Serigne Cheikh Ahmad Tidiane Sy Al Maktoum : Une œuvre immensément grandiose


Gloire à Allah (SWT) qui, de Sa Sublime Lumière, a fait jaillir la Lumière du Sceau de la création qu’est Mouhammad (PSL). Mouhammad (PSL) est l’Argument et la source de la création. Son œuvre et les enseignements ont été parachevés par des érudits tout au long de l’histoire. Cheikh Ahmad Tidiane SY Al Maktoum (RTA) a été sans nul doute, un des plus illustres héritiers de ce Legs Mouhammadien, Souverain de tous legs prophétiques précédents.      
95 ans de vie sur terre selon le calendrier hégirien et 2 ans après sa disparition, Serigne Cheikh Al Maktoum est plus que jamais dans Son Orbite de Vie Eternelle, tant son absence marque une présence encore plus perceptible. L’amour et la vénération que lui portent les musulmans ont enfilé une vigueur sans cesse grandissante, à l’image de son patron spirituel Mouhammad (PSL) et de ses vénérés Guides Cheikhou Tidiane Cherif, Elhadji Oumar Foutiyou Tall, Alpha Mayoro Wélé, Elhadji Malick Sy, Serigne Babacar SY, Elhadji Mansour SY Balkhawmi et Elhadji Abdoul Aziz Dabakh -RTA-. Aujourd’hui aucun sujet brulant ne peut faire l’ordre du jour au Sénégal sans que les écrits et les discours de Serigne Cheikh Al Maktoum ne soient évoqués en guise de rappel et pour calmer les esprits. C’est vraiment patauger dans cet océan d’enseignements et de leçons que de vouloir faire un témoignage sur cet Erudit hors pair.
La dernière élection présidentielle sénégalaise du 24 février 2019 a fait poindre une nouvelle tendance qui risque de faire tanguer Sunugal, à savoir, un vote confrérique et ethnique bien perceptible. Les enseignements de Serigne Cheikh Al Maktoum permettent de saisir l’absurdité des contingences confrériques face aux essentielles sources Mouhammadiennes qui sont à la base d’une riche diversité d’interprétations. Serigne Cheikh Al Maktoum nous apprend en substance que les confréries sont comme un champ de synergies spirituelles dans lequel les parties non encore atteintes par les uns sont labourées par les autres. Allah (SWT) dit dans le verset 48 de la sourate Al MAA IDAH (la table servie) qu’IL aurait pu créer l’humanité en une seule communauté, mais ce qui L’intéresse dans ces diversités et différences, c’est la concurrence dans les bonnes œuvres et la propension de chacun à atteindre le plus de surfaces possibles de ce champ de l’Adoration. La diversité est donc une valeur et une richesse à valoriser par la complémentarité, et non une source de cloisons et de querelles. Dans ses mémorables écrits, Serigne Cheikh a délivré à toute l’humanité les messages suivants :
« Aujourd’hui, aucune valeur spécifique ne peut guider le poids de l’humanité. Seules les valeurs inter-universelles sont proposées pour résoudre les grandes crises engendrées par la fausse modernité. Celle-ci a pour conséquence la déprime et la perversion ».
« La foi musulmane cherche l’homme dans sa qualité de citoyen de citoyen universel. Elle ignore les particularités qui, au lieu de servir de base à un dialogue fécond, deviennent pour le malheur de notre monde des barrières infranchissables où toute vigilance et toute volonté restent paralysées à jamais ».
Serigne Cheikh Ahmad Tidiabe SY Al Maktoum aimait, par ailleurs, rappeler que le prophète Mouhammad (PSL) a parachevé son Grade en reconnaissant le mérite de tous les autres prophètes avant lui. C’est pourquoi ses tribunes de prêche, à l’occasion du Maouloud, ont été immensément riches d’exposés sur chacun des Hommes de Dieu que le Sénégal et le monde entier ont connus. Il a été un chantre incarné de l’honnêteté et de la générosité intellectuelles.
Les hommes politiques sénégalais ont ainsi beaucoup à apprendre de Cheikh Ahmad Tidiane SY Al Maktoum, qui a été un homme politique doué de leadership et doublé d’un guide spirituel hors pair. A l’orée de l’indépendance du Sénégal en 1960 et devant le statut insignifiant accordé aux religieux et aux intellectuels de langue arabe dans le pays, Serigne Cheikh Ahmad Tidiane SY Al Maktoum a concédé le sacrifice d’un combat politique historique, dont la conséquence a été la prison à deux reprises, en 1959 et en 1962. Les témoins de l’histoire connaissent la suite de cet engagement politique concrétisé par la création du Parti de la solidarité sénégalaise (PSS), notamment la victoire confisquée lors des élections de mars 1959. Toutefois, la précision qu’il donna lors du Maouloud de 2008 est claire : l’objectif immédiat n’était pas de gouverner le pays, mais de montrer à la face du monde que les guides spirituels, les religieux et les intellectuels de langue arabe n’étaient pas des moins-que-rien et que, non seulement ils avaient des leçons à délivrer aux politiques, mais ils étaient plutôt bien représentatifs dans ce pays où l’héritage colonial avait voulu les minimiser et les ignorer. Actuellement, les sénégalais profitent de cet engagement politique historique de Serigne Cheikh Al Maktoum : les intellectuels de langue arabe ont été progressivement impliqués dans l’éducation, l’administration et la diplomatie. L’action de Serigne Cheikh Al Maktoum a été très instructive dans le culte du savoir par la pratique et l’action. Il ne s’est jamais lassé d’inviter les sénégalais à « assainir le pays par la légitimité pour éviter que cela ne se fasse par le sang ». Son sens de l’équilibre, de la mesure et du prêche par l’exemplarité l’a amené à abandonner la politique une fois ses objectifs atteints. Cette exemplarité véhicule un paradigme révolutionnaire d’exercice de la politique et du pouvoir : savoir s’y engager et savoir se retirer au moment opportun.
Militant de la première heure du Parti de la Solidarité Sénégalaise (PSS) et fort de l’expérience glanée auprès de son Grand Frère Serigne Cheikh Al Maktoum, Serigne Abdoul Aziz SY Al Amiine (RTA) a beaucoup œuvré dans les rapports entre le politique et le religieux. Il a souvent fait l’exégèse des prises de position politiques historiques dans la famille de Elhadji Malick SY (RTA). La nécessaire implication des religieux dans la politique exprime, selon lui, la bataille à mener pour affirmer les valeurs islamiques dans la République selon un schéma de fidélité vis-à-vis des œuvres du prophète Mouhammad (PSL). Serigne Cheikh MBACKE Gaindé Fatma (RTA) fut un collaborateur inconditionnel de Serigne Cheikh Ahmad Tidiane SY Al Maktoum (RTA) dans leur commun combat pour indiquer une approche exemplaire d’alliance entre la politique et le spirituel. En effet, si l’essence de la politique peut rejoindre la religion dans la quête du salut spirituel, il est fondamental que l’alliance se fasse selon une synchronisation qui suit un rythme similaire. Serigne Cheikh MBACKE Gaindé Fatma avait l’habitude de rappeler que la politique n’a que des avantages mondains et que si sa pratique n’est pas habillée de bonnes intentions traduites en de bons actes, son exercice ne peut être que source de déconvenues dans ce monde et dans l’au-delà. Cela fonde l’avertissement de Serigne Cheikh Al Maktoum concernant la nécessité d’habiller la politique de principes : « Une vie sans religion est une vie sans principes et une vie sans principes est un bateau sans gouvernail ».
Elhadji Mounirou NDIAYE, économiste 
Vendredi 15 Mars 2019
Dakaractu



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