Pendant neuf mois, A. Diagne aurait réussi à dissimuler sa grossesse à son entourage.
Selon L’Observateur, l’adolescente de 17 ans, alors élève en classe de Seconde, n’avait effectué aucune consultation prénatale ni bénéficié d’un suivi médical.
Son objectif, selon les éléments exposés à l’audience, était de cacher sa grossesse à sa famille et de terminer son année scolaire sans que son entourage ne découvre son état.
Le 29 juin 2024, la situation bascule.
Ses parents sont absents du domicile familial situé au quartier Marché Sam de Guédiawaye. Seul son petit frère de huit ans se trouve dans le salon lorsque les premières douleurs de l’accouchement apparaissent.
Livrée à elle-même et paniquée, la jeune fille donne naissance à un garçon à terme.
Le nouveau-né, décrit comme parfaitement formé, mesure 52 centimètres et pèse entre 2,4 et 2,7 kilogrammes.
À l’audience, A. Diagne raconte avoir été saisie d’effroi. Elle affirme qu’au moment où les contractions ont commencé, elle ne sentait plus le bébé bouger.
Elle explique ensuite qu’« une chose » serait tombée et qu’elle aurait tiré sur le cordon ombilical avant de le sectionner avec ce qu’elle avait sous la main.
Une importante hémorragie survient.
Dans la confusion, elle enveloppe l’enfant dans un morceau de tissu et le glisse sous son lit.
Quelques secondes plus tard, prise de vertiges, elle s’effondre.
Son père rentre ensuite de sa boutique et, ignorant encore totalement ce qui vient de se passer, tente de lui venir en aide. Il lui achète notamment une boîte de lait avant de la conduire en urgence à l’hôpital Roi Baudouin de Guédiawaye.
C’est à l’hôpital que les premières suspicions apparaissent.
Une soignante comprend que l’adolescente vient d’accoucher. Le lendemain, l’information finit par parvenir au père.
Celui-ci retourne précipitamment au domicile familial.
Sous le lit de sa fille, il découvre le corps sans vie de son petit-fils, soigneusement enveloppé.
L’autopsie devient alors déterminante.
Le certificat médical indique que la docimasie pulmonaire est positive. En d’autres termes, les examens montrent que le bébé avait bien respiré après sa naissance.
Mais une importante zone d’incertitude subsiste : le médecin légiste dit ne pas pouvoir établir scientifiquement la cause exacte du décès.
Aucune trace de violence, de strangulation ou de coups n’est relevée.
Malgré cette absence de cause médicale formellement identifiée, le ministère public estime que l’ensemble des circonstances témoigne d’une volonté de dissimulation et d’une intention criminelle.
Le parquet soutient que l’adolescente a tout fait pour garder sa grossesse et son accouchement secrets et considère qu’elle ne voulait pas que l’existence de l’enfant soit connue.
Sur cette base, le procureur a requis la peine maximale : la réclusion criminelle à perpétuité.
Une analyse fermement combattue par la défense.
Me Ndèye Fatou Sarr et ses confrères dénoncent un dossier reposant, selon eux, davantage sur des conjectures que sur des éléments scientifiques permettant d’établir un homicide volontaire.
Les avocats rappellent qu’être enceinte n’est pas une infraction et qu’accoucher seule ne constitue pas davantage un crime.
Selon eux, le fait d’avoir enveloppé le nouveau-né dans un tissu peut parfaitement correspondre à un geste instinctif de protection contre le froid et ne prouve pas qu’elle ait cherché à l’étouffer.
Ils insistent également sur l’âge de leur cliente, une adolescente de 17 ans terrifiée et livrée à elle-même au moment de l’accouchement.
Aucune trace de strangulation ou d’asphyxie n’ayant été scientifiquement établie, la défense estime que rien ne permet de démontrer qu’A. Diagne a volontairement donné la mort à son enfant.
Les avocats avancent par ailleurs qu’elle s’est évanouie après l’accouchement, ce qui aurait pu la rendre incapable de porter secours au nouveau-né.
« On ne condamne pas à la perpétuité sur des hypothèses », soutient en substance la défense, qui demande l’acquittement pur et simple ou, à défaut, le bénéfice du doute.
La Chambre criminelle a mis l’affaire en délibéré. Son verdict est attendu le 1er septembre.
Selon L’Observateur, l’adolescente de 17 ans, alors élève en classe de Seconde, n’avait effectué aucune consultation prénatale ni bénéficié d’un suivi médical.
Son objectif, selon les éléments exposés à l’audience, était de cacher sa grossesse à sa famille et de terminer son année scolaire sans que son entourage ne découvre son état.
Le 29 juin 2024, la situation bascule.
Ses parents sont absents du domicile familial situé au quartier Marché Sam de Guédiawaye. Seul son petit frère de huit ans se trouve dans le salon lorsque les premières douleurs de l’accouchement apparaissent.
Livrée à elle-même et paniquée, la jeune fille donne naissance à un garçon à terme.
Le nouveau-né, décrit comme parfaitement formé, mesure 52 centimètres et pèse entre 2,4 et 2,7 kilogrammes.
À l’audience, A. Diagne raconte avoir été saisie d’effroi. Elle affirme qu’au moment où les contractions ont commencé, elle ne sentait plus le bébé bouger.
Elle explique ensuite qu’« une chose » serait tombée et qu’elle aurait tiré sur le cordon ombilical avant de le sectionner avec ce qu’elle avait sous la main.
Une importante hémorragie survient.
Dans la confusion, elle enveloppe l’enfant dans un morceau de tissu et le glisse sous son lit.
Quelques secondes plus tard, prise de vertiges, elle s’effondre.
Son père rentre ensuite de sa boutique et, ignorant encore totalement ce qui vient de se passer, tente de lui venir en aide. Il lui achète notamment une boîte de lait avant de la conduire en urgence à l’hôpital Roi Baudouin de Guédiawaye.
C’est à l’hôpital que les premières suspicions apparaissent.
Une soignante comprend que l’adolescente vient d’accoucher. Le lendemain, l’information finit par parvenir au père.
Celui-ci retourne précipitamment au domicile familial.
Sous le lit de sa fille, il découvre le corps sans vie de son petit-fils, soigneusement enveloppé.
L’autopsie devient alors déterminante.
Le certificat médical indique que la docimasie pulmonaire est positive. En d’autres termes, les examens montrent que le bébé avait bien respiré après sa naissance.
Mais une importante zone d’incertitude subsiste : le médecin légiste dit ne pas pouvoir établir scientifiquement la cause exacte du décès.
Aucune trace de violence, de strangulation ou de coups n’est relevée.
Malgré cette absence de cause médicale formellement identifiée, le ministère public estime que l’ensemble des circonstances témoigne d’une volonté de dissimulation et d’une intention criminelle.
Le parquet soutient que l’adolescente a tout fait pour garder sa grossesse et son accouchement secrets et considère qu’elle ne voulait pas que l’existence de l’enfant soit connue.
Sur cette base, le procureur a requis la peine maximale : la réclusion criminelle à perpétuité.
Une analyse fermement combattue par la défense.
Me Ndèye Fatou Sarr et ses confrères dénoncent un dossier reposant, selon eux, davantage sur des conjectures que sur des éléments scientifiques permettant d’établir un homicide volontaire.
Les avocats rappellent qu’être enceinte n’est pas une infraction et qu’accoucher seule ne constitue pas davantage un crime.
Selon eux, le fait d’avoir enveloppé le nouveau-né dans un tissu peut parfaitement correspondre à un geste instinctif de protection contre le froid et ne prouve pas qu’elle ait cherché à l’étouffer.
Ils insistent également sur l’âge de leur cliente, une adolescente de 17 ans terrifiée et livrée à elle-même au moment de l’accouchement.
Aucune trace de strangulation ou d’asphyxie n’ayant été scientifiquement établie, la défense estime que rien ne permet de démontrer qu’A. Diagne a volontairement donné la mort à son enfant.
Les avocats avancent par ailleurs qu’elle s’est évanouie après l’accouchement, ce qui aurait pu la rendre incapable de porter secours au nouveau-né.
« On ne condamne pas à la perpétuité sur des hypothèses », soutient en substance la défense, qui demande l’acquittement pur et simple ou, à défaut, le bénéfice du doute.
La Chambre criminelle a mis l’affaire en délibéré. Son verdict est attendu le 1er septembre.
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