Après son départ officiel du gouvernement, Fatou Blondin Diop se veut claire sur la nature de ses relations politiques avec ses compagnons d’Avenir Sénégal Bignou Bëgg. Au micro de Dakaractu Mbour, l’ancienne ministre refuse de réduire un compagnonnage politique construit au fil des années à une simple présence au sein de l’appareil d’État.
Présidente de l’association Diapalante Mbour Développement, Fatou Blondin Diop était au CDPS de Mbour pour une activité consacrée à l’éducation. Son association y a procédé à la distribution de près de 300 kits scolaires, sur un total de 380 kits destinés à accompagner des élèves du primaire et du collège.
Une action sociale qui traduit, selon elle, la volonté de contribuer concrètement à l’allègement des charges qui pèsent sur de nombreuses familles à l’approche de la rentrée scolaire.
L’édition de cette année a été parrainée par le Dr Cheikh Tidiane Dièye, actuellement en séjour à l’étranger. Pour le représenter, une délégation a été dépêchée à Mbour afin de prendre part à la cérémonie.
Mais l’actualité politique s’est naturellement invitée dans les échanges. Interpellée par Dakaractu Mbour sur ses relations avec ses compagnons politiques après son départ du gouvernement, Fatou Blondin Diop a tenu à faire une distinction nette entre fonction institutionnelle et engagement politique.
« Nous partageons du point de vue de l’engagement politique la plateforme Avenir Sénégal Bignou Bëgg. Nous cheminons depuis 2015 et nous continuons à cheminer aujourd’hui. Ce n’est pas un poste qui définit nos relations. »
Des combats qui remontent à plusieurs années
Fatou Blondin Diop rappelle que ce compagnonnage s’est construit autour de plusieurs combats politiques et citoyens. Elle cite notamment le référendum constitutionnel de 2016, les questions liées aux ressources pétrolières, mais également les différentes échéances électorales auxquelles les membres de cette mouvance ont participé, tantôt sous des bannières communes, tantôt séparément.
Elle inscrit surtout cette relation dans une histoire politique beaucoup plus ancienne.
« Les Assises, on est en 2026, les Assises c’était en 2010 qu’on a terminé », rappelle-t-elle, faisant référence à une période où plusieurs acteurs aujourd’hui présents dans le paysage politique sénégalais avaient déjà commencé à porter une certaine conception de la République et de la gouvernance.
« Le président a le pouvoir de décider »
Sur la décision mettant fin à ses fonctions gouvernementales, Fatou Blondin Diop ne nourrit aucune polémique institutionnelle.
Elle reconnaît au président de la République la prérogative constitutionnelle de nommer et de mettre fin aux fonctions gouvernementales.
« Celui qui est dépositaire de signer des décrets dans un sens ou dans l’autre, prend ses décisions. Nous ne pouvons que le constater. Ça relève entièrement de sa responsabilité d’agir ainsi », explique-t-elle.
Une position qui tranche avec toute lecture pouvant laisser croire que son départ du gouvernement serait synonyme de rupture politique.
Le poste passe, les convictions restent
À travers cette sortie, Fatou Blondin Diop semble surtout vouloir rappeler une constante : un engagement politique ne se résume pas à un portefeuille ministériel.
Son départ du gouvernement ne remettrait donc pas en cause, à l’en croire, les convictions et les combats partagés depuis des années avec ses compagnons d’Avenir Sénégal Bignou Bëgg.
De 2010 aux Assises nationales à 2015, puis aux différents combats électoraux et citoyens, elle revendique une trajectoire construite autour d’une vision commune du Sénégal.
Et son message est limpide : les fonctions sont temporaires, les convictions peuvent survivre aux postes.
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