Conseil départemental de Thiès : soupçons de malversations financières et foncières

Idrissa Seck et son entourage devraient vraiment avoir d’autres chats à fouetter, comme balayer devant leur porte d’abord, au sein du Conseil départemental de Thiès.


Un Collectif de Conseillers pour l'Ethique et la Transparence a décidé de convoquer les dispositions de l’article 45 du CGCL pour la tenue d’une session extraordinaire à l’effet de délibérer sur une Motion de blâme contre tous les membres du Bureau ; une démission du Président du Conseil et des membres du Bureau conformément aux dispositions de l’article 34 du CGCL ; une saisine des autorités judiciaires pour l’application de poursuites contre le président du Conseil et les membres du Bureau.
Face à la presse hier, son coordonnateur Abdoulaye Sow s’est expliqué sur le fond du dossier : « Le samedi février 2018, en fin de matinée, j’ai été saisi d’une opération de terrassement et de lotissement du Domaine Public Maritime (DPM), à hauteur du village de Ndiokhop Guedji, dans la commune de Cayar. Aussitôt, j’ai alerté toutes les autorités administratives ainsi que plusieurs présidents de commissions du Conseil sur ce fait inédit.
Selon des informations recueillies, monsieur Pape Moussé DIOP, 1er Secrétaire Elu du Conseil, nommé Président d’une « Commission adhoc chargée des affaires du DPM » par monsieur Yankhoba DIATTARA, 1er Vice-Président du Conseil, délégataire lui-même de signature de monsieur Idrissa SECK, Président du Conseil, est le commanditaire des travaux. »
Et d’ajouter : « Il a procédé, contre avis de tous les services techniques et sans aucune autorisation délibérée des conseils du Département et de la Commune de Cayar, à des levées topographiques, des poses de bornes, un lotissement de terrains de 20/20 m et un terrassement des dunes protectrices de l’avancée de la mer en faisant fi du code de l’environnement sur cette zone dite sensible, mettant ainsi en péril toute la grande côte. Ce n’est pas la première fois que les personnes sus-citées violent les lois de la République depuis leur installation à la tête du Conseil départemental. »
« En 2015 déjà, dit-il, je dénonçais ici, avec forces détails l’ensemble des violations de la loi dont elles en étaient les auteurs. Aujourd’hui les voilà récidiver. Au delà de ces violations règlementaires, on a constaté, à travers les comptes administratifs du Conseil pour les années 2014, 2015 et 2016, dans les dépenses d’investissement dont les cumuls sur ces trois années fait 128 253 325 FCFA, qu’aucun don n’y figure.
Et pourtant, en 2014, la région de Midi-Pyrénées a accordé une subvention de 10 000€ au Conseil départemental qui l’a remise au centre de guidance des enfants en difficulté de Serigne Mor MBAYE Psychologue, conseiller et ami du Président Idrissa SECK. La région de TOSCAN a participé à l’équipement de l’hôpital régional à hauteur 100 000 000 FCFA. La coopération allemande a contribué dans le cadre de l’éducation à hauteur de 200 000 000 FCFA pour la construction du CEM inclusif de FAHU. Les allemands ont également subventionné pour 200 000 € le projet du Conseil départemental pour la sauvegarde de l’éco système dans le massif du plateau de Thiès. »
Et de terminer : « Pourquoi toutes ces recettes et dépenses ne figurent sur aucun compte administratif ? Pourquoi, le comptable public, conformément aux dispositions de l’article 210 du Code Général des Collectivités Locales n’a pas exécuté ces recettes et dépenses ? En gérant directement ces dons, qui n’ont jamais fait l’objet d’acceptation du Conseil, le Président du Conseil et les membres du bureau s’exposent à l’application des dispositions de l’article 212 du CGCL. » C’est au regard de ces « faits manifestement graves », que le coordonnateur du Collectif, en parfait accord avec d’autres collègues, a décidé de porter l’affaire devant toute instance habilitée à la trancher. »


Avec Liberation 

 
Mercredi 28 Février 2018
Avec Libération




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