Cinq ans après les faits, l’affaire refait surface devant la justice. Selon L’Observateur, la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Ziguinchor a examiné, hier mercredi 18 février 2026, le dossier d’A. Diouf, 42 ans, conducteur de moto-tricycle, poursuivi pour le meurtre de sa petite-amie, Penda Kébé. Le ministère public a requis la réclusion criminelle à perpétuité.
Retour sur une découverte macabre en 2021
Les faits remontent au 9 août 2021. Ce jour-là, une alerte parvient au commissariat central de Ziguinchor : le corps sans vie d’une femme est découvert au quartier Djibock, à une vingtaine de mètres du canal situé derrière le mur de clôture du Lycée El Hadj Omar Lamine Badji.
Sur place, les enquêteurs trouvent la victime gisante sur le ventre, vêtue d’un jean bleu et d’un body rouge à rayures noires. Le corps est acheminé à la morgue du centre hospitalier régional. L’autopsie, réalisée par le Dr Diama Sakho, conclut à une asphyxie mécanique par compression cervicale et thoracique. La thèse de la noyade est formellement écartée.
Une version qui évolue au fil des interrogatoires
Deux jours après la découverte, A. Diouf, alors âgé de 38 ans, se présente spontanément au commissariat. Il se présente comme le compagnon de Penda Kébé et avance une première version : celle d’une noyade accidentelle. Il affirme même avoir tenté de la repêcher, se blessant au passage.
Mais, selon L’Observateur, confronté aux éléments techniques de l’enquête — notamment les réquisitions téléphoniques et les incohérences de son récit — l’homme finit par passer aux aveux. Il reconnaît avoir serré le cou de sa compagne avec ses mains « pendant de longues minutes », jusqu’à ce qu’elle s’effondre.
Devant la barre : aveux maintenus, intention contestée
À la barre, hier, l’accusé a maintenu ses aveux tout en cherchant à atténuer la portée de son geste :
« Je reconnais avoir étranglé avec mes deux mains pour me défendre sans avoir l’intention de donner la mort à Penda Kébé. Je sollicite le pardon de la justice. »
Une ligne de défense qui n’a pas convaincu le procureur. Pour le ministère public, les éléments du dossier sont clairs : aveux circonstanciés et conclusions médico-légales concordent avec l’intention de tuer. Il a requis la réclusion criminelle à perpétuité.
La bataille juridique autour de l’intention
De son côté, la défense, assurée par Me Djiby Diagne, plaide la requalification des faits en « coups volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
Selon l’avocat, l’intention homicide — élément constitutif du meurtre — ne serait pas formellement établie :
« L’étranglement, en soi, n’implique pas automatiquement l’intention de tuer. »
Un argument stratégique qui, s’il était retenu, permettrait à l’accusé d’éviter la perpétuité.
Verdict attendu le 8 avril
À l’issue des débats, la Chambre criminelle a mis l’affaire en délibéré. La décision sera rendue publique le 8 avril 2026.
Retour sur une découverte macabre en 2021
Les faits remontent au 9 août 2021. Ce jour-là, une alerte parvient au commissariat central de Ziguinchor : le corps sans vie d’une femme est découvert au quartier Djibock, à une vingtaine de mètres du canal situé derrière le mur de clôture du Lycée El Hadj Omar Lamine Badji.
Sur place, les enquêteurs trouvent la victime gisante sur le ventre, vêtue d’un jean bleu et d’un body rouge à rayures noires. Le corps est acheminé à la morgue du centre hospitalier régional. L’autopsie, réalisée par le Dr Diama Sakho, conclut à une asphyxie mécanique par compression cervicale et thoracique. La thèse de la noyade est formellement écartée.
Une version qui évolue au fil des interrogatoires
Deux jours après la découverte, A. Diouf, alors âgé de 38 ans, se présente spontanément au commissariat. Il se présente comme le compagnon de Penda Kébé et avance une première version : celle d’une noyade accidentelle. Il affirme même avoir tenté de la repêcher, se blessant au passage.
Mais, selon L’Observateur, confronté aux éléments techniques de l’enquête — notamment les réquisitions téléphoniques et les incohérences de son récit — l’homme finit par passer aux aveux. Il reconnaît avoir serré le cou de sa compagne avec ses mains « pendant de longues minutes », jusqu’à ce qu’elle s’effondre.
Devant la barre : aveux maintenus, intention contestée
À la barre, hier, l’accusé a maintenu ses aveux tout en cherchant à atténuer la portée de son geste :
« Je reconnais avoir étranglé avec mes deux mains pour me défendre sans avoir l’intention de donner la mort à Penda Kébé. Je sollicite le pardon de la justice. »
Une ligne de défense qui n’a pas convaincu le procureur. Pour le ministère public, les éléments du dossier sont clairs : aveux circonstanciés et conclusions médico-légales concordent avec l’intention de tuer. Il a requis la réclusion criminelle à perpétuité.
La bataille juridique autour de l’intention
De son côté, la défense, assurée par Me Djiby Diagne, plaide la requalification des faits en « coups volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
Selon l’avocat, l’intention homicide — élément constitutif du meurtre — ne serait pas formellement établie :
« L’étranglement, en soi, n’implique pas automatiquement l’intention de tuer. »
Un argument stratégique qui, s’il était retenu, permettrait à l’accusé d’éviter la perpétuité.
Verdict attendu le 8 avril
À l’issue des débats, la Chambre criminelle a mis l’affaire en délibéré. La décision sera rendue publique le 8 avril 2026.
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