Vie politique d’Abdel Aziz Bouteflika : Un acteur incontournable de l’histoire algérienne qui sort par la petite porte.


La très longue carrière politique d’Abdel Aziz Bouteflika débute dans les années 60 au cours des indépendances. Suivant son parcours politique et surtout son règne au pouvoir, on peut dire que jamais un président algérien n’aura régné aussi longtemps que l’octogénaire. Il a effectué 20 ans au pouvoir et parcouru 57 ans de vie politique.

Né le 02 mars 1937 à Oujda (Maroc) Abdel Aziz Bouteflika demeure un homme d'État aux soubresauts politiques multiples. Il devient, à 26 ans, le plus jeune ministre des affaires étrangères au monde grâce à une carrière diplomatique incomparable. En fin stratège, il règne sur la diplomatie algérienne durant 15 ans et se lie avec Houari Boumédiène, sous l'égide duquel il progresse rapidement dans l'appareil administratif de l'« armée des frontières ».

Il est élu député en 1962,  puis successivement ministre de la Jeunesse, des Sports et du Tourisme dans le premier gouvernement Ahmed Ben Bella, de 1962 à 1963. Il occupe ensuite les fonctions de ministre des Affaires étrangères de 1963 à 1979.

En 1978 à la mort de son mentor Boumédiène, Bouteflika prononce l’éloge funèbre et se voit en successeur.  Mais il est accusé d’extorsion de fonds et contraint de s’exiler de 1981 à 1987. Son grand retour a eu lieu durant la guerre civile des années 90. Il devient ainsi l’homme providentiel.

Rappelé par les militaires, il est élu président en 1999 et scelle la réconciliation nationale en amnistiant les islamistes. Candidat indépendant à l'élection présidentielle de 1999, Abdelaziz Bouteflika l'emporte de façon controversée au premier tour, avec 73,8 % des suffrages, après le retrait de tous les candidats. Le début de sa présidence est marqué par la fin de la guerre civile. Il est réélu au premier tour des élections présidentielles de 2004  avec 85 % des voix, de 2009  avec 90,2 %, et de 2014  avec 81,5 %. Il est ainsi le chef de l’État algérien étant resté le plus longtemps en fonction mais également ministre de la Défense à partir de 2002 et président d'honneur du Front de libération nationale (FLN) à partir de 2005.

Durant les mandats de Bouteflika, les inégalités et la pauvreté atteignent des niveaux record. Une situation à l’origine du vent de révolte qui souffle dans le pays, en 2011, dans le sillage des Printemps arabes. Aux prises avec l’insatisfaction collective, Bouteflika décide alors de lâcher du lest en procédant à une série de réformes. Il lève notamment l’état d’urgence, en vigueur depuis 19 ans, qui élargissait les pouvoirs des militaires au détriment des libertés politiques et individuelles.

Après avoir été victime en 2013 d'un grave accident vasculaire cérébral, il voit son état de santé se dégrader : sa mobilité est réduite et il n’effectue que de rares apparitions. Son aptitude à gouverner le pays est régulièrement remise en question et son entourage accusé d'exercer une influence considérable, en particulier son frère Saïd Bouteflika, alors que des scandales de corruption éclatent. À l’approche de l'élection présidentielle de 2019, le régime, qui a du mal à lui trouver un successeur, envisage de reporter le scrutin et de maintenir Bouteflika au pouvoir dans l’intervalle. Ces facteurs favorisent la tenue d'importantes manifestations, qui conduisent le chef de l’État à renoncer à briguer un cinquième mandat, et à se maintenir au pouvoir le cas échéant, puis, sous la pression de l'armée, à quitter la tête du pays, vingt ans après avoir accédé à la présidence. 

Retiré de la vie publique après son départ du pouvoir, il meurt le 17 septembre 2021 à l'âge de 84 ans.
Dimanche 19 Septembre 2021
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Twitter



Dans la même rubrique :