An 1 Covid-19 : La culture, victime du virus...


An 1 Covid-19 : La culture, victime du virus...
Une année lugubre! Quand les artistes regardent dans le rétroviseur ils se sentent attristés. Cela fait un an qu'ils essaient de survivre, leur secteur ayant été terrassé par la Covid-19 qui continue d'ailleurs de les prendre par la gorge. 

Artistes de tous arts confondus se disent dépassés : musiciens, chanteurs, danseurs, peintres, dessinateurs étaient loin de se douter que leur vie allait changer du tout au tout. Leur profession n’a pas êté épargnée par le virus. Un virus qui a eu raison des salles de spectacle, boîtes de nuit, cabarets ou autres restaurants où les artistes se produisaient.

Obligés de se conformer eux aussi à l'état de  confinement, ils ne font plus des rentrées d'argent. Sevrés de leur public, ils ne savent plus sur quel pied danser. Et voilà un an que le cauchemar se poursuit et des spectacles en live via les réseaux sociaux pour rester en contact avec leur fans ne comblent pas le gap. Même l'aide allouée par l'État n'a pas arrangé leur situation si, ce n'est une source de conflit né de son mode de distribution.

Acte1, le scénario de la riposte

Port du masque obligatoire, utilisation de gel hydro-alcoolique, nettoyage des mains avec de l’eau et du savon, désinfection des surfaces exposées, distanciation physique. Des mots et expressions qui ne riment pas forcément avec le milieu artistique, car ce dernier est très ancré dans le donner et recevoir, l’amusement, la liberté, le rassemblement.
Cinémas, théâtres, musées ferment leurs portes suite aux restrictions du gouvernement. La pandémie révélera la méconnaissance d’un secteur qui ne réclame pas de traitement de faveur, mais d’être reconnu à sa juste valeur lors de revendications et manifestations. 

La culture subit comme tout autre secteur un handicap dû à la crise sanitaire. Cependant ceci étant plus dur lors des périodes de fêtes notamment celles de fin d’année qui a vu beaucoup d’agitation.

Certains artistes ne pouvant plus se taire par rapport à cette situation, se sont indignés et ont pris à témoin la loi plus précisément l’article 27 de la déclaration universelle des droits de l’homme qui stipule clairement que : toute personne a le droit de prendre librement part à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.

Selon les artistes, le gouverneur devrait interdire les « manifestations » culturelles et non la « culture » proprement dite. Par ailleurs, ils ont tous entendu éviter les rassemblements dans les lieux de spectacle et non l’activité elle-même.

Une randonnée des autorités pour calmer le jeu

« 50 millions de subvention proposés aux artistes », dégagée par le ministre de la culture Abdoulaye Diop. Une somme jugée, insignifiante selon les danseurs, comparé à ce qu’ils représentent pour la culture sénégalaise.

Autorisation de manifestation à la place de la nation : aussitôt demandée, aussitôt refusée par le préfet de Dakar. Un refus qui n’a pas arrêté les artistes qui se sont retrouvés en masse au lieu de rendez-vous. Une persévérance qui n’a pas été vaine car au lendemain, le ministre de la culture recevait la présidente de la Sénégalaise des Droits d’Auteurs et Droits Voisins(SODAV), Ngoné Ndour et ses collaborateurs pour leur octroyer la somme de deux (02) milliards cinq cent (500) millions. Un geste du président que certains ont jugé noble tandis que d’autres après avoir remercié, ont tourné le dos à cet argent car ceci ne résoudrait en aucun cas leur problème qui est avant tout la liberté de pouvoir exprimer mais également vivre de leur art.

Dakaractu après quelques échanges avec des acteurs du secteur culturel par rapport à cette situation plus ou moins catastrophique, a conclu que nombreux sont ceux qui dépendent de la culture et qui, par cette circonstance certains ont perdu goût à leur passion et que d’autres songeaient même à écourter leur carrière artistique.

Le défilé des célébrités dans les postes de police

Le Sénégal étant un pays très ancré dans tout ce qui touche à l’événementiel, a du mal à respecter l’interdiction des rassemblements quelle que soit leur nature. Les retombées ? Négatives selon la majorité car, entre arrestations et gardes à vue, les forces de l’ordre ont vu défiler du monde dans leurs locaux. Suite à cet engrenage de restrictions, les passionnés du dance-floor ont trouvé des astuces pour combler leur désir de se défouler. Soirées privées en douce où seul l’élite avait accès. En conséquence de quoi en découleront des arrestations pour violation du couvre-feu, des amendes, gardes à vue entre autres. 47 interpellations le week-end du 8 au 9 janvier aux quartiers de Ngor et des Almadies. Un chiffre alarmant dans un pays à haut risque de transmission communautaire. Dans ce lot d’arrestations des diplomates, des fils d’autorités et des célébrités. Le premier épisode de ces arrestations a été joué par de fortes personnalités qui s’étaient retrouvées en garde à vue après avoir participé à un mariage et posté les vidéos sur les réseaux sociaux. Une affaire qui n’a pas arrêté la « jet-set » sénégalaise, dakaroise de surcroît.
Mesure-t-on le poids de la culture dans l’économie ? Une interrogation qui suscite une réflexion.

Le coronavirus continue d'étendre sa mainmise sur le monde. Tous les secteurs étant touchés chacun se démenant comme un beau diable pour s'en sortir. Les artistes qui subissent en plein fouet les affres du virus continent de prendre leur mal en patience et attendent de retrouver leur public dans les boîtes de nuit encore fermées à l'heure du confinement. Et même s'il maintiennent le contact via les réseaux sociaux force est de constater qu'ils sont avides de renouer le contact de la chaleur humaine. Mais pour le moment artistes et autres sont tous logés à la même enseigne du coronavirus...
Dimanche 28 Février 2021
Dakaractu



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