Fête de la Tabaski : Imam Cheikh Sall dévoile quelques secrets sur le mouton et livre des recommandations aux musulmans


La  communauté musulmane s’apprête à fêter de l’Eid-El Kébir communément appelée la tabaski. A cette occasion, il est recommandé à tout musulman qui en a les moyens d’égorger un mouton en guise de sacrifice. D’où l’appellation de la fête du sacrifice du mouton. Dans un entretien accordé à Dakaractu, Imam Cheikh Sall livre les formulations indiquées et les détails à respecter par le musulman le jour j.

La majeure partie  des musulmans vont célébrer la tabaski, le lundi 17 juin mais une certaine communauté compte le faire le lendemain de la Station d’Arafat. Ces deux dates ne posent-elles pas un problème ? Qu’est -ce qu’on doit faire ?

« Le problème de deux Tabaski nous renvoie à la période du mois de ramadan. Certains se basent sur la Mecque pour scruter la lune afin de démarrer le jeûne du mois de Ramadan et pour fêter la Korité. Mais si tu suis la Sunna au Sénégal, Non ! On doit scruter la lune à partir du pays où l'on est, c'est-à-dire le Sénégal, s'il est visible, on jeûne, le cas contraire on attend. Mais on ne peut pas être au Sénégal, attendre la Mecque. Pour ce qui est du Sénégal, la Tabaski est toujours célébrée au neuvième jour. Si on fait la Station d'Arafat et qu'on n'a pas 9 jours, on doit impérativement attendre d’avoir 9 jours.

 Quels sont les bienfaits ou secrets d’un mouton de Tabaski  ?

« Tout est bienfait dans le mouton de la Tabaski. La peau, la viande, le sang. Dès que le sacrifice est effectué et accepté par le bon Dieu, dis-toi que tout est désormais bénéfique. Sur un autre domaine différent de la Tabaski, il faut dire que tout le rituel a une importance non négligeable, des secrets mystiques. Des fois, on te dit de prendre des poils du mouton mélangés à des sourates pour en faire un talisman », a expliqué Imam Serigne Cheikh Sall.

A l’approche de la fête de Tabaski, on a l’habitude de voir que beaucoup de personnes font des dépenses exagérées pour les achats de moutons, de tissus et autres. Qu’en pensez-vous et qu’en dit l’Islam ?

« Il faut savoir d’abord que la tabaski est une sunna du prophète Ibrahima. Mais ce n’est pas une obligation (farata). Selon l’Imam Cheikh Sall, les différents piliers de l’islam sont la prière, le ramadan, le pèlerinage à la Mecque et le zakat (l’aumône) mais, on peut se passer de la Tabaski si on n’a pas les moyens. Donc, la Tabaski est une sunna car personne n’est obligé de le faire. Dieu, le Tout puissant n’oblige personne à faire des choses dont il n'a pas la capacité et la plupart des gens laissent de coté les obligations pour faire de la Sunna alors qu’avant de faire ça, il faut d’abord respecter les recommandations établies par l’islam. Les sénégalais ne sont préoccupés que par la sunna et pourtant, ils ne savent pas que la sunna vient après les obligations. S’ils ne respectent pas les obligations, ce n’est pas la peine de célébrer la tabaski ».

Comment doit être un mouton de Tabaski ?

« Il est recommandé à tout musulman âgé de 18ans  ou plus et qui a les moyens d’égorger si possible un mouton. Dans le cas contraire un bœuf, une chèvre ou un chameau (mâle ou femelle). Par exemple, s’il s’agit d’un mouton, il est dit qu’il doit être âgé au moins de 8 mois ou plus. Si c’est une chèvre, l’âge requis est d’un an, et si c’est un bœuf, l’âge recommandé au minimum est de 3 ans et si c’est le chameau, 5 ans. Cependant, si une personne démunie a entre-temps les moyens de s’acheter un mouton ou une chèvre entre le lendemain et le surlendemain, il est aussi permis de célébrer la tabaski durant ses trois jours ».

En veille de fête, souvent on constate la hausse des prix sur certaines denrées et au niveau du prix des moutons. Que dit l’islam sur ces faits ?

« Dans ce cas précis, il n’y a pas d’augmentation de prix car chacun a le droit de vendre ce qui lui appartient à n’importe quel prix. Seulement, si le bénéfice est de trop, cela devient un excès de bénéfice appelé en wolof « ribaa ». Par exemple, si j’achète quelque chose à 5OOO et je revends à 10.000, c’est du « ribaa » parce que j’ai vendu à 100%. Les moutons ne sont chers qu’à Dakar où ils sont vendus à 200.000, 300.000 ou plus mais si l’on sort de Dakar pour aller vers Ngoudiane, Thiès, Diourbel, Touba, si on a 100.000 on peut avoir un bon mouton. Mais, ici à Dakar, certaines femmes exigent à leurs maris de leur acheter des moutons à des prix exorbitants. Ce qui fait qu'il y a beaucoup de gaspillage à Dakar. Ce sont des futilités. Le plus nécessaire pour un mouton, c’est qu’il soit âgé au moins de 8 mois et qu’il soit doté de bonnes cornes et   de queue ».
Vendredi 14 Juin 2024
Dieynaba Agne



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