L'AFD n'a pas la majorité absolue. Ulrich Siegmund, son chef de file en Saxe-Anhalt, avait dit qu'il ne gouvernerait que s'il avait une majorité de sièges, précisant : « Si je dispose de plusieurs sièges de plus que cette majorité absolue en sièges. »
C’est paradoxalement un petit parti d’extrême gauche qui pourrait aider l’extrême droite à arriver au pouvoir en Saxe-Anhalt. Crédité de 5% des voix, le BSW, un parti populiste de gauche, pro-Poutine et opposé à l’immigration, partisan du gaz russe bon marché, présente un certain nombre de points communs idéologiques avec l’AfD, rapporte notre correspondante à Berlin, Nathalie Versieux.
Le BSW, seul parti à rejeter le principe du « mur pare-feu »
« Nous avons dès le début dit que nous nous réservions le droit de décider au cas par cas avec qui nous pourrions réaliser tel ou tel projet spécifique. Et il y a bien sûr des projets que nous pourrions tout à fait réaliser avec l’AfD, a affirmé Claudia Wittig, la candidate du parti en Saxe-Anhalt, dimanche soir à la télévision publique. Par exemple, la thématique du prix de l’énergie. C’est un énorme problème en Saxe-Anhalt. Pour nous aussi, c’est un projet très important. Là, on pourrait réaliser quelque chose avec l’AfD. »
BSW est le seul parti allemand à rejeter le principe du « mur pare-feu autour de l’extrême droite », un concept qui interdit depuis 2010 aux partis allemands tout rapprochement avec l’AfD. La formation d’une majorité entre ces deux extrêmes, si elle voyait le jour, serait une première en Allemagne.
Fondée en 2013 comme parti eurosceptique, l'Alternative pour l'Allemagne s'est muée en parti anti-migrants libéral, en particulier dans l'Est appauvri. Comme le reste de la classe politique, la CDU exclut toute alliance avec l'AfD. Mais Ulrich Siegmund et la cheffe de l'AfD à l'échelle nationale, Alice Weidel, ont évoqué dimanche soir leur « main tendue ».
Autre hypothèse, que l'AfD ne prenne pas de fonction exécutive
« Finir en beauté avec un score historique sans avoir à exercer les fonctions exécutives, c'est peut-être une stratégie qui pourrait payer », pointe Paul Maurice, secrétaire général du comité d'études des relations franco-allemandes à l'Institut français des relations internationales (Ifri) et invité de la matinale de RFI. « L'AFD le reconnaît parfois, elle n'a pas le personnel pour gérer une région, notamment lorsqu'il faut gérer tous les ministères. Son programme est soit irréaliste, soit non finançable. Des désillusions peut-être sont préprogrammées auprès des électeurs et peut-être que, pour la direction fédérale nationale du parti, il vaut mieux avoir ce superbe score sans exercer le pouvoir pour pouvoir rebondir, faire fructifier ce succès avant les élections générales en Allemagne de 2029. »
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