La colère monte chez les populations de Keur Samba, Malicounda S, Saly Aérodrome et Saly Médine. Confrontés depuis plusieurs années aux difficultés liées à l’état impraticable d’un tronçon qui dessert plusieurs quartiers, les habitants ont décidé de se mobiliser pour réclamer son bitumage.
Au micro de Dakaractu Mbour, Mamadou Niang, porte-parole des populations, dénonce un véritable calvaire, particulièrement accentué par l’hivernage.
«« C’est un véritable calvaire que les populations éprouvent en empruntant ce tronçon, surtout en cette période d’hivernage. C’est le sauve-qui-peut », déplore-t-il.»
Selon lui, les chauffeurs sont confrontés à des pannes à répétition tandis que les usagers rencontrent d’énormes difficultés pour se déplacer. Certains seraient même contraints de payer jusqu’à trois fois plus cher leurs déplacements.
Mais derrière cette revendication routière se cache, selon les populations, un problème beaucoup plus large : l’enclavement et le sentiment d’abandon de plusieurs quartiers.
« Les autorités nous ont oubliées » : le cri des femmes
Au nom des femmes, Ndeye Coura Ndiaye dénonce, elle aussi, ce qu’elle considère comme un abandon des populations par les autorités locales et étatiques.
Selon elle, les habitants souffrent d’un manque criant d’infrastructures et de services essentiels.
«« Nous avons l’impression que le maire et même les autorités nous ont oubliés », déplore-t-elle.»
Elle cite notamment l’absence de marché, de bureau de vote et de structure de santé dans la zone.
Pour les femmes, cette situation rend le quotidien particulièrement difficile. Les problèmes d’accès compliqueraient notamment la prise en charge des femmes enceintes et des urgences médicales.
Ndeye Coura Ndiaye affirme même que certaines femmes auraient été confrontées à des situations allant jusqu’à l’avortement en raison, selon son témoignage, des difficultés d’accès aux soins et aux structures sanitaires.
Une déclaration qui traduit surtout, selon les habitantes, l’urgence d’améliorer l’accessibilité et l’offre sanitaire dans ces quartiers enclavés.
Un problème qui dépasse le simple bitumage
Pour les populations, le bitumage de ce tronçon ne constitue donc pas uniquement une question de confort ou de mobilité.
Il s’agit également d’un enjeu de désenclavement, de santé, de sécurité et de développement local.
Selon les habitants, l’absence de route praticable contribue à décourager l’installation de commerces et de services de proximité.
« S’il y avait ce bitume, peut-être que le cadre de vie aurait changé. Des infrastructures sociales de base auraient pu être installées ici », soutient Mamadou Niang.
Des démarches restées sans solution concrète
La mobilisation actuelle intervient après plusieurs démarches auprès des autorités.
Le collectif de Saly Aérodrome avait notamment adressé un mémorandum au maire. Selon Mamadou Niang, il lui avait été répondu que le bitumage du tronçon ne relevait pas directement de la compétence municipale.
Face à cette réponse, les populations ont décidé de ne plus rester les bras croisés.
« Nous nous sommes dit qu’on ne va pas rester les bras croisés, puisque c’est notre cité. Nous voulons que cela change », explique le porte-parole.
« C’est le début d’un plan d’action »
La mobilisation actuelle ne serait que la première étape d’une démarche plus large.
« Ces populations ont décidé de se rencontrer, debout comme un seul homme, véritablement pour que ce tronçon soit bitumé », affirme Mamadou Niang.
Le collectif prévient d’ailleurs qu’il pourrait passer à d’autres formes d’action si aucune réponse concrète n’est apportée dans les prochaines semaines ou les prochains mois.
« C’est le début d’un plan d’action », annonce-t-il.
Un appel au président de la République et au gouvernement
Les populations interpellent directement les autorités locales, mais également le ministre des Infrastructures, le Premier ministre et le président de la République Bassirou Diomaye Faye.
Leur demande est claire : que ce tronçon soit enfin pris en charge afin de mettre fin à l’enclavement de plusieurs quartiers.
« Nous sommes des Sénégalais, nous voulons un cadre de vie beaucoup meilleur. Et ce cadre de vie meilleur passe inéluctablement par le bitumage de ce tronçon », plaide Mamadou Niang.
« Trop, c’est trop ! »
Entre les difficultés de déplacement, les pannes de véhicules, le coût élevé du transport et le manque d’infrastructures sociales, les populations disent avoir suffisamment patienté.
Pour Mamadou Niang et Ndeye Coura Ndiaye, le message est désormais sans ambiguïté : les habitants de Keur Samba, Malicounda S, Saly Aérodrome et Saly Médine veulent être entendus et surtout voir des actes concrets.
« Trop, c’est trop ! »
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