BANGUI - Le nouvel homme fort de la Centrafrique, Michel Djotodia, a ordonné la création samedi d'un Conseil supérieur de transition, censé notamment désigner un nouveau président qui aura un mandat de 18 mois.Il est créé un organe constituant et législatif dénommé Conseil supérieur de transition (CST), selon les termes de l'ordonnance signée par Michel Djotodia.Le CST, selon le document, a pour mission d'élire le président de la République pour un mandat de 18 mois, rédiger un avant-projet de Constitution à soumettre au peuple par voie de référendum, et assumer les prérogatives législatives ordinairement dévolues à un organe législatif.Au total, le Conseil sera composé de 97 membres, dont 20 qui représenteront les partis politiques avec notamment neuf sièges pour l'ex-opposition démocratique, six pour l'ex-majorité présidentielle et cinq pour d'autres partis.Dix sièges reviennent à la coalition rebelle Séléka au pouvoir, les autres étant occupés entre autres par des représentants de la société civile, des confessions religieuses, des syndicats ou encore de la magistrature.Michel Djotodia a approuvé jeudi la mise en place d'un processus de transition démocratique comme l'ont demandé les chefs d'Etat d'Afrique centrale réunis en sommet à N'Djamena mercredi.Le Séléka a renversé le 24 mars le président centrafricain François Bozizé, au pouvoir depuis dix ans. Puis, le 30 mars, M. Djotodia s'était autoproclamé président en annonçant qu'il remettrait le pouvoir en 2016, au terme d'une transition de trois ans.Mais le président du Tchad, très influent en ce qui concerne la Centrafrique, a conclu mercredi qu'en l'état actuel des choses, il est impossible de reconnaître un président autoproclamé.Cependant, ces nouvelles dispositions pourraient permettre à M. Djotodia de rester au centre du jeu s'il devenait le président désigné, des élections n'étant prévues qu'en 2015.On peut penser que ce sera M. Djotodia qui accédera à la présidence, a estimé l'ambassadeur de l'Union européenne à Bangui, Guy Samzun, interrogé par l'AFP. Celui-ci n'est pas du tout rejeté du processus, au contraire.Pour un ancien proche du régime Bozizé ayant requis l'anonymat, le Séléka a gagné et on ne peut pas le faire disparaître comme ça.
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