Renouvellement d’allégeance des « provinces » ouest-africaines de l’État islamique au nouveau « Calife » : l’affirmation d’une présence qui doit inquiéter.


Jeudi dernier, l’État Islamique a confirmé la mort de son « calife » Abu Ibrahim al Hachimi al Qurayshsi et a procédé à son remplacement par un un autre Irakien, Abu al Hassan al Haschimi al Qurayshi.

Ce nouveau chef qui serait le frère aîné d'Abu Bakr al Baghdadi et dont l’intronisation a accusé du retard n’aura cependant rencontré aucune opposition car toutes les 
« provinces » lui ont renouvelé leur allégeance. Et ce, dès le lendemain de l’annonce par le nouveau porte-parole de l'EI, Abu Omar al Muhajir de sa nomination comme « nouveau commandeur des croyants ».

Dans ce concert d’acceptation très médiatisé par l'organisation elle-même, les « provinces » africaines n’ont pas été en reste. La « province de l’État Islamique en Afrique de l’Ouest » (PEIAO) a donné le ton 24 heures après suivi par sa branche sahélienne. Il est important de noter que la PEIAO a profité du renouvellement de son allégeance au nouveau « calife » pour affirmer sa présence dans au moins trois zones dans le nord-est du Nigeria. 

Selon les images diffusées par les organes de propagandes de l’État Islamique, les djihadistes évoluant au sein de la branche nigériane de la PEIAO ont été pris dans le Bassin du Lac Tchad, à Sambisa et à Banki. Il est connu que depuis leur différend avec Shekau, la faction de Boko Haram reconnue par l’État Islamique s’est installée dans cette région où se rencontrent le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et le Niger. 

Mais depuis mai 2021, la PEIAO a fait une incursion dans la forêt de Sambisa, jusque-là tenue par Abubakar Shekau. Une opération « bénie » par le commandement central de l’EI s’est soldée par la mort du successeur de Mohamed Yusuf à la tête de Boko Haram. Ses partisans ont été obligés de rejoindre le camp rival. Depuis, malgré les tentatives de l’armée nigériane de reprendre cet ancien bastion de Shekau, l’État Islamique semble vouloir montrer à travers les images de ses combattants toute l’importance qu’il accorde à cette forêt de plus de 60 000 km 2. 

Dans le Sahel, l’État Islamique au Grand Sahara  (EIGS) est sorti du bois au moment où le lien de communication avec la maison mère était donné pour « rompu ». À travers cette sortie à la faveur de la campagne de renouvellement d’allégeance, la branche sahélienne de la PEIAO prouve le contraire. Elle le fait surtout dans la foulée d’une semaine particulièrement violente dans l’est malien où elle s’est livrée à un massacre sur les populations civiles.

Aphone sur le successeur d’Adnan Abu Walid al Sahraoui qui serait déjà choisi en la personne d'Abu al Bara al Sahraoui, la BS-PEIAO, affaiblie l’année dernière par des opérations de Barkhane ciblant ses principaux dirigeants, cherche visiblement à rebondir. Une nouvelle source d’inquiétude pour les autorités des pays sahéliens confrontés ces dernières années au terrorisme islamiste. 

Lundi 14 Mars 2022
Dakaractu



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