Guy Marius Sagna démonte le discours sur une crise institutionnelle et attaque les pratiques commerciales des opérateurs téléphoniques : « Crise institutionnelle amul ! »

Lors de l’examen du projet de loi n°25/2026 relatif à la protection des infrastructures d’information critiques et à la sécurité numérique, Guy Marius Sagna a multiplié les interpellations. Le député a réclamé l’application effective d’une indemnité destinée aux agents du chiffre, dénoncé les pratiques liées aux « Dalal Tones » et à l’expiration du crédit téléphonique, questionné la couverture réseau dans plusieurs régions et rejeté l’idée d’une « crise institutionnelle » au Sénégal.


y Marius Sagna a profité de son intervention à l’Assemblée nationale pour mettre sur la table plusieurs préoccupations allant des conditions des agents du chiffre aux pratiques des opérateurs de télécommunications, en passant par la couverture du réseau et la situation politique.
 
Le député a d’abord tenu à revenir sur une question qu’il affirme avoir déjà soulevée en commission. Selon lui, sa préoccupation n’avait pas été correctement comprise dans la réponse qui lui avait alors été apportée.
 
Guy Marius Sagna a rappelé que le projet de loi n°25/2026 avait été, pour l’essentiel, élaboré par la Direction générale du chiffre et de la sécurité des systèmes d’information, dont il a souligné le rôle central dans la protection numérique de l’État.
 
Il s’est particulièrement intéressé à la situation des agents du chiffre. D’après ses explications, une loi votée en 2014 aurait institué à leur profit une « indemnité spéciale de discrétion professionnelle, permanente et définitive », dont le montant devait être fixé par décret.
 
Or, affirme le parlementaire, les agents concernés attendraient toujours de voir cette indemnité apparaître sur leurs bulletins de salaire.
 
« Depuis 2014, ces agents du chiffre n’ont pas vu cette indemnité dans leur bulletin de salaire et, bien sûr, ne l’ont pas vue dans leur poche », a-t-il déclaré.
 
Guy Marius Sagna a ainsi demandé des éclaircissements sur l’existence d’un éventuel décret. Selon les informations qu’il dit avoir reçues, un texte aurait pu être pris en 2017 sans avoir été publié.
 
« Où est ce décret ? », a-t-il demandé.
 
Tout en reconnaissant que cette question ne relevait pas directement du département ministériel interpellé, le député a demandé que la préoccupation soit portée au niveau du gouvernement. Pour lui, il serait paradoxal que ceux qu’il présente comme la « cheville ouvrière » de textes majeurs sur la sécurité des systèmes d’information attendent toujours la concrétisation d’un droit prévu depuis plusieurs années.
 
Le parlementaire a ensuite changé de registre pour s’attaquer aux pratiques des opérateurs téléphoniques, en particulier au service communément appelé « Dalal Tones ».
 
Dans une intervention mêlant wolof et français, Guy Marius Sagna a estimé que de nombreux Sénégalais étaient excédés par ce service. Il a dénoncé ce qu’il considère comme une forme de harcèlement commercial, estimant que certaines pratiques profiteraient notamment du manque de maîtrise du numérique d’une partie de la population.
 
« C’est du harcèlement, c’est du vol », a-t-il lancé avant de demander à Orange de revoir ses pratiques concernant ce service.
 
Guy Marius Sagna a également remis en cause le principe d’expiration de certains crédits téléphoniques. À ses yeux, un consommateur ayant acheté du crédit devrait pouvoir l’utiliser selon ses besoins sans être contraint par une durée de validité trop restrictive.
 
« C’est les gens avant l’argent », a-t-il insisté.
 
Le député estime que les Sénégalais ne devraient pas être poussés à acheter régulièrement du crédit alors qu’ils doivent déjà faire face à de nombreuses autres dépenses.
 
Il a demandé au gouvernement de se pencher sur les conditions imposées par les opérateurs de téléphonie et de mieux prendre en considération le pouvoir d’achat des usagers.
 
Dans la même logique, Guy Marius Sagna a interrogé le ministre sur la qualité de la couverture téléphonique dans plusieurs parties du territoire national.
 
« Quelles sont les raisons qui justifient la mauvaise couverture réseau dans des zones comme Kédougou, Matam, Ziguinchor, Kolda, etc. ? », a-t-il demandé.
 
Il s’est aussi intéressé à l’implication de la Sonatel dans le monde universitaire, demandant si l’entreprise investissait dans la recherche-développement, notamment dans le domaine du numérique.
 
La dernière partie de son intervention a pris une tournure beaucoup plus politique.
 
Guy Marius Sagna a posé frontalement la question : « Est-ce qu’il y a une crise ? »
 
Pour le député, la réponse est claire : il n’existerait pas de « crise institutionnelle » au Sénégal.
 
« Crise amul ! », a-t-il répété en wolof, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de crise.
 
Selon lui, les difficultés observées relèveraient davantage d’une « crise de discipline », d’une « crise de valeurs » ou encore de comportements qu’il qualifie de « trahison », plutôt que d’un blocage institutionnel.
 
Guy Marius Sagna s’est également attaqué à ceux qu’il accuse d’entretenir artificiellement l’idée d’une crise politique par l’intermédiaire de journalistes et de chroniqueurs.
 
Le député a appelé à « assainir l’arène politique sénégalaise » et à rompre avec certaines pratiques qu’il juge incohérentes, notamment le fait de défendre une orientation politique pendant une campagne électorale avant d’en adopter une autre une fois au pouvoir.
 
« Cela doit cesser », a-t-il soutenu en substance.
 
Avant de conclure son intervention, Guy Marius Sagna a réaffirmé qu’à ses yeux, le Sénégal ne traversait pas une crise institutionnelle. Il a assuré que les débats politiques allaient se poursuivre, mais qu’ils devaient avant tout porter sur les préoccupations concrètes des Sénégalais.
 
Une intervention particulièrement dense au cours de laquelle le député aura successivement mis en avant la situation des agents du chiffre, les pratiques commerciales des opérateurs téléphoniques, la couverture du territoire, la recherche numérique et les tensions qui traversent actuellement le débat politique.
Jeudi 20 Août 2026
Dakaractu



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