Débat sur le report des Elections locales: Restituer son contexte et son sens !


Débat  sur le report des Elections locales: Restituer son contexte et son sens !
Plusieurs intervenants dans ce débat  sont  certainement abusés  par le discours ambiant sur le report des locales.  Il s’avère donc nécessaire de le  recadrer, afin de ne pas perdre de vue son  sens véritable.
Le Président Macky Sall,  par le biais de son Ministre chargé de la Décentralisation, et le Président du Comité de Pilotage de l'Acte III, n'avait pas envisagé de report des locales. En témoigne la précipitation qui a été à l'oeuvre pour adopter en catimini le nouveau Projet de Loi portant Code Général des Collectivités locales,  qu’il a  justifiée,  par la nécessité de respecter le calendrier électoral ! Ce respect du calendrier lui permettrait de mettre les sénégalais devant le fait accompli par la matérialisation des dispositions de ce nouveau Code controversé, grâce à la tenue des élections locales.
C'est contre cela que L'Association des Maires du Sénégal, s'était élevée en premier, pour réclamer plus de temps de concertation pour arriver à un consensus acceptable de réforme des collectivités locales.
De même, L'Association des Présidents de Communautés rurales voulaient avoir plus de temps pour s'assurer que la communalisation intégrale ne leur enlève pas leur droit acquis de gestion des terres du domaine national, dans le même temps que l'Association des Présidents de Conseil régional s'opposait à la suppression de la Région, comme collectivité locale,  pour les remplacer par des "territoires" sous le contrôle direct de l'Etat.
En effet, en 2009, le Président Macky Sall   n’a pu   contrôler que 3 Communes et 11 Communautés rurales,  là où BSS contrôlait 26 Communes, 91 Communautés rurales et 3 Régions,  tandis que le PDS dirige 56 Communes304 Communautés rurales, et 11 régions.
Incontestablement  il  est minoritaire dans les associations  des collectivités locales qui sont sous le contrôle du PDS et de BSS.
 Donc cette demande de report rentrait en contradiction avec le projet du Président Macky Sall,  qui , sous prétexte de respect du calendrier électoral, voulait imposer une réforme rejetée par les représentants de ces s collectivités locales.
Cette résistance a eu des échos dans les Partis politiques et dans la société civile, qui tous, ont réclamé des concertations sur l'Acte III.
C'est ainsi que le Chef de l'Etat, en déplacement dans la Communauté rurale de Taïba NDIAYE  dans le Département de Tivaouane, avait annoncé sa décision de se concerter avec les partis et la société civile sur l'acte III, et le report des locales.
 Pendant que les Sénégalais s'attendaient à l'ouverture de ces concertations, le PM, Mimi Touré, déclarait unilatéralement que le report ne serait que de trois mois, soit jusqu'au 29 Juin.
 Cette décision reflétait le souci du pouvoir de tenir rapidement les élections sans donner le temps nécessaire à une concertation pour aboutir à un consensus.
 Evidemment, cette déclaration a créé une levée de bouclier, qui s'est amplement exprimée lors des rencontres que le Chef de l'Etat a eues avec les politiques, les élus, et la société civile.
Ces rencontres abusivement considérées comme des « concertations » , n’étaient en fait  que la première fois que le Chef de l’Etat informait  officiellement sur les tenants et aboutissants de l’Acte III de la Décentralisation, et promettait une seconde rencontre pour asseoir un consensus.
 Dans chacune de ces premières  rencontres, il lui a été signifié une forte opposition à son projet, et le rejet d'un report pour trois mois.
 C’est dans ce cadre que  BSS, le lui a confirmé par écrit, en lui demandant un report jusqu'en Novembre/décembre 2014.
 D'ailleurs, le CESE, composé de politiques, d’élus locaux, membres de la société civile et des Universités, des principales organisations syndicales, du patronat,  de l’UNACOIS, et du CNCR,  donc représentant les forces vives de la Nation,  qui a été consulté, lui a aussi fait savoir officiellement que trois mois étaient insuffisants, et qu'il faillait reporter jusqu'en mars 2015.
 Donc, le pouvoir a reporté les élections sous la contrainte, mais a  maintenu le  report de trois mois jusqu'au 29 juin,  qu’il avait unilatéralement décidé, par pure manœuvre politicienne,  sans donner satisfaction aux revendications des forces vives de la Nation en la matière.
Seuls le PDS et REWMI s'étaient démarqués par pure démagogie, puisque le report signifie, en fait, le maintien de leur contrôle des collectivités locales qu'ils ont gagnées depuis 2009, alors que l'APR était pressée de tenter de les reprendre le plus tôt possible pour tenter d’abréger leur règne.
D’ailleurs,  l’écrasante majorité des élus locaux qui se sont mobilisés contre la réforme et  le report de trois, sont du PDS et de Rewmi. 
Donc, le rejet bruyant par les Directions de ces deux partis de tout report, c’est du cinéma, à moins qu’elles admettent qu’elles sont, sur ces questions,  en désaccord avec leurs élus locaux. Une telle  divergence  serait fatale  à ces dirigeants.
Ainsi, il est dommage que des Sénégalais  puissent encore se faire abuser par leur proclamation d’attachement au respect du calendrier républicain, après tout ce que l’on a connu sur leurs attitudes vis-à-vis  du respect des échéances républicaines durant tout leur règne de 12 ans !
Le Président Macky Sall est resté sourd aux interpellations des forces vives de la Nation, et s'est précipité à faire adopter un Code qui n'est ni consensuel, ni même conforme au compromis élaboré au sein du Comité Technique et du Comité de Pilotage qu'il avait mis en place à cet effet.
L'évocation des textes de la CEDEAO pour justifier son refus de donner satisfaction aux sollicitations des forces vives de la Nation, n'est pas fondée, puisque la CEDEAO interdit tout changement non consensuel du système électoral six mois avant la date échue des élections. Donc, au moment où la demande de report lui avait été adressée, il avait le temps de trouver un consensus. Par contre, sa décision unilatérale d'un report de trois mois est contraire aux textes de la CEDEAO.
Mais si on l'attaque au près de la CEDEAO, on lui permet de revenir à Mars 2014, à la date calendaire, contre laquelle on s'était élevée !
Donc, il ne faut pas voir dans nos revendications de report,  une manière de permettre à l'APR d’avoir le temps pour  mieux s'organiser.
 Au contraire, c'est le meilleur moyen de défaire sa stratégie de conquête des nouvelles Communes  Départementales,  tout en ayant l'opportunité de faire une réforme constitutionnelle sur laquelle adosser une véritable phase III de la Décentralisation.
Certes, l'APR a des problèmes d'organisation, mais il dispose de l'appareil d'Etat et de moyens sans commune mesure avec ceux de ses concurrents, alors que tous les autres Partis, y compris le PDS,  Rewmi, le PS et l’AFP,  qui se prennent pour des challengers,  ne sont prêts ni au plan organisationnel, ni au plan matériel, tandis que la société civile reste  encore exclue des compétitions par le refus des candidatures indépendantes.
C’est pour cela que le Président de l’UNIS vient de dénoncer ce forcing du Chef de l’Etat, et d’exiger un second report devant permettre la tenue de concertation véritable sur l’Acte III de la Décentralisation, et  les candidatures indépendantes.
Ainsi, aller dans ces conditions aux locales le 29 Juin, ou même le 25 Mars comme initialement prévu, va baliser le terrain à l'APR.
Par contre, un second report jusqu’en Novembre /Décembre lui compliquerait davantage  la réalisation de son ambition de contrôle exclusif des nouvelles collectivités locales, qui  est  l’objectif stratégique pour lequel il a entrepris cette réforme des Collectivités  locales,  qui est plus une restructuration administrative de celles-ci , qu’un approfondissement de la Décentralisation attendu de  la troisième génération  de réforme des collectivités locales.
Les stratèges de l’APR pensent,  qu’il faut que leur Parti gagne l’essentiel des collectivités locales, notamment les Communes Départementales, sous la direction de leurs  cadres « cumulards »   qui vont user des moyens de leurs positions nationales dans le Gouvernement, les Entreprises publiques, et les Agences, afin de se doter  d’une clientèle pouvant servir  de base politique solide  au Président Macky Sall   pour décrocher  un second mandat. 
Ce n’est pas pour rien que la mouture finale du Projet de Code  général des Collectivités Locales,  ait renoncé  à l’interdiction  de cumul  de mandats et de fonctions, pourtant présentée par  le Comité de pilotage  de l’Acte III de la Décentralisation comme l’une des innovations majeur de la réforme.
Une telle vision de l’avenir politique du Président Macky, nettement détaché  de celui de BBY qui lui a fait gagner son mandat actuel,  place celui-ci dans des perspectives d’affrontement avec ses alliés actuels,  en plus  des partis actuellement dans l’opposition.
Ce choix pour un isolement délibéré est illustré par la décision  récente du Chef de l’Etat de retour du Sommet de l’UA,  d’envoyer les cadres de son Parti  dans les Départements, en vue de préparer des listes électorales autour d’eux. 
Cette démarche, décidée en dehors de toute concertation avec ses alliés  qui devraient être ses compagnons dans des listes communes, est non seulement improductive, mais  est politiquement  isolationniste.
C’est surtout oublier,  que l’accaparement de l’essentiel des collectivités locales par des artifices administratifs, n’a pas sauvé  le régime de Wade, malgré la débauche de moyens qu’il avait effectuée. 
 Cependant, d'ici le 29 juin, beaucoup d'eaux peuvent couler sous les ponts  et changer la donne.
Parce que d’abord, les cadres « cumulards »  de l’APR  auront en face d’eux,  l’OFNAC et la CREI comme organes de dissuasion  contre toutes tentatives de recourir  aux moyens  de leurs stations nationales  pour financer des activités politiques. Dans ce cadre,  les Républicains et Démocrates de ce pays les auront à l’œil pour dénoncer auprès de ces Institutions tout manquement observé de leur part. 
Même l’utilisation probable des « fonds politiques et/ ou secrets » à des fins de financement du fonctionnement du Parti du Président de la République ,  ou de sa campagne électorale,  pourrait être attaquée auprès de ces Institutions comme « détournements de fonds publics »  à des fins personnelles, donc susceptibles de constituer un délit pouvant  le faire traduire devant les juridictions compétentes dès la fin de son mandat.  Une telle situation l’empêcherait de briguer un second mandat.
Ensuite, le mécontentement suscité auprès des populations par  de tels agissements délictueux,  va occasionner, comme avec le PDS, une  forte mobilisation populaire pour les sanctionner dans les urnes.
Donc, les manipulations administratives des collectivités locales ont déjà montré leur limite politique.  Compter sur elles pour s’assurer un second mandat serait donc suicidaire.
L’expérience a  déjà suffisamment démontré,  que dans de pareilles circonstances, seul un ressaisissement du Chef de l’Etat pour stopper cette dérive politicienne en acceptant un second report  afin de  donner le temps à une réelle concertation sur l’Acte III de la Décentralisation, et le report des Locales, pourrait consolider les bases politiques de son mandat actuel,  et créer les conditions nécessaires à la prise en charge des préoccupations des Sénégalais,  en termes de demande sociale,  de demande économique,  et  de demande démocratique,  dont le degré de  satisfaction conditionne ses chances d’avoir un second mandat.
C'est dans cette perspective que nous sommes engagés de toutes nos forces,  pour empêcher, que durant la phase de transition que nous vivons,  ne triomphent les tenants du  maintien du régime honni  que Wade nous a légué, et  qui va immanquablement hypothéquer  les chances  de survie de ce premier mandat de l‘espoir de rupture.
 C'est dommage que certains des nôtres, faute de discernement,  nous brocardent dans cette bataille hautement stratégique!
                                  Ibrahima SENE PIT/SENEGAL
                                                                                                     Dakar le 4 Février 2014
Mardi 4 Février 2014




1.Posté par wakh deug le 05/02/2014 07:15
Tu es intellectuellement malhonnête ,tu crois pouvoir emballer les sénégalais.Arrêtes tes conneries que tu veux nous faire avaler. Tu es loin d’être pertinent dans ton analyse .Tu es dans la coalition BBY. Vos manœuvres ne prospèreront jamais .Dansokho et sa clique sont tous des lâches; parlez de notre crise scolaire,de la vie chère,de l'insécurité, des urgences de l'heure.On ne vous entend jamais sur l'essentiel.

2.Posté par layelow le 05/02/2014 14:42
Merci wakh DEUG, ce ibrahima sene est trop limité et des ce texte il se perd les pinceaux franchement.

3.Posté par malijet le 05/02/2014 14:45
Il sont trop forts ces politiciens.

4.Posté par TRE le 05/02/2014 17:56
Patriote et cohérent tu restes. Ne changes pas.



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