Contribution: Finale can Cameroun 2021: Egypt/Senegal


Ainsi le sort en est-il jeté, la bataille pour trôner sur le toit de l’Afrique, en cette 33ème Edition de la CAN de football, opposera l’Egypte, au Sénégal qui aura répondu à toutes les attentes et confirmé maints pronostics qui l’attendaient à ce niveau, dès l’entame de la compétition.
La formidable liesse qui a gagné tous les coins et recoins de notre pays, au coup de sifflet final du match contre le Burkina, est suffisamment révélatrice de la mobilisation de nos compatriotes et éminemment confirmative de leurs fortes attentes d’accueillir, enfin, le trophée à Dakar, comme point d’orgue d’un remarquable parcours. L’expression festive de joie et de bonheur, notée dans tout le pays, montre le rôle et la place du football au Sénégal, dans sa capacité de réactivation du sentiment d’identité nationale, en libérant un condensé de fierté, d’enthousiasme, de passions et de rêves communs.
Le Sénégal a de fortes traditions de pratique sportive sur un large spectre pluridisciplinaire, mais le football occupe une place particulière dans notre société et dans le cœur de nos compatriotes. Au demeurant, cette situation n’est pas spécifique au Sénégal. Elle illustre simplement le formidable engouement qui s’est développé autour du football, partout, à l’échelle du monde. En effet, dans et autour du spectacle du football, se sécrète de plus en plus, comme une sorte de nouvelle culture partagée à travers des valeurs, des règles et des comportements qui ont fini de structurer et de symboliser cette discipline de référence.
Fait social de masse, le football exerce un attrait et une influence considérables dans la société moderne. Par l’édiction, l’appropriation et l’application de règles communes internationalisées avant beaucoup d’autres, le football a significativement renforcé et valorisé l’expression d’une culture humaine qui a transcendé les frontières de la nature, de la race, des religions et de la couleur de peau. Ainsi peut-on appréhender l’extraordinaire intensité des faits psychologiques et sociaux que charrient sa pratique et son spectacle. En Afrique, la CAN incarne au plus haut niveau, le point de fixation et de compétition de tous les sportifs et supporters qui rêvent de conquérir le prestigieux trophée pour l’honneur de leur pays et la gloire de leur nation. Un auteur ne s’y est pas trompé, parlant plus généralement du sport, notant qu’il « participe à l’établissement d’un légendaire spécifiquement national, avec ses épopées, ses héros, ses Austerlitz et ses Waterloo ». Dans le même sillage, le très regretté Journaliste Jean Meissa DIOP pouvait écrire le 1er juin 2002, au lendemain de notre historique victoire sur la France, à Séoul « Sénégal : c’était Pathé Badiane II. L’équipe sénégalaise qui a battu hier celle de la France, nous aura appris, sans en avoir conscience que les contentieux historiques se vident aussi sur un terrain de foot. Qu’on nous permette, pour saluer cette victoire, d’être outrancier dans la jubilation et cocardier dans l’amalgame. Hier, nous sénégalais, avons pris notre revanche sur trois cents ans d’histoire… »
Si comme le signale le regretté Jean MEISSA DIOP : « …les contentieux historiques se vident aussi sur un terrain de foot », que dire alors des contentieux spécifiquement sportifs ?
Parce que des contentieux sportifs, il y en a eu dans certaines CAN. C’est Alain PEYREFITTE qui nous rappelait que : « On ne peut regarder au fond de l’actualité, sans regarder d’abord au fond de l’histoire ». L’histoire de la participation de notre pays à différentes CAN, est pleine de ces péripéties, écueils, conflits, échecs et faiblesses qu’il convient de toujours avoir à l’esprit, pour les juguler et les liquider définitivement. En effet, qu’il s’agisse de la CAN 65 à Tunis avec ‘’’’les subtilités de l’algèbre’’’’ ; de la CAN 86 au Caire où après avoir battu d’entrée le pays hôte, la suite ne fut pas heureuse ; de Sénégal 92, avec une dure élimination prématurée sur nos terres ; de la CAN 2000 où, nous avons fait trembler presque jusqu’au bout du temps réglementaire, le puissant Nigéria à Mali 2002 où, tout devait nous réussir et où, la fin ne fut pas à la hauteur de la promesse des fleurs , il convient de tirer toutes les leçons pour faire face plus efficacement et être à l’abri des errements. Il est bon de se souvenir que le Cameroun, pour l’organisation de sa CAN de 1972, n’avait pas atteint la finale et s’était contenté de la troisième place. Son élimination par l’Egypte au stade des demi- finales de la présente CAN semble accréditer une répétition de l’histoire sur un mode dramatique. Cependant, faut-il le rappeler, le Cameroun est allé gagner la Coupe 5 fois à l’extérieur : en 84 en Côte d’Ivoire ; 88 au Maroc ; 2000 au Nigéria ; 2002 au Mali et 2017 au Gabon. C’est dire qu’il reste un très grand pays de football et de footballeurs ayant notablement lustré les titres de noblesse de notre continent, en la matière.
Le Sénégal, pour la présente édition, est ainsi à 90 ou 120 minutes voire à une séance de tirs au but pour toucher le graal. L’encadrement administratif et technique est suffisamment outillé pour envisager toutes les hypothèses et se préparer en conséquence. C’est un important moment que nous allons vivre, qui demande et mérite tous les efforts, tous les sacrifices et toutes les prouesses pour écrire une inédite page sportive aux portes de l’histoire, pour entrer dans la légende. Quand le Coach Aliou CISSE, salue la qualité du leadership technique et social de Sadio MANE dont, toute la communauté sportive apprécie les dispositions techniques, sportives, humaines et sociales, on en arrive à encore plus désirer et à encore plus vouloir ce prestigieux trophée comme couronnement de carrière pour tous ses co-équipiers, et qui ferait de lui le plus grand footballeur de tous les temps au Sénégal, non seulement pour ses performances sportives, mais plus encore ,pour ses qualités d’être et d’action et singulièrement son engagement pour son terroir ,ses parents et ses concitoyens(constructions d’écoles ,de lycées, d’hôpital etc.)Pour ce faire, les joueurs doivent toujours avoir à l’esprit, leur retour d’Egypte après la finale perdue de 2019 et l’accueil exceptionnel qui leur a été réservé par notre ardente jeunesse, chantant qu’elle n’était pas découragée malgré tout. Il s’agit donc maintenant, de se hisser à la hauteur des défis de l’heure, dans un sursaut de forte mentalité de combativité et de la gagne, de sécher les larmes de toutes ces années de désillusions et d’échecs, et de sauver la face, victorieusement.
Allez les LIONS !
Dakar, le 4 février 2022
Adama THIAM
Commandeur de l’Ordre national du Lion
Inspecteur de la Jeunesse et des Sports(ALR)
Ancien Conseiller du Premier Ministre
Ancien Directeur de cabinet
Ancien Directeur de la Haute Compétition
Samedi 5 Février 2022
Dakaractu




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