Marco Rubio au Vatican pour apaiser les tensions avec le Pape


Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio est arrivé jeudi matin au Vatican pour rencontrer Léon XIV, quelques jours après les violentes critiques du président Donald Trump contre le pape américain, ont constaté des journalistes de l’AFP.

M. Rubio, lui-même fervent catholique, est arrivé peu avant 11H15 au palais apostolique où il s’entretiendra également avec le Secrétaire d’Etat (N°2 du Saint-Siège), le cardinal Pietro Parolin.

Tensions entre le Vatican et Washington

Entre le pape américain et l’administration Trump, le temps n’est pas trop à la bénédiction. Mais le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio est à Rome pour s’efforcer d’apaiser les tensions avec le Vatican, tout en faisant valoir les positions du président Donald Trump.

“Conversation franche” avec le Pape

Avant son déplacement, M. Rubio s’est attaché à relativiser ce qui ressemble à des invectives du président américain vis-à-vis du pape, sur fond de guerre au Moyen-Orient et de lutte contre l’immigration. “C’est un voyage que nous avions prévu auparavant et il s’est évidemment passé des choses”, a-t-il dit mardi pendant une conférence de presse à la Maison-Blanche. “Il y a beaucoup de choses à discuter avec le Vatican”, a ajouté le secrétaire d’Etat, évoquant en particulier la liberté de religion. L’ambassadeur des Etats-Unis auprès du Saint-Siège, Brian Burch, a déclaré cette semaine aux journalistes que ce serait probablement une “conversation franche”.

Programme de la visite

Après une audience privée à huis clos d’environ 45 minutes avec Léon XIV, prévue à 11h30, Marco Rubio aura également un entretien avec le secrétaire d’Etat du Vatican, Pietro Parolin, et rencontrera la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, vendredi. “On l’écoutera”, a déclaré mercredi ce dernier à des journalistes, soulignant que l’entretien est à l’initiative de Washington. “J’imagine qu’on parlera de tout ce qui s’est passé ces derniers jours. On ne peut pas ignorer ces sujets”, a-t-il ajouté au Vatican.

L’euphorie est retombée

Loin de l’euphorie des premiers jours, alors que l’administration Trump se félicitait de l’élection il y a un an du premier pape américain de l’histoire, les relations avec le Saint-Siège se sont sérieusement dégradées. Le président américain a surpris en s’en prenant à Léon XIV, qu’il a qualifié de “faible” face à la criminalité et “nul” en matière de politique étrangère. Lundi, pendant un entretien avec un podcasteur conservateur, le dirigeant républicain avait estimé que Léon XIV “pense que ce ne serait pas un problème que l’Iran ait l’arme nucléaire”, l’accusant de “mettre en danger beaucoup de catholiques et beaucoup de gens”. Le pape a répondu en déclarant: “Si quiconque veut me critiquer pour prêcher l’Evangile, qu’il le fasse avec honnêteté. L’Eglise s’oppose depuis des années à toutes les armes nucléaires, il n’y a aucun doute à ce sujet”.

Premier pape américain de l’histoire

Le pape, âgé de 70 ans, célébrera vendredi sa première année à la tête des 1,4 milliard de catholiques dans le monde. Premier pape américain de l’histoire, qui plus est originaire de Chicago, fief démocrate, ce que M. Trump ne se prive pas de souligner, ses paroles ont sans doute pesé plus lourd à Washington que celles de ses prédécesseurs – et il s’en est servi, s’en prenant notamment à la politique d’immigration restrictive de l’actuel gouvernement américain. Mais c’est son discours pacifiste de plus en plus marqué, en particulier après le début des attaques américano-israéliennes contre l’Iran, qui a suscité l’ire de Donald Trump. Léon XIV a ainsi qualifié d’“inacceptable” la menace de ce dernier de détruire l’Iran. Mais s’en prendre au pape “est un peu étrange. Le pape joue” son rôle, a affirmé Pietro Parolin.

Cuba

L’autre dossier chaud, Cuba, devrait être abordé lors de ces entretiens jeudi. En annonçant le déplacement du secrétaire d’Etat, le département d’Etat y a fait clairement allusion en évoquant “l’hémisphère occidental”, le terme désigné aux Etats-Unis pour parler de l’Amérique latine. Le Saint-Siège joue depuis longtemps un rôle actif dans la diplomatie concernant Cuba. Marco Rubio – dont les parents sont d’origine cubaine – a lui dirigé les efforts de l’administration Trump pour faire pression sur le gouvernement communiste.

Venezuela

Depuis la chute du président vénézuélien, Nicolas Maduro, un allié de La Havane, capturé par les forces américaines début janvier, Washington applique une politique de pression maximale sur l’île déjà soumise à un embargo américain depuis plus de six décennies. Le pape connaît bien l’Amérique latine: il a acquis la nationalité péruvienne en 2015 après y avoir travaillé plus de 20 ans comme missionnaire.
 

Jeudi 7 Mai 2026
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