Latyr Niang a été berné par Aboubacry Guèye, selon ses avocats


Latyr Niang fait partie du groupe au dessus duquel planent les travaux forcés à perpétuité pour actes de terrorisme par association de malfaiteurs, actes de terrorisme par menace ou complot, financement du terrorisme, blanchiment de capitaux et apologie du terrorisme. Outre son séjour au Nigeria aux côtés de Boko Haram, l'accusé a touché à l'argent considéré par l'accusation comme des fonds destinés à financer le terrorisme. De retour du Nigéria, il a perçu la somme de 4 millions des mains de Ibrahima Diallo sur instruction d'Aboubacry Guèye.
Qu'à cela ne tienne, Me Mbaye Sall n'est pas d'avis que l'argent touché par son client a une origine illicite. De même, la robe noire aimerait que l'accusation lui dise comment Latyr Niang s'est associé à des personnes pour commettre des actes terroristes. À en croire l'avocat, son client n'a participé à aucune guerre, n'a pas subi de formation en armement et n'a séjourné ni à Gwoza, ni à Sambisa. Pour lui, tout ce qu'on peut reprocher à son client, c'est d'aimer profondément sa religion. D'ailleurs, précise l'avocat de l'accusé Latyr Niang, c'est parce que ce dernier est un musulman convaincu et qu'il fréquentait assidument la mosquée de Rosso qu'il a été approché par Aboubacry Guèye alias Abou Hamza. Lequel, poursuit l'avocat, lui a vendu un rêve qui n'existait que dans son imagination.
Pour sa part, Me Abdoulaye Seck a tenté de présenter Latyr Niang alias Abou Moussa comme un jeune vulnérable s'étant essayé à tout, mais qui a toujours dû se heurter à des échecs répétitifs. Trainant des lacunes en connaissances religieuses, l'accusé a rencontré le sieur Aboubacry Guèye qui l'a pris sous son aile et l'a initié au Coran. Ainsi, l'avocat explique qu'en sus de vouloir approfondir ses connaissances théologiques, son client était mû par le bien être de sa famille. Mais pour le conseil de l'accusé Niang, il n'a jamais été question pour ce dernier de faire le jihad. Ce qui le prouve, selon lui, c'est l'attitude de l'accusé. En effet, après avoir remarqué que ce qu'il était allé chercher au Nigéria n'a rien à voir avec ce qu'il a trouvé sur place, Latyr Niang a pris le chemin du retour. Seulement, une fois au Sénégal, il a reçu par l'entremise d'Ibrahima Diallo 5500 euros, soit 4 millions FCFA. Mais pour Me Seck, il n'y a pas de quoi fouetter un chat d'autant plus que son client croyait percevoir un dédommagement après le préjudice qu'il dit avoir subi au Nigéria par la faute d'Aboubacry Guèye. Autant dire que l'avocat s'est fait une religion sur l'innocence de son client. “Dans cette affaire, ce qui s'impose, c'est son acquittement”, conclut-il.
Vendredi 18 Mai 2018
Dakaractu




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