La question du financement de l’économie devrait occuper une place centrale dans la Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô. Selon L’Observateur, l’accord obtenu avec le Fonds monétaire international et portant sur 1 243 milliards de FCFA constitue l’un des principaux points susceptibles d’alimenter le débat parlementaire.
L’enjeu est à la fois économique et politique. Le gouvernement cherche à remettre l’économie sénégalaise sur une trajectoire soutenable et compte, d’après le quotidien, sur un accord technique avec le FMI. Mais cette orientation intervient dans un contexte particulier où le recours à l’institution financière internationale a longtemps suscité des débats au sein du camp politique ayant porté le projet de rupture.
Le Premier ministre devra donc répondre à une interrogation centrale : comment financer la relance tout en préservant les engagements politiques qui avaient accompagné l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités ?
Pour l’économiste-statisticien Babacar Gaye, cité par L’Observateur, présenter la situation comme un affrontement idéologique entre un ancien Premier ministre souverainiste et un nouveau chef du gouvernement favorable au FMI reviendrait à simplifier excessivement la réalité.
Il rappelle que le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko avait lui-même négocié avec le Fonds monétaire international de manière continue entre 2024 et 2026. Selon cette lecture, le précédent programme n’avait pas été interrompu en raison d’un choix politique consistant à rejeter le FMI, mais avait été suspendu dans le contexte de la révélation de fausses déclarations relatives aux finances publiques.
L’Observateur rappelle également qu’Ousmane Sonko avait déclaré le 1er septembre avoir participé pendant plusieurs mois aux discussions et avoir eu connaissance de certaines orientations retenues. Le désaccord aurait donc davantage porté sur les conditions, le calendrier et la transparence que sur le principe même d’un recours au Fonds.
Pour Babacar Gaye, la véritable question de souveraineté économique ne consiste pas seulement à accepter ou refuser un programme du FMI. Elle repose avant tout sur la capacité du pays à assurer son propre financement dans des conditions soutenables.
L’économiste évoque plusieurs indicateurs pour illustrer la tension qui pèse sur les finances publiques. Il souligne notamment qu’une obligation souveraine du Sénégal arrivant à échéance en 2031 se négociait à 50,4 cents le 1er septembre, soit, selon les données citées, son niveau historique le plus faible. Il indique également, sur la base de données attribuées à l’agence Moody’s, que la charge d’intérêts absorberait 23,7 % des recettes de l’État, contre 16,1 % en 2023.
Les besoins bruts de financement pourraient par ailleurs approcher, selon la même analyse, près du quart du Produit intérieur brut en 2026. Dans ces conditions, l’économiste considère que la question n’est plus seulement de choisir entre souveraineté et FMI, mais entre différentes sources de financement, dont le marché régional, où les coûts peuvent atteindre 7 ou 8 %.
Un autre élément central soulevé dans l’analyse concerne l’ajustement budgétaire déjà engagé avant même la conclusion d’un nouveau programme. Babacar Gaye relève que le déficit serait passé de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % en 2025, alors que le programme du FMI était suspendu.
Cette réduction aurait notamment été obtenue par des coupes dans les dépenses d’investissement. Le quotidien évoque, dans ce contexte, des chantiers arrêtés, des entreprises impayées et des projets gelés. Pour l’économiste, l’austérité aurait donc déjà existé dans les faits, sans attendre la mise en œuvre du nouveau programme.
La Déclaration de politique générale devra désormais apporter des réponses concrètes sur la manière dont l’Exécutif entend poursuivre l’assainissement sans aggraver les difficultés sociales et économiques.
Babacar Gaye identifie notamment trois éléments qui permettront, selon lui, de mesurer rapidement la solidité du dispositif annoncé.
Le premier concerne le mémorandum conclu avec le FMI. Sa publication ou sa transmission à l’Assemblée nationale constituerait un enjeu majeur de transparence. L’économiste considère légitime que les députés puissent accéder à un document susceptible d’engager plusieurs années de politique économique.
Deuxième interrogation : la Loi de finances rectificative. L’absence d’un calendrier précis poserait, selon lui, un problème puisque les mesures du programme doivent disposer d’un support juridique et budgétaire.
Enfin, l’expert appelle à l’instauration d’un plancher de dépenses sociales clairement chiffré, opposable et suivi trimestriellement. Après un ajustement qui aurait essentiellement porté sur les investissements en 2025, il estime indispensable de déterminer précisément les domaines qui devront désormais être préservés.
C’est sur ces éléments que la DPG du 8 septembre sera particulièrement scrutée. Au-delà de l’annonce des 1 243 milliards de FCFA, Ahmadou Al Aminou Lô devra montrer comment ces ressources s’inscriront dans une stratégie économique, budgétaire et sociale cohérente.
L’enjeu est à la fois économique et politique. Le gouvernement cherche à remettre l’économie sénégalaise sur une trajectoire soutenable et compte, d’après le quotidien, sur un accord technique avec le FMI. Mais cette orientation intervient dans un contexte particulier où le recours à l’institution financière internationale a longtemps suscité des débats au sein du camp politique ayant porté le projet de rupture.
Le Premier ministre devra donc répondre à une interrogation centrale : comment financer la relance tout en préservant les engagements politiques qui avaient accompagné l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités ?
Pour l’économiste-statisticien Babacar Gaye, cité par L’Observateur, présenter la situation comme un affrontement idéologique entre un ancien Premier ministre souverainiste et un nouveau chef du gouvernement favorable au FMI reviendrait à simplifier excessivement la réalité.
Il rappelle que le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko avait lui-même négocié avec le Fonds monétaire international de manière continue entre 2024 et 2026. Selon cette lecture, le précédent programme n’avait pas été interrompu en raison d’un choix politique consistant à rejeter le FMI, mais avait été suspendu dans le contexte de la révélation de fausses déclarations relatives aux finances publiques.
L’Observateur rappelle également qu’Ousmane Sonko avait déclaré le 1er septembre avoir participé pendant plusieurs mois aux discussions et avoir eu connaissance de certaines orientations retenues. Le désaccord aurait donc davantage porté sur les conditions, le calendrier et la transparence que sur le principe même d’un recours au Fonds.
Pour Babacar Gaye, la véritable question de souveraineté économique ne consiste pas seulement à accepter ou refuser un programme du FMI. Elle repose avant tout sur la capacité du pays à assurer son propre financement dans des conditions soutenables.
L’économiste évoque plusieurs indicateurs pour illustrer la tension qui pèse sur les finances publiques. Il souligne notamment qu’une obligation souveraine du Sénégal arrivant à échéance en 2031 se négociait à 50,4 cents le 1er septembre, soit, selon les données citées, son niveau historique le plus faible. Il indique également, sur la base de données attribuées à l’agence Moody’s, que la charge d’intérêts absorberait 23,7 % des recettes de l’État, contre 16,1 % en 2023.
Les besoins bruts de financement pourraient par ailleurs approcher, selon la même analyse, près du quart du Produit intérieur brut en 2026. Dans ces conditions, l’économiste considère que la question n’est plus seulement de choisir entre souveraineté et FMI, mais entre différentes sources de financement, dont le marché régional, où les coûts peuvent atteindre 7 ou 8 %.
Un autre élément central soulevé dans l’analyse concerne l’ajustement budgétaire déjà engagé avant même la conclusion d’un nouveau programme. Babacar Gaye relève que le déficit serait passé de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % en 2025, alors que le programme du FMI était suspendu.
Cette réduction aurait notamment été obtenue par des coupes dans les dépenses d’investissement. Le quotidien évoque, dans ce contexte, des chantiers arrêtés, des entreprises impayées et des projets gelés. Pour l’économiste, l’austérité aurait donc déjà existé dans les faits, sans attendre la mise en œuvre du nouveau programme.
La Déclaration de politique générale devra désormais apporter des réponses concrètes sur la manière dont l’Exécutif entend poursuivre l’assainissement sans aggraver les difficultés sociales et économiques.
Babacar Gaye identifie notamment trois éléments qui permettront, selon lui, de mesurer rapidement la solidité du dispositif annoncé.
Le premier concerne le mémorandum conclu avec le FMI. Sa publication ou sa transmission à l’Assemblée nationale constituerait un enjeu majeur de transparence. L’économiste considère légitime que les députés puissent accéder à un document susceptible d’engager plusieurs années de politique économique.
Deuxième interrogation : la Loi de finances rectificative. L’absence d’un calendrier précis poserait, selon lui, un problème puisque les mesures du programme doivent disposer d’un support juridique et budgétaire.
Enfin, l’expert appelle à l’instauration d’un plancher de dépenses sociales clairement chiffré, opposable et suivi trimestriellement. Après un ajustement qui aurait essentiellement porté sur les investissements en 2025, il estime indispensable de déterminer précisément les domaines qui devront désormais être préservés.
C’est sur ces éléments que la DPG du 8 septembre sera particulièrement scrutée. Au-delà de l’annonce des 1 243 milliards de FCFA, Ahmadou Al Aminou Lô devra montrer comment ces ressources s’inscriront dans une stratégie économique, budgétaire et sociale cohérente.
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