« Je ne voterai pas cette proposition de loi qui vise à régler des comptes politiques » : Abdou Karim Sall refuse de voter la proposition de loi et dénonce un « règlement de comptes politiques »

Le député-maire de Mbao, Abdou Karim Sall, a affiché son opposition catégorique à la proposition de loi soumise aux parlementaires. Depuis la tribune de l’Assemblée nationale, l’ancien ministre a estimé que le texte poursuivait un objectif politique et accusé l’institution parlementaire d’être utilisée à des fins de « règlement de comptes politiques ». Il a également profité de son intervention pour décocher une pique sur la récente hausse du prix du carburant, qu’il présente comme l’une des « bombes » laissées à la Primature et qui aurait désormais « explosé ».


Abdou Karim Sall ne votera pas la proposition de loi examinée par l’Assemblée nationale. Le député-maire de Mbao l’a annoncé sans détour au cours de son intervention dans l’hémicycle, en mettant directement en cause les motivations politiques qu’il prête au texte.
 
S’adressant au Garde des Sceaux ainsi qu’au ministre chargé des Relations avec les Institutions, Abdou Karim Sall a clairement posé sa position : « Monsieur le ministre, je ne voterai pas cette proposition de loi, pour la simple et bonne raison que c’est une proposition de loi qui vise à régler des comptes politiques. »
 
Pour le parlementaire, l’Assemblée nationale ne devrait pas servir de cadre à des confrontations politiques de cette nature. Il déplore ainsi ce qu’il considère comme une instrumentalisation de l’institution parlementaire.
 
« Je pense que c’est dommage que l’Assemblée soit utilisée à des fins de règlement de comptes politiques », a-t-il martelé.
 
Une déclaration qui résume l’essentiel de son opposition au texte : au-delà de son contenu, Abdou Karim Sall remet en cause la finalité même de la proposition de loi, qu’il considère comme inspirée davantage par des considérations politiques que par une nécessité institutionnelle.
 
Avant d'aborder le fond du texte soumis aux députés, le député-maire de Mbao a commencé son intervention sur un ton particulièrement ironique. Pensant, selon ses propos, que l’ancien Premier ministre serait présent pour présider les travaux, il a indiqué avoir un message qu’il souhaitait lui transmettre.
 
Abdou Karim Sall a notamment évoqué : l’augmentation du prix du carburant.
 
« Les bombes qu’il avait laissées à la Primature, il y en a une qui a explosé samedi : c’est l’augmentation du carburant », a-t-il déclaré en substance.
 
Une métaphore politique utilisée par le parlementaire pour attaquer la gestion de l’ancien chef du Gouvernement ousmane sonko et mettre en avant les conséquences de cette hausse sur les Sénégalais.
 
Abdou Karim Sall estime notamment que cette mesure a provoqué de nombreux dégâts et affecté directement les acteurs du transport ainsi que les automobilistes. Dans son intervention en wolof, il a insisté sur les difficultés que cette situation pourrait entraîner pour les transporteurs et les usagers des véhicules.
 
Cette séquence sur le carburant a ainsi servi d’entrée en matière avant que le député-maire de Mbao ne concentre son intervention sur la proposition de loi en discussion.
 
Face aux représentants du Gouvernement, Abdou Karim Sall n’a laissé planer aucune ambiguïté quant au sens de son vote. Pour lui, le texte porte les marques d’une confrontation politique et ne mérite donc pas son soutien.
 
Le parlementaire a également souhaité transmettre un message au président de la République. S’adressant au ministre présent dans l’hémicycle, il lui a demandé de porter ses propos au chef de l’État.
 
Dans cette dernière partie de son intervention, largement prononcée en wolof, Abdou Karim Sall a appelé à œuvrer dans le sens de l’apaisement et à sortir le pays de ce qu’il présente comme une situation difficile. Une exhortation faite sur un ton à la fois politique et religieux, avec notamment la formule « lillahi wa rasoulihi ».
 
L’intervention du député-maire de Mbao aura ainsi été marquée par deux attaques principales : d’une part, une critique de la hausse du prix du carburant et de ses conséquences sur les transporteurs et automobilistes ; d’autre part, une opposition frontale à la proposition de loi examinée par les députés, qu’il assimile à une tentative de « règlement de comptes politiques ».
 
En refusant publiquement d’accorder sa voix au texte, Abdou Karim Sall entend ainsi se démarquer d’une démarche qu’il juge contraire au rôle que devrait jouer l’Assemblée nationale. Pour le député-maire de Mbao, l’institution parlementaire ne doit pas devenir le théâtre de batailles visant, selon ses propres termes, à « régler des comptes politiques ».
Lundi 17 Août 2026
Dakaractu



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