Depuis plusieurs années, les ruelles menant vers la mairie et la mosquée de Fass sont envahies par un mélange nauséabond d’eaux de pluie et d’eaux usées provenant des fosses septiques. Un véritable fléau sanitaire qui asphyxie les habitants, contraints de vivre quotidiennement au milieu de flaques pestilentielles. Des commerçants comme Baye Souleye Seck, vendeur de tissus, ou encore de simples riverains comme Abdou Khadre et une vieille dame qui a préféré garder l’anonymat, dénoncent une situation insoutenable.
Face à cette insalubrité chronique, les jeunes du quartier ont organisé un set setal la semaine dernière. Pour marquer les esprits, ils ont déposé les ordures devant les locaux de la mairie afin, disent-ils, de « faire vivre au maire le problème qu’ils endurent ». Mais l’initiative a tourné au bras de fer : le maire aurait fait appel à la police, entraînant l’arrestation de certains jeunes, dont Pa Alpha, aujourd’hui révolté de voir la situation toujours bloquée.
En guise de protestation, la jeunesse a barricadé la rue, espérant ainsi forcer les autorités locales à réagir. Mais leur cri de détresse semble tomber dans l’indifférence. « Cinq maires sont passés à Fass, et aucun n’a apporté de solution durable. On nous sert les mêmes promesses creuses à chaque mandat », martèlent les habitants, excédés par des années de patience et d’espoir déçu.
Aujourd’hui, les populations interpellent directement le ministère de l’Assainissement, l’ONAS et l’ensemble du gouvernement. Elles réclament une prise en charge urgente et définitive de cette crise d’assainissement qui menace leur santé, leur dignité et la quiétude du quartier. Car pour les habitants de Fass, il ne s’agit plus seulement d’une revendication citoyenne, mais d’un droit fondamental à un cadre de vie décent.
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