COVID-19 : Pourquoi le secteur secondaire Sénégalais ne devrait pas échouer ?


Depuis le début de la pandémie, partout dans le monde, les services médicaux et scientifiques tentent de trouver une solution pour réduire au plus vite l’élan de son évolution. Nous avons tous vu la courbe exponentielle des nombres de cas, que ça soit en Chine, en Italie, en France et maintenant aux Usa. Ce dernier cas est inquiétant. Le 12 Mars 2020, les Us avaient 1 600 cas testés positifs. Aujourd’hui, le 02 Avril, le nombre de cas est à 215,537, et le nombre de mort est de 5113. C’est hallucinant ! Donald Trump disait qu’il aurait du bon boulot s’ils arrivaient à limiter le nombre de décès, je parle bien des décès et non des cas, entre 100,000 et 200,000. Thats just unbelievable !

 

Un chirurgien généraliste du nom de Duc Vuong a déclaré ceci dans sa chaine YouTube :

• 80% des personnes infectées par le coronavirus guérissent

• Les 20% restant ont besoin d’une hospitalisation

• Sur ceux hospitalisés, 5% seront en soins intensifs

• 2,5% des malades en soins intensifs seront placés sous appareil respiratoire

• Le temps moyen sous ventilation est de deux semaines

• Le taux de mortalité des personnes ventilées varie entre 70 et 86 pour cent

• Le décès de ces personnes intervient en moyenne entre le 10ème et le 14ème jour de

ventilation Faites le calcul :

• Un seul patient sous ventilation pendant en moyenne deux semaines

• En deux semaines, les Etats-Unis sont passées de 1600 à presque 200,000 cas

• Combien de ventilateurs auront-ils besoin ?

 

Le calcul n’est pas aussi simple. Au début de cette pandémie, les Us comptaient 173,000 ventilateurs. Dr Tom Frieden, directeur du centre de prévention et de contrôle des maladies aux US, a été interviewé par la CNBC et sur la question du nombre d’appareils respiratoires, il a répondu : « Dans le pire des scénarios, les ventilateurs seraient le point stratégique à développer, pour lutter efficacement contre le virus » Ils se sont très vite rendus compte que cela ne suffisait pas. 

 

En Italie, à cause de ce manque, les médecins 

sont dans une position où ils doivent choisir entre le patient qui doit vivre et celui qui va mourir. Quand il est au-dessus de 80 ans, ils choisissent de ne pas le ventiler parce qu’ils considèrent que le patient est au stade terminal.

 

Qu’est-ce que Donald Trump a fait face à cette pénurie de ventilateurs ? Le 22 mars dernier, Il a fait appel aux constructeurs automobiles : GM, Ford, Tesla... pour qu’ils travaillent avec des industries spécialisées qui sont en train d’augmenter leur production d’appareils respiratoires : Medtronic, PLC, Philips, Drager, Getinge. Philips prévoit d’augmenter sa capacité de production de 1000 à 2000 ventilateurs par semaine. Medtronic affirme avoir augmenté sa production de 40%. Alors pourquoi faire appel à des constructeurs de voitures ? Parce qu’ils ont compris les capacités de production de ces industries ne sont pas suffisantes.

 

Cela me permet d’introduire les besoins, selon le contexte sénégalais, en appareils respiratoires. On a eu 1 décès, et ce que les gens ne réalisent pas est que ce taux est élevé. Le taux de mortalité du virus, aux US, était de 1,3%. Quand il y’a eu ce décès, la barre des 100 cas positifs a été dépassée (sur combien de tests effectués ? hum). C’est bon signe ? Non ! L’Italie a actuellement le taux de mortalité le plus élevé, 11% !!!! C’est juste incroyable ! 

 

J’ai demandé à une amie médecin combien il y’avait d’appareils respiratoires au Sénégal, elle m’a répondu : « 50 lits de réanimations, et 20 appareils respiratoires ». Mon Dieu ! Pour 16 millions de sénégalais ?

 

Le 28 Mars 2020, j’ai lu un article sur E-media : L’Etat du Sénégal passe une commande de 3 milliards de FCFA en appareils respiratoires.

 

$4,972,048 pour des appareils respiratoires ?

 

Avec le taux de change du 2 avril 2020 (1 dollars = 603,37Fcfa, je ne suis pas économiste, mais ce taux n’a pas l’air d’un bon signe), trois milliards de FCFA équivaudrait à $4,972,048. Je ne sais pas si ceux qui ont passé cette commande comprennent ce qui passe réellement dans le marché.

 

Andrew Cuomo, gouverneur de New York, a affirmé : « Nous nous tuons nous-mêmes. Alors que le coût de base d’un ventilateur est de $25,000, les prix ont grimpé depuis le début de la pandémie, parce que c’est devenu de la vente aux enchères : Californie propose $30,000, en même temps, New Jersey propose $40,000, et maintenant on se retrouve à un prix exorbitant de $45,000 l’unité. » Medtronic affirme qu’il se trouve dans une situation où, semaine après semaine, ils doivent choisir la destination de leurs équipements par priorité, en fonction du nombre de cas et du nombre de cas graves. Disons que nous devons commander depuis les US, avec notre budget, nous pourrions avoir entre 110 et 200 appareils respiratoires. Mais attention ! 

 

Ce nombre ne prend pas en compte les frais de livraison et le délai. Vu le besoin, l’Etat déboursera plus que d’habitude (en frais de livraison) pour les acquérir rapidement et à des coûts hallucinants. Au pire, nous pourrions avoir 150 au max. 

 

Un paramètre important à prendre en compte : Pourquoi le constructeur devrait nous mettre en priorité ? Nous en sommes à moins de 150 cas, et dans le monde, certains pays ont dépassé le cap des milliers de morts et presque la quasi-totalité des ventilateurs ont été vendus dans les pays fort impactés (même les US ont des problèmes pour s’approvisionner).

 

Medtronic vient de publier en open source un dossier de 58 MB et qui détaille le processus de conception et de fabrication de ses ventilateurs portables PB 560. Tous les schémas électriques et mécaniques sont dedans. Tout le processus de production à l’échelle y est inclus. C’est un fait inédit dans le monde industriel. Leur CEO a twitté le 30 Mars 2020 : « Notre ventilateur PB 560 est en open source. Les spécifications techniques sont disponibles pour la production, par n’importe quelle entité. Un défi majeur nécessite une réponse spectaculaire ». 

 

J’ai récemment eu écho d’élèves-ingénieurs qui essaient de reproduire un modèle similaire mais mécanique. C’est bien ! Mais c’est encore un prototype qui a besoin d’être testé et certifié. C’est là-bas qu’il est important de se préparer. Ceci me permet d’introduire la deuxième partie.

 

Où est notre ministère du développement

industriel ?

 

Je me suis toujours demandé comment est constitué le tissu industriel sénégalais. J’ai demandé à un oncle, qui a passé beaucoup de temps dans les industries. Comment est configuré ce tissu ? Il m’avait répondu : « Nous avons très peu d’industriels sénégalais. Toutes les grandes industries sont contrôlées par des étrangers et je n’ai pas encore vu une politique sérieuse pour booster la production. » 

 

Les initiatives se multiplient, les pme/pmi essaient de proposer des solutions innovantes de lutte contre le coronavirus. Ce qui me dérange le plus est que depuis le début de la pandémie, je n’ai jamais entendu une sortie du ministère du développement industriel et des petites et moyennes industries. Suis-je mal informé ? Je ne parlerai pas des pme/pmi qui souffrent de la baisse d’activité, je parlerai de l’accompagnement des innovations proposées principalement des élèves-ingénieurs et des pme au Sénégal. 

 

Récemment, des étudiants de l’Ecole Supérieure Polytechnique de Dakar ont conçu un distributeur automatique de gels qu’ils souhaitent mettre à la disposition du ministère de la Santé. Leur département Génie chimique vient de produire près de 1500 gels. Un pur génie, Demba Diop, produit des masques imprimés en 3D et des visières. Aucune réaction de ce ministère. Je me suis amusé à consulter le budget du ministère de 2020... Mon Dieu ! 9,514,831,998 FCFA, répartis en deux grands programmes essentiels :

• Le programme de pilotage, de coordination et de gestion administrative pour un montant de 395,915,998 FCFA (sans débat)

• Le programme de compétitivité de l’industrie sénégalaise dont les crédits de paiement sont arrêtés à 9,118,916,000 FCFA

Qui peut me dire où je peux trouver ce programme ?

 

On est encore au début de l’année et de la pandémie, et je suis intimement convaincu que c’est le moment de booster les innovations. Le ministère de l’industrie, avec celui de l’Enseignement Supérieure, de la recherche et de l’innovation doivent travailler ensemble pour profiter de l’occasion et booster la créativité nationale. Nous avons de très grands experts dans les industries. Je connais des électroniciens, des mécaniciens, des chimistes, des automaticiens, des makers à qui il faut donner un petit coup de pousse pour qu’ils produisent des résultats 

EXTRAORDINAIRES.

 

Mes recommandations...

 

Le ministère du développement industriel et des petites et moyennes industries, c’est le moment de sortir de votre zone de confort. Le pays a besoin de vous. Regarder ce qui se passe dans le monde. 

 

Les présidents se tournent vers les industriels, parce qu’ils savent qu’ils sont des acteurs majeurs. Créez une cellule scientifique et industrielle de gestion de crise, où vous regrouperez les plus grands experts dans différents domaines, avec des professeurs pointus et qui connaissent le milieu industriel (je précise). Que cela soit un groupe de maximum 10 (les groupes au-delà de 10 tendent à être inefficace dans le processus de prise de décision). 

 

Confiez- leur la gestion stratégique et misez sur les élèves-ingénieurs et les pme/pmi pour l’exécution. Je travaille sur le distributeur de gel et je peux vous assurer que nous avons besoin de vous. Il y’a des problématiques qui ne sont pas du ressort du ministère de la santé ou du MESRI. Je connais les jalons qu’il faut surmonter, et je connais des experts qui peuvent vous accompagner. Je n’ai pas besoin d’une audience. Je vous donne mon mail et nous pouvons chater ou conf call, quand vous le voulez : mouhammadieng@gmail.com

J’allais oublier, NSTS (Nouvelle société textile du Sénégal) relancée en 2014, est toujours à l’agonie. Qu’attendez-vous pour les booster en leur faisant produire des masques chirurgicaux ? 

 

Après la fermeture de la Sotiba, de la Sotexka, d’Icotaf... il serait malheureux de perdre le « dernier bébé vivant ». Voyez avec ces experts comment profiter de la pandémie pour lancer la production de masques pour servir la population africaine. Cela serait un bon positionnement pour le Sénégal.

 

Je suis Mouhammad Dieng, je suis entrepeneur et anti-conformiste de nature. Je suis CEO de Conceptech, une startup de R&D que j’ai co-fondée en 2017. 

J’ai horreur du statut quo et de la routine. Je me suis couché la nuit du 1er au 2 Avril à 2h10 du matin, et jusqu’à 03h35, je me demandais qu’est ce je devais écrire pour faire bouger les choses. 

Je n’ai pas peur de l’échec, donc que cette contribution passe inaperçu, au sein d’Etat, ne me fera pas de mal.
 

Pour ceux qui seront intéressés, j’ai le fichier open source de Medtronic, sur la conception d’appareils respiratoires, just email me .

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Twitter: @mouhammadieng

LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/mouhammad-dieng-890b0a125/ Que Dieu nous vienne en aide face à ce coronavirus !

Auteur : Mouhammad Dieng

               

Samedi 4 Avril 2020
Dakaractu



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