Les errata de 2025 et celui de 2026 relèvent de la même pratique budgétaire, mais l'Assemblée nationale n'y a pas réagi de la même manière. Le 26 juin 2025, un errata signé du ministre Cheikh Diba corrigeait le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2025. Il intégrait 14,85 milliards FCFA de soldes de comptes bancaires, issus de financements extérieurs reportés destinés à l'apurement des arriérés, dans la couverture du besoin de financement. Le 6 novembre 2025, un second errata corrigeait le projet de loi de finances initiale (PLFI) 2026. Il ramenait à zéro, au lieu de 48,1, des recettes non fiscales issues du PRES et réduisait de 9 milliards les totaux d'engagements et de crédits de paiement de ce programme. Dans les sources consultées, aucune de ces corrections n'a donné lieu à une démarche formelle des députés, ni demande de retrait ni communiqué de la commission des finances. La LFR 2025 a été adoptée en plénière, dans les jours qui ont suivi l'errata et le budget 2026 l'a été en décembre 2025.
En novembre 2026, la séquence est différente et les actes parlementaires s'enchaînent. Après deux rejets en commission, les 23 et 30 octobre, la LFR 2026 a été rejetée en plénière le 3 novembre, à la suite d'une question préalable déposée par Amadou Ba, député du groupe majoritaire Pastef. Le même jour, le président de la commission des finances a demandé par lettre le retrait du PLFI 2027, déjà transmis au Parlement. Son argument était que le texte repose sur les hypothèses d'une LFR que l'Assemblée venait de rejeter. Dans un communiqué du 5 novembre, Alphonse Mané Sambou a précisé qu'il s'agissait d'une suggestion, non d'une injonction et a rappelé l'obligation d'examiner le projet dans les 60 jours. Les réunions du 5 novembre ont été reportées au 7. Ce jour-là, la commission a rejeté le PLFI 2027, seuls deux députés ayant voté pour.
L'errata du 6 novembre 2026 s'insère ainsi dans cette chaîne sans la déclencher. Il arrive après la demande de retrait et la veille de l'examen. Selon le ministère, il ne modifie pas le déficit de 4,7 % du PIB prévu pour 2027 ; il remplace seulement la base de comparaison 2026, la LFR (7,6 % de déficit) cédant la place à la LFI (5,4 %). La thèse d'un manque de sincérité prouvé par cet errata circule dans des publications sur les réseaux sociaux et prolonge l’idée selon laquelle, la commission avait déjà formulé contre le ministre à propos de la LFR, mais elle n'apparaît pas, dans les sources consultées, comme un acte formel des députés.
Ce que montrent les faits, c'est d'abord une différence de séquence. Les errata du 26 juin et du 6 novembre 2025 se sont inscrits dans des examens menés jusqu'à l'adoption. Celui de 2026 arrive dans une procédure déjà contestée par des actes précis : rejets successifs, question préalable, demande de retrait, report des réunions, vote de rejet en commission. La comparaison pertinente porte donc moins sur les errata, pratique ancienne que le ministère rappelle, que sur le comportement de la commission d'un exercice à l'autre.
Ces actes ne disent pas pourquoi les députés agissent ainsi et les motifs prêtés à la majorité restent des lectures concurrentes. La commission affirme exercer ses prérogatives constitutionnelles. Mais le gouvernement a opposé une fin de non-recevoir à la demande de retrait et accuse la commission de manœuvres d'obstruction. Ce que son président conteste. La suite, soit l'examen des budgets ministériels puis le vote en plénière, dira si la divergence porte sur les chiffres, sur la procédure ou sur le rapport de forces entre l'Exécutif et l'Assemblée.
En novembre 2026, la séquence est différente et les actes parlementaires s'enchaînent. Après deux rejets en commission, les 23 et 30 octobre, la LFR 2026 a été rejetée en plénière le 3 novembre, à la suite d'une question préalable déposée par Amadou Ba, député du groupe majoritaire Pastef. Le même jour, le président de la commission des finances a demandé par lettre le retrait du PLFI 2027, déjà transmis au Parlement. Son argument était que le texte repose sur les hypothèses d'une LFR que l'Assemblée venait de rejeter. Dans un communiqué du 5 novembre, Alphonse Mané Sambou a précisé qu'il s'agissait d'une suggestion, non d'une injonction et a rappelé l'obligation d'examiner le projet dans les 60 jours. Les réunions du 5 novembre ont été reportées au 7. Ce jour-là, la commission a rejeté le PLFI 2027, seuls deux députés ayant voté pour.
L'errata du 6 novembre 2026 s'insère ainsi dans cette chaîne sans la déclencher. Il arrive après la demande de retrait et la veille de l'examen. Selon le ministère, il ne modifie pas le déficit de 4,7 % du PIB prévu pour 2027 ; il remplace seulement la base de comparaison 2026, la LFR (7,6 % de déficit) cédant la place à la LFI (5,4 %). La thèse d'un manque de sincérité prouvé par cet errata circule dans des publications sur les réseaux sociaux et prolonge l’idée selon laquelle, la commission avait déjà formulé contre le ministre à propos de la LFR, mais elle n'apparaît pas, dans les sources consultées, comme un acte formel des députés.
Ce que montrent les faits, c'est d'abord une différence de séquence. Les errata du 26 juin et du 6 novembre 2025 se sont inscrits dans des examens menés jusqu'à l'adoption. Celui de 2026 arrive dans une procédure déjà contestée par des actes précis : rejets successifs, question préalable, demande de retrait, report des réunions, vote de rejet en commission. La comparaison pertinente porte donc moins sur les errata, pratique ancienne que le ministère rappelle, que sur le comportement de la commission d'un exercice à l'autre.
Ces actes ne disent pas pourquoi les députés agissent ainsi et les motifs prêtés à la majorité restent des lectures concurrentes. La commission affirme exercer ses prérogatives constitutionnelles. Mais le gouvernement a opposé une fin de non-recevoir à la demande de retrait et accuse la commission de manœuvres d'obstruction. Ce que son président conteste. La suite, soit l'examen des budgets ministériels puis le vote en plénière, dira si la divergence porte sur les chiffres, sur la procédure ou sur le rapport de forces entre l'Exécutif et l'Assemblée.
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