CHANTIERS NAVALS DE DAKAR — Le grand retrait de Lisnave : entre désistement stratégique et promesse de fidélité

Paru dans Libération, cet article revient sur la décision inattendue du groupe portugais Lisnave de ne pas soumissionner pour la reprise des Chantiers navals de Dakar, tout en réaffirmant son attachement à la durabilité du secteur et aux travailleurs sénégalais.


C’est un revirement aussi surprenant que révélateur. Alors qu’il était pressenti parmi les favoris pour la reprise des Chantiers navals de Dakar, le groupe Lisnave a finalement choisi de ne pas présenter d’offre dans le cadre de l’appel d’offres lancé par l’État sénégalais. Une décision qui a suscité étonnement et interrogations au sein du secteur maritime, tant le géant portugais est historiquement lié à l’industrie navale du Sénégal.
 
Selon des informations rapportées par le quotidien Libération, Lisnave a justifié cette décision par une analyse approfondie du cahier des charges. Dans une note adressée à ses employés, la direction a expliqué avoir « préféré s’abstenir de déposer une offre » tout en soulignant avoir communiqué avec les autorités pour exposer les raisons de ce choix et proposer un dialogue constructif pour l’avenir.
 
« Lisnave réaffirme sa disponibilité à définir un cadre plus équilibré, garantissant la durabilité des activités et la valorisation du savoir-faire national », précise le groupe dans sa note, citée par Libération.
 
Mais au-delà du retrait, Lisnave a tenu à rassurer ses travailleurs et partenaires. Le groupe s’est engagé à la préservation des emplois, à la sauvegarde des acquis sociaux et à la continuité des activités de réparation navale au Sénégal. Une manière d’affirmer que, même sans appel d’offres, il n’est pas question d’abandonner Dakar.
 
 
Un fleuron industriel enraciné au Sénégal
 
Présent au Sénégal depuis 1999, Lisnave — à travers sa filiale Dakarnave — a profondément marqué le paysage industriel ouest-africain. À une époque où les anciens chantiers Dakarmarine et Sodemhe étaient laissés à l’abandon, le groupe portugais avait relevé le défi de la relance.
 
Vingt-six ans plus tard, le pari est largement gagné : les Chantiers navals de Dakar sont devenus une référence régionale en matière de réparation navale, attirant des clients de toute l’Afrique de l’Ouest.
 
Ce succès, rappelle Libération, repose sur deux piliers essentiels : des investissements massifs et une coopération étroite entre les équipes portugaises et sénégalaises. Lisnave a non seulement modernisé les infrastructures, mais aussi formé une main-d’œuvre locale hautement qualifiée, symbole de transfert de compétences réussi.
 
 
Un acteur mondial de la réparation navale
 
Fondé en 1937 au Portugal, Lisnave s’est imposé comme un pionnier mondial dans la réparation de navires de haute mer. Son complexe industriel de Setúbal figure parmi les plus grands au monde, capable d’accueillir des superpétroliers venus des quatre coins du globe. Plus de 8 000 navires ont déjà été réparés dans ses docks, consolidant une réputation internationale d’excellence.
 
En exportant cette expertise à Dakar, Lisnave a ouvert une nouvelle ère pour la réparation navale africaine. Aujourd’hui encore, malgré la montée en puissance de concurrents régionaux, Dakarnave demeure une référence grâce à la rigueur, la qualité et le savoir-faire portugais intégrés au dynamisme sénégalais.
Lundi 10 Novembre 2025
Dakaractu




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