Mon colonel vous suivez comme tout le monde la situation au Mali, votre réaction?
Le Mali était déjà dans une situation difficile en tant qu’épicentre de la menace djihadiste. Depuis quelques mois, on assiste à une panne démocratique suite à des manifestations populaires pour le départ du président IBK qui, admettons-le, a été démocratiquement élu. Cette contestation, d’une ampleur jamais égalée, a fini par bloquer le fonctionnement des institutions de la République, donnant du Mali l’image d’un pays où règnent le chaos et l’anarchie. Or, le Mali a une tradition de coups d’Etat perpétrés par les militaires et qui remonte aux premières heures des indépendances, avec le colonel Moussa Traoré (1968), le général ATT (1991) et le capitaine Amadou Sanogo (2012).
Les militaires maliens, comme la plupart des forces armées de la sous-région ouest-africaine, ont l’habitude de gérer l’État. Depuis que le coup d’État militaire est déclaré an-ticonstitutionnel, les militaires se sont retirés, malgré eux, de la gestion du pouvoir mais continuent à garder une certaine influence…politique. Ils reconnaissent désormais leur subordination au pouvoir civil. Malheureusement, la plupart des élites au pouvoir ne comprennent pas que les militaires souffrent de voir le chaos et l’anarchie s’installer dans leur pays. Quand les institutions sont bloquées et que les organisations sous-régionales et régionales, voire l’ONU, n’arrivent pas à décanter la situation, les militaires n’opteront pas pour un pourrissement de la situation.
Patriotes, ils viendront à la rescousse pour ramener l’ordre dans le pays. Dans ces conditions, l’armée est souvent en phase avec les populations.
2. La CEDEAO a-t-elle failli a sa mission ?
Il est clair que la CEDEAO, ce machin, a échoué dans la mesure où elle n’a pas réussi à faire bouger d’un iota les lignes entre les différentes parties pour éviter l’irréparable. En réalité, la mission était vouée à l’échec dès le départ dans la mesure où ce « club de chefs d’État » mandatés par la CEDEAO était composé, en majorité, de présidents illégitimes. Cette structure sous-régionale doit s’employer à prévenir les crises et c’est le lieu de se demander à quoi sert le système d’alerte précoce qui avait suscité beaucoup d’espoir ?
Conçue pour être un outil au service des populations d’Afrique de l’Ouest, force est de constater que cet outil est inopérant car la CEDEAO, ce machin, est finalement un club de solidarité pour le soutien mutuel de présidents illégitimes. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la décision des chefs d’État membres d’envisager une intervention armée pour remettre en place ‘l’ordre constitutionnel’.
Quelle réaction sur la sortie de cette institution sous-régionale ?
La CEDEAO a raté le coche. Elle ferait mieux d’agir en amont pour dissuader les chefs d’État de violer les constitutions nationales, de sombrer dans la dictature et la mal gouvernance, de voler les deniers publics. Tout comme le coup d’État, le troisième mandat doit être déclaré anticonstitutionnel. Sa décision de préparer une intervention militaire est suspecte dans la mesure ou elle pourrait légitimer l’intervention de la France qui a en même temps, pris l’initiative de saisir le conseil de sécurité de l’ONU pour une réunion d’urgence sur le Mali. À suivre…
Ce qui se passe au Mali peut-il être considéré comme un signal fort aux autres pays de la sous-région ?
Tout à fait. Les mêmes causes pouvant produire les mêmes effets, les dirigeants de l’Afrique de l’Ouest, en particulier ceux des pays francophones, devraient méditer le cas du Mali et en tirer les enseignements pour eux-mêmes. Les peuples africains se réveillent et refuseront de plus en plus le diktat de dirigeants irresponsables, prêts a sacrifier leurs peuples pour des intérêts personnels et ceux de leur maître...
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