MA PART D’HOMMAGE A BRUNO DIATTA. UN DEVOIR DE MEMOIRE POUR LA JEUNE GENERATION !


Les grandes douleurs sont muettes, c’est connu. La mort de Bruno, subite et si inattendue m’a replongée dans l’atmosphère des deuils qui ont frappé notre famille. Il m’aura fallu treize jours pour me sortir de ma torpeur et de mon silence. Nous savons que tous les évènements qui ont ponctué et marqué notre existence ne relèvent pas du simple hasard. Mais, grâce à la perpétuation des traditions reçues en legs, bien ancrées dans nos familles arc-en-ciel, portant le sceau de nos ancêtres,  il nous sera possible d’écrire de belles pages de l’histoire que nous dédierons à Guillou, Banel, Claire, Yalis, Bruchou, Pierre-Edouard et à leurs enfants pour leur faciliter  de voyager dans  le temps. Mon cadeau symbolique, virtuel,  servira de machine à remonter le temps, afin de maintenir la flamme allumée pour notre descendance et pour la postérité.     

En effet, C’est à Saint-Louis du Sénégal, entre 1946-1947 au Grand Conseil de l’AOF où ils siégeaient tous les deux, que Jacques d’Erneville  présentera son ami et collègue, Edouard Diatta,  à sa cousine et confidente Clotilde d’Erneville. Edouard Diatta et Clotilde d’Erneville se marièrent eurent trois beaux enfants,  Bruno, Benjamin et Françoise Diatta.

Jacques et Clotilde qui, de par leur branche maternelle, appartenaient à la même lignée des Diouf du Sine, explique bien l’attachement qu’ils avaient l’un pour l’autre et les liens très forts qui les unissaient. 

Mme Clotilde Diatta, qui portera avec fierté, jusqu’à son dernier souffle, le nom de son défunt époux Edouard, a été pour nous un modèle achevé de fidélité et d’amour à l’instar de toutes nos mamans et de nos tantes. Sa vie durant, elle aura été respectueuse des traditions bien établies dans les familles chrétiennes. Pour Mme Clotilde Diatta, elle ne pouvait se soustraire aux bonnes règles au moment de choisir, d’abord des parrains et marraines de ses enfants et ensuite du témoin de mariage de son fils ainé Bruno : ces choix n’étaient jamais faits au hasard. C’est ainsi que tout naturellement, le témoin de mariage de son fils ainé Bruno Diatta ne pouvait être que son propre neveu Philippe Fernand d’Erneville, également parrain de Banel-Clotilde la fille ainée de Benjamin Diatta lui-même filleul de Jacques d’Erneville son oncle maternel. Comme je m’étais mis un point d’honneur à ne pas rompre la belle chaine, si harmonieusement ciselée. Tata Clotilde m’ayant passé le témoin, j’avais l’obligation morale de maintenir et faire respecter ces règles établies bien que non écrites, C’est donc naturellement,  que le fils ainé de Philippe d’Erneville et Denise Lopis, prénommé Jacques Christian d’Erneville,(dont les parrain et marraine étaient Joseph Lopis et Madeleine d’Erneville) comprît que les rôles des parrain et marraine de  son fils premier-né, revenaient à Benjamin Diatta et Miange Senghor qui n’était personne d’autre que la fille de Simon Senghor également parrain de Philippe Fernand d’Erneville fils ainé de Jacques d’Erneville et de Malvina Rebeiz, au mariage desquels il avait été aussi le  1er Garçon d’Honneur.

La transition est trouvée pour parler des liens de parenté avec les Senghor. En janvier 1969 à Joal, où pour confier à la terre du Sine,  la dépouille de l’ancien Député du Sénégal Jacques d’Erneville, ils étaient  tous là : de sa tante maternelle Mame Biram otêw Diouf, son beau-frère Edouard Diatta, ses soeurs Clotilde Diatta d’Erneville, Emilie d’Erneville, sa nièce  Armande Vogler, fille de Marie Fernande d’Erneville ;  Marianne, Annette, Alfred et Georges d’Erneville (les enfants de son oncle paternel Hyppolite  de Ngatch, décédé quelques mois avant son neveu Jacques) ; en passant par la quasi descendance de Diogoye Senghor  (parmi lesquels les enfants de Mame Gnaroum Diouf : Anna, Louise, Cathy, Charles Diène, Pierre-Joseph qui avaient en commun la même lignée maternelle des Diouf du Sine; ainsi que Mame Hélène Conté Veuve Rene Senghor se tenaient  près de la veuve de Jacques d’Erneville, marraine de cette dernière. Tous les amis, parents et alliés étaient là. Je ne puis tous les citer aujourd’hui.

C’est à Dakar, au mois de mai 1971, que disparaissait Edouard DIATTA l’ancien Grand Conseiller de l’AOF, ancien Ministre et député Maire d’Oussouye,  notre attentionné et chaleureux oncle,  m’a toujours présentée comme étant sa nièce, nous laissait subitement orphelins de son affection. En effet sa cousine germaine Virginie (fille de son oncle maternel Antoine Lopy), était mariée à Joseph Ndiaye (installé à Toulon vers les années 1950)  fils ainé de mon grand-père maternel, dont les enfants sont  à la fois les cousins des Diatta, Ndiaye, Faye, Lopy de Karabane et Oussouye,  et les miens.

Ce sont des valeurs religieuses autour des sacrements de Mariage de Baptême et Sacerdotaux  qui relèvent, à bien des égards, des règles de bon usage et d’un certain savoir-vivre et savoir-faire. C’est sur ce terreau et dans ce milieu très catholique que dès le bas-âge, avec Benjamin et Françoise, Bruno a été façonné. Ils sont peu nombreux à savoir  aujourd’hui, qu’il y eu deux Evêques, les frères de Tata Henriette Faye Veuve Aimé Faye   et oncles de Reine-Marie et Jean-charles Faye en passant par Geneviève Faye et Mathilde Maty Lopy également la sœur duPrêtre Spiritain le Père Lopy, tous membres de la grande famille de Karabane, de la lignée maternelle d’Edouard Diatta à laquelle nous sommes redevables des plus beaux cantiques grégoriens et la mise en harmonie des merveilleux chants liturgiques en créole, ouolof et diola, que Pierre Lopy et Julien Jouga ont voulu nous faire connaitre et dont l’évocation de leurs noms renvoie au chant-chorale.

Et c’est ainsi que fort justement, notre Evêque Benjamin Ndiaye, dans son témoignage de haute portée spirituelle,  au cours de la Messe des funérailles célébrée en la Cathédrale de Dakar jeudi 27 septembre, dira, « Bruno a apporté son identité chrétienne dans son travail et le sel symbole de la Sagesse et de l’Incorruptibilité ».

Bruno, nous avons pu, grâce à nos parents, aller à bonne école, après qu’ils nous ont abreuvés à la meilleure source dès le berceau, nous ont forgés en nous  inculquant  surtout les valeurs d’humilité, de grande simplicité, de dignité, du respect de soi et en combattant le mensonge, la paresse, l’égoïsme, la médisance, la tricherie, l’envie. Ils nous ont appris à ne pas gêner, ce que tu as compris et que nous avons compris nous autres. C’est également cela le grand secret de ta longévité à la tête du Protocole : tu as su faire la part des choses en t’interdisant de gêner. Va, va en paix Bruno Diatta, l’ainé d’Edouard et de Clotilde !!!

Bruno, ces traits de ton caractère te valent ce jour, les nombreux et magnifiques témoignages des plus hautes autorités de l’Etat et de toute la nation sénégalaise, notamment celui du Président Macky Sall, aux noms des Présidents Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, qui témoigne  avec l’élégance républicaine empreinte de la solennité requise en pareilles circonstances, devant le palais présidentiel : « Le service du Protocole, tâche prenante et complexe, exigeante et ingrate, restera à jamais attachée à son image. Il faut plus qu’une formation, il faut plus que des diplômes pour exceller dans le protocole comme Bruno Diatta. Le protocole, c’est une affaire d’éducation, un art consommé des bonnes  manières du savoir-vivre. … Voilà les valeurs dont le Ministre Bruno Diatta était le porteur, le gardien vigilant, rigoureux, ferme et discret »

Le Saloum, un passage obligé pour dénouer la pelote de laine, la double parenté.

C’est la raison pour laquelle, il est important de parler du Saloum, de notre appartenance à la lignée des Ndiaye, des Ndao, des Fall, des Cissé, des Mbodj  parce que  sur cette terre du royaume ceddo  furent scellées et bénies de nombreuses alliances entre des fils et des filles de ces illustres familles  créant  des liens de sang, de parenté.  Ainsi tout commence par mon grand-père maternel Joseph Samba NDIAYE  le fils ainé de Waly NDIAYE et de la Lingeer Ngenar NDAO dont je suis une descendante directe. En effet installé en Guinée française, au début des années 1900, avec ses cousins : a/Jean Ndiaye (le père de tonton Charles de Guinguinéo l’époux de tata Sophie Turpin, les parents de Marilou, Claire, Jeannot et Paul Ndiaye sont autant mes cousins que ceux de Thérèse, également autant qu’avec Arlette qui, elle, connait les liens de parenté pour avoir entendu souventes fois, par sa gran-mère Madane, le récit du fils de Ngenar et frère ainé de Thiendella Fall ;  b)Jean Ndao (le père de Marie Ndao et d’Adélaide Ndao) ; à l’instar des Sénégalais, il y avait également de grandes familles portugaises venant de Bissaü, les Albis, Correa, Da Costa, Da Silva, De Barros, Gomez,  Lopis, Lorenz, Pinto, Turpin,Teixeira, des Pepel pour la plupart. Vers les années 1935 et 1936 furent célébrés les mariages des deux filles de Samba Ndiaye : Marie-Hélène avec Pierre Lopis et Marie- Louise avec Richard Turpin. Quant à son frère Jean-Pierre Turpin et son épouse ClaraTichera qui furent les parrain et marraine de Jeanne Lopis.

Bruno et Thérèse vous ne vous êtes pas trompés en acceptant les époux de vos filles, vos gendres qui sont les petits-fils de ma cousine Mme Veuve Jules Eva DA COSTA ayant en commun la lignée des Pepel

Finalement, n’ont-ils pas raison ceux qui disent que nous sommes tous parents ?

Bruno, comment oublier ces dates funestes de novembre 1989, septembre 1995, et avril 2001 en cette même Eglise- Cathédrale où à chaque fois, tu réglais en virtuose, de mains de maitre, l’organisation des obsèques et le protocole des cérémonials ; comment oublier l’accueil au salon d’honneur et au coupé de l’avion aux arrivées des dépouilles de Philippe et de Mylène ? Un grand MERCI à toute la famille TURPIN, tes alliés, à tous tes amis et copains d’hier qui sont toujours là, l’ami, le frère de toujours, Talla Cissé qui m’a émue aux larmes. Comment cacher l’émotion qui m’envahissait et retenir mon sanglot, à la vue de Benoit Sarr, toujours engagé, efficace et aussi présent  qu’ aux époques précitées, il me dit qu’il est là pour tes obsèques, surprenant çà.

Quelle souffrance de voir ressurgir du passé, de ma mémoire, le film de tant d’évènements douloureux que nous avions vécus dans notre chair, qui a défilé tout au long de tes obsèques.

C’est le moment de te remercier Thérèse, toi la  douce moitié de notre Bruno, t’exprimer tout notre bonheur d’avoir été à la fois notre sœur, belle-sœur, cousine et belle-tante durant ces 42 merveilleuses années de fidélité partagées avec Bruno. Merci Mme Thérèse Diatta, nous te félicitons pour ta présence rassurante et la magnifique vie de couple exemplaire et discrète.

 A votre domicile, à Fann-Résidence ce jeudi peu après 7h30 du matin, au moment où Thérèse enfilait ses vêtements de veuve, me revenait en mémoire une scène plus réjouissante d’un 2 octobre 1976 à Saint-louis, où Thérèse la future épousée, aidée à revêtir sa robe de mariée par ses tantes paternelles, à la fois, mes tantes maternelles, me confièrent ma jeune cousine Thérèse pour guider ses premiers pas dans sa nouvelle vie et sa nouvelle famille. Il y eut beaucoup de bonheur !  Le baptême de Guillaine à Brière de Lisle et d’autres et d’autres, jusqu’à la messe d’action de grâce, à vos Noces de Perles, célébrée par l’Abbé Joseph Diaw, le fils de Louis Diaw l’oncle maternel de Thérèse. Et depuis, beaucoup d’évènements heureux ont permis d’agrandir le cercle de famille venant s’ajouter au noyau familial d’Oussouye, depuis Tante Marie Sagna Veuve Alfred Sagna, la cousine d’Edouard, d’Alphonse et de Louis Diatta, tous leurs descendants étaient là. La présence de la grande délégation du Roi de Kabrousse a été un symbole très fort. Une marque d’affection et de respect pour un des leurs qu’ils ont accompagné jusqu’à Bel-Air où il reposera à jamais.

 

Merci Bruno, n’aies crainte pour ton parcours, il est sans faute. Diaraw lakk !!! aurait dit CLO. Nous sommes tous fiers de toi. Adieu, va en paix Bruno,  repose-toi dans les bras de ton Seigneur pour l’éternité.

 

Fait à Dakar, le 8 octobre 2018

Mme Denise d’ERNEVILLE,

20, Corniche Ouest, Fann-Hock, Dakar
Mardi 9 Octobre 2018
Dakaractu



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