Circulation routière à Dakar : Pourquoi « Thiak Thiak » et taximen n'arrivent pas à s'entendre.

Sur la route à Dakar, les altercations entre taximen et livreurs à scooter se multiplient. Plusieurs raisons expliquent pourquoi les Thiak Thiak et les conducteurs de véhicule de transport n'arrivent pas à s'entendre. Décryptage de ce qui exacerbe ces conflits…


« Alors que je circulais à moto sous le pont Hann, j’ai été contraint de poser le pied à terre, à cause d'un taxi obstruant la voie et le faisant exprès. Après, j’ai été agressé par son conducteur. » Cheikh Ndiaye est un livreur en colère contre les taximen.

L’amertume est au bout des lèvres. Et, le témoignage pourrait être anecdotique, s'il ne s'inscrivait pas dans un contexte global de multiplication des violences envers les coursiers communément appelés  « Thiak Thiak. »

Si le ton monte particulièrement vite sur la route, c'est aussi parce qu'elle est inhéremment source d'anxiété. Il est souvent reproché aux conducteurs de taxis leur « mauvaise conduite » et ce, du fait de leur « impatience », qui les empêchent d'être zen sur la route.

En effet, un manque de patience, faudrait-il le rappeler, augmente leur niveau d'anxiété et les rend plus colériques. C’est ce qui fait qu'aujourd'hui la mobilité motocycliste est trop dangereuse à Dakar, constatent beaucoup de conducteurs de deux-roues. « Entre Thiak Thiak et taximan, il y a un manque de partage de l'espace », estiment-ils.

L’arrivée en force des livreurs à scooter, ces dernières années, a bouleversé le partage de la route. Depuis longtemps, on avait réservé la livraison à la voiture, et on lui avait tout sacrifié. Et aujourd’hui, les taximen ont pris de mauvaises habitudes et l'arrivée de deux-roues sur leur route trouble leur référentiel.

Visiblement, ils craignaient plus de gêner les autres voitures que d'assurer le bien-être des Thiak Thiak, même si ces derniers effectuent très souvent des dépassements risqués. Ils ont trouvé dans la livraison leur gagne-pain.

Les travaux du BRT à Liberté et ailleurs perturbent davantage la cohabitation entre les différents usagers de la route. Des travaux qui encombrent l'espace et créent forcément des zones de friction par moments. Pour fuir les embouteillages, ils roulent même sur les trottoirs et voies piétonnes.

Au croisement, conducteurs de véhicule et moto vont toujours choisir la solution qui les arrange le plus, ce qui mène à des situations conflictuelles. D’un côté ou de l’autre, voir l'autre faire des choses qu'il ne doit pas faire, engendre presque toujours de la colère.

Ainsi, le taximan va mal réagir en voyant le conducteur au volant du scooter profiter des avantages des voitures en priorité ou passer des feux rouges, alors qu'eux resteront à l'arrêt. Mieux, les transporteurs dénoncent l’illégalité de ce type de transport en moto-Jakarta. Rien ne légalise leur circulation dans le milieu du transport.

« Depuis longtemps, nous faisons face à la concurrence des clandos. Aujourd’hui, un autre problème est venu s’y ajouter. Les livreurs font maintenant du transport de passagers à Dakar », avaient-ils dit lors d’un sit in à la place de la Nation.
Mercredi 15 Septembre 2021
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Twitter



Dans la même rubrique :