant une anesthésie extrêmement dangereuse. 

 

Interrogée sur les faits, la mise en cause a reconnu les faits qui lui sont reprochés. « J’ai eu mon diplôme en beauté esthétique dans un institut à Paris et j'ai un certificat en Beauté esthétique. La formation a duré 2 mois. J’ai une entreprise en Côte-d’Ivoire. La première fois au Sénégal, c’était la raie du nez. C’est une injection que j'effectue sur le nez pour qu'il prenne de la forme. Je le fais pour les femmes qui veulent être belles ou celles qui sont vieilles et qui veulent redevenir jeunes », s'est-elle dédouanée.

 

La mise en cause reconnaît avoir trois patientes au Sénégal avec des injections fessières et sur le nez. Elle soutient que la plaignante ne l'a pas contacté. « À Abidjan, j’ai mon institut et je n’ai aucun problème. C'est la raison pour laquelle je me suis dit que c’est pareil avec le Sénégal ».

D’ailleurs, a-t-elle précisé, la personne avec qui elle a fait la formation n’est pas médecin.

Le juge Cheikh Mbacké Guissé a attiré son attention sur l'acte médical posé qui comporte un risque. C’est pourquoi, il est réservé au médecin. La prévenue répond. « Je sais réparer une injection mal faite. Je l’ai fait au Burkina, Togo, Bénin ».

 

La parquetière lui a clairement signifié qu'un témoin a dit qu’elle est satisfaite de l'injection, par contre une autre a soutenu que depuis l’injection elle souffre. « Je n'ai jamais su qu'il y avait des patients qui n'avaient pas supporté les injections. je n’ai jamais été contactée pour cela », déclare-t-elle. 

 

Lors de son réquisitoire, le représentant du ministère public a souligné que l'acte posé par la prévenue est de la chirurgie esthétique. « Elle procède dans un hôtel sans aucune précaution ni autorisation de l'ordre des médecins », a relevé la parquetière. Sur ce, le procureur sollicite qu'elle soit déclarée coupable et requiert une peine d'emprisonnement de 2 ans dont 6 mois ferme.

 

Me Souleymane Soumaré avocat de la défense de l'Ivoirienne a signifié que l'ordre des médecins s’est présenté de façon spontanée en disant qu'ils sont partie civile. L'avocat a souligné qu'il n’y pas de plaignant dans cette affaire. À ce titre, l'avocat a plaidé une application bienveillante de la loi.  Quant à Me Aboul Daff, la mise en cause a exercé partout dans le monde, c'est la raison pour laquelle elle est venue au Sénégal. Selon la robe noire, le produit utilisé par la dame est un produit naturel. Et la dame n'est pas aussi cruelle pour introduire des produits nocifs dans la peau des patientes. Ainsi, Me Daff demande la clémence du Tribunal à son encontre. « Son mari est à la clinique. Il a fait un début d'AVC en piquant une crise. Elle a tout laissé tomber pour la beauté », sensibilise Me Daff.

 

Finalement, le juge en rendant son verdict a relaxé la dame Mona Alexia Flory Vodi pour le délit d'exercice illégal de médecine avant de la déclarer coupable pour exercice illégal de profession réglementée et mise en danger de la vie d'autrui. Pour ces infractions, la mise en cause a été condamnée à 6 mois dont un mois ferme... 

Lundi 6 Septembre 2021
Dakaractu



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