Le monde d’après, féroce ou douillet ? (Par Oumou Wane)


Le monde d’après, féroce ou douillet ? (Par Oumou Wane)
Tout au contraire de l’OMS, de Trump, de Bolsonaro et autres fléaux, qui transcendent tristement l’actualité mondiale ces derniers mois, c’est aux infirmières, aides-soignantes, assistantes maternelles, ménagères, vendeuses de rue, caissières que je veux rendre hommage. Je veux rendre hommage à toutes les femmes.
 
Women Lives Matter ! Oui, la crise du Covid-19 a mis en lumière l'importance des femmes, particulièrement exposées en première ligne pour contribuer à la lutte contre la propagation du virus. 

Or, le monde d’après sera t’il encore pire et plus violent pour elles que celui d’avant ? Les contradictions de l’OMS, les coups de sang de Trump, les violences policières à répétition, le racisme systémique au sein des institutions américaines, la maltraitance par Bolsonaro de sa forêt et de ses peuples… Est-ce plus important finalement, que la recrudescence des violences conjugales et familiales liée au confinement et aux dégâts collatéraux du coronavirus ?
Faire plus et faire mieux pour tout le monde, mais en particulier pour la planète, pour les femmes et pour les jeunes, pour qui, en arrière-plan de ces tensions se profile une vaste crise de l'emploi, voilà ce que nous attendons aujourd’hui de la politique.

Et non ce théâtre de Guignols avec aux manettes Trump ou l’OMS qui partent en roue libre en nous entrainant au fond du trou.

Car nous le savons désormais, la volte-face de l’OMS qui reconnaît avoir arrêté trop vite les tests sur l'hydroxychloroquine et le rétropédalage du « Lancet », un journal scientifique de référence qui voit sa réputation entachée, tout cet imbroglio scientifique en pleine crise sanitaire doit beaucoup aux étranges affaires des laboratoires pharmaceutiques et de Surgisphère, une petite entreprise récemment créée dans l’Illinois.

Est-ce que ce monde est sérieux ? Des données fournies pour l'article du Lancet probablement fabriquées de toutes pièces et son rédacteur en chef lui même qui affirme : « les grandes compagnies pharmaceutiques falsifient ou truquent les tests sur la santé, la sécurité et l’efficacité de leurs divers médicaments, en prenant des échantillons trop petits pour être statistiquement significatifs, ou bien, pour les essais, embauchent des laboratoires ou des scientifiques ayant des conflits d’intérêt flagrants, ils doivent plaire à la compagnie pharmaceutique pour obtenir d’autres subventions ».
 
Est-ce que ce monde est juste ? Sur un tout autre registre, depuis la mort de l'Afro-Américain George Floyd asphyxié par un officier de police blanc à Minneapolis le 25 mai, des manifestations dans le monde entier réclament la justice pendant que Trump, bible en main, jette de l’huile sur le feu et ne trouve rien d’autre à faire que de défier et d’enrager les manifestants.
 
C’est la vidéo de trop ! Quelle image obscène que ce policier blanc,
le genou sur la gorge de ce citoyen noir américain, la main dans la poche en train de tuer quelqu’un. J’en tremble.
 
Est-ce que ce monde est humain ? Le Covid-19 nous a remis à notre juste place et nous devons accepter cette leçon d’humilité. Mais tout ceci n’arrive pas par hasard. Après les mouvements #Metoo ou « Balance ton porc », c’est maintenant « Black Lives Matter », parce que les femmes ne pouvaient pas aller porter plainte dans les commissariats et qu’aujourd’hui être noir aux Etats-Unis et aussi ailleurs, ne nous le cachons pas, c’est encourir un risque pour sa vie. Comme si le racisme n’était pas démodé ! Le racisme c’est le dernier refuge de gens sans idée, sans idéologie, sans scrupule, ne trouvant rien d’autre à faire que de nier ce que Dieu a créé dans sa plus grande diversité.
 
De toute façon ceci n’est pas un combat entre les noirs et les blancs, entre les hommes et les femmes, ni entre les riches et les pauvres, pas d’amalgame dangereux ni contagion dans l’opinion, ceci est une question de justice pour tous. Le sujet ce sont les actes et la politique ce sont des mots. C’est de notre responsabilité collective que de veiller à ce que ce monde plus dur ne le soit pas que pour les petits ou les faibles qui vont payer les coûts de cette crise. Tel est notre chantier nous autres Africains et c’est un vaste programme.
 
N’en déplaise à Donald qui proférait « Haïti, le Salvador ou les pays africains, tous des shithole countries, provoquant une vague de colère contre ces propos offensants. Notre continent a fait mieux que vous Monsieur Trump et nos Etats ont su combattre le coronavirus et sauver nos peuples pendant que vous faisiez dans le dilatoire.
 
Et en attendant que ce capitalisme féroce répare les fondations de ses systèmes cassés, je me rassure dans mes rêves douillets, en me disant que les mamans continuent de faire l’école à leurs enfants, les courses, à travailler et à s’occuper de tout. Ainsi va le monde Monsieur Trump et bons baisers de l’Afrique et du Sénégal en particulier.
 
Oumou Wane
Présidente Africa7
Vendredi 5 Juin 2020
Dakar actu



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