À l’occasion de la présentation du Livre Bleu 2, la Plateforme de la société civile pour l’eau et l’assainissement (POSCEAS) a dressé un état des lieux sans complaisance du secteur au Sénégal. Si des progrès significatifs ont été enregistrés depuis la publication du premier Livre Bleu (2009-2010), de nombreux défis restent à relever, notamment en matière d’accès sécurisé et d’assainissement.
Selon Abdoul Aziz Faye, coordonnateur de la POSCEAS, le Sénégal a amélioré son taux d’accès à l’eau potable, atteignant plus de 91 % en 2024 au niveau national. Toutefois, des disparités persistent entre zones urbaines et rurales, avec un écart de plus de 10 points. Plus préoccupant encore, l’accès à un service d’eau sécurisé conforme aux exigences de l’Objectif de développement durable 6 (ODD6) reste faible, estimé à seulement 29 %.
Dans le domaine de l’assainissement, les progrès sont jugés insuffisants. En 2024, 5,5 % de la population continue de pratiquer la défécation à l’air libre, un taux qui grimpe à 11,3 % en milieu rural, loin des objectifs fixés pour 2025. Par ailleurs, l’accès à des installations sanitaires sécurisées ne dépasse pas 30 % au niveau national.
Le rapport souligne également une forte dépendance du secteur aux financements extérieurs, représentant plus de 50 % des ressources, ce qui le rend vulnérable aux fluctuations de l’aide publique au développement. Face à cette situation, la nécessité de diversifier les sources de financement notamment via le budget national, le secteur privé et les mécanismes liés au climat est mise en avant.
Sur le plan institutionnel, plusieurs réformes sont en cours, dont l’élaboration d’une stratégie nationale unique de l’assainissement, un nouveau code de l’eau et de l’assainissement, ainsi que la création d’une autorité de régulation pour renforcer la gouvernance du secteur.
Enfin, le Livre Bleu 2 insiste sur l’urgence d’adopter une approche inclusive et participative, garantissant le droit à l’eau et à l’assainissement pour tous, en particulier les populations vulnérables. La gestion durable des ressources, la réutilisation des eaux usées et la mobilisation de financements innovants figurent parmi les priorités pour atteindre les objectifs à l’horizon 2030.
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