En Guinée-Bissau, « les conditions ne sont pas réunies pour tenir les élections le 6 décembre prochain » : c’est ce qu’ont déclaré à la presse la première vice-présidente de la Commission électorale nationale, Felisberta Moura Vaz, et le Premier ministre de transition, Ilídio Vieira Té, après avoir rencontré le chef de la junte au pouvoir, le général Horta N’Tam.
Interrogé sur la question d’un éventuel report de la présidentielle et des législatives du 6 décembre, la vice-présidente de la Commission électorale a botté en touche. « Il revient au président de transition, le général Horta N’Tam, d’annoncer un report », a dit Felisberta Moura Vez.
Mais, de facto, c’est bien la direction qui est prise. Car la commission électorale et le Premier ministre de transition ont tous deux été formels : techniquement, il n’est pas possible d’organiser ces deux scrutins le 6 décembre. Aucune candidature n’a été déposée et les partis ne se sont pas organisés, a notamment expliqué le Premier ministre de transition.
Une période d'incertitude
La Guinée-Bissau traverse une période d’incertitude depuis que la junte au pouvoir a interdit à l’ex-président Umaro Sissoco Embalo de rentrer au pays dimanche dernier, affirmant que les conditions sécuritaires n’étaient pas réunies.
C’est une forme de recomposition politique qui est en cours, avec au centre l'armée qui reprend les manettes.
Le président de transition, le général Horta N’Tam, a d’abord désarmé la semaine précédente les membres de la garde présidentielle qui ne sont autre que les membres de la sécurité rapprochée de l’ex-président Embalo.
Mercredi, il a appelé tous ceux qui ont encore des armes à les rendre. Il a également limogé le ministre de l’Intérieur et celui de la Pêche pour les remplacer par des personnalités réputées proches du chef d’état major, le général Tomas Djassi, plutôt que de l’ex-président Embalo.
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