Il ne se passe pas une journée sans que la presse ne nous livre sur toutes ses « Unes » les noms de personnalités de l’ancien régime, présentées dès lors et sans aucune précaution sémantique, comme irrémédiablement coupables de détournements de deniers publics. Pourtant, même lorsque le ministre de la Justice est interrogée, elle insiste à raison sur la nécessité de respecter le secret des instructions, à tout le moins des enquêtes en cours, puisque n’étant pas encore arrivé au stade des instructions, personne n’étant pour l’instant inculpé. Pourtant des PV d’interrogatoires circulent et sont livrés aux journalistes. Sont-ce des policiers qui les leur procurent ? Contre quoi ? Pour quels motifs ? En tous cas, à vouloir se précipiter hors du champ des règles du droit, la justice peut favoriser de véritables vices de formes que de brillants avocats au service de ces personnalités seraient en mesure de brandir avec opportunité. La Crei a-t-elle pris toutes les précautions pour éviter cette éventualité ? Nous n’en sommes pas si sûrs. Le temps mis pour démasquer des sociétés écrans, ou des prête-noms est a priori plus long qu’une simple enquête de gendarmerie et pourtant des noms sont étalés dans la presse en-veux-tu-en voilà, sans aucune précaution ni observance de la présomption d’innocence. Le procureur se donne en spectacle et donne des interviews à tire-larigot, se muant en juge qu’il n’est pas dans ces procédures. Bref, la justice va dans tous les sens et s’emballe, et personne ne semble vouloir l’arrêter. On semble oublier que la justice populaire est la sœur aînée de la justice d’exception Or, aujourd’hui, il semble qu’on s’achemine à grands pas vers cette justice de réaction.
Il est certes admis que la justice doit communiquer pour mieux informer. Ici, l’information du Procureur spécial était plutôt une révélation. Elle a mis à l’index des personnes que la justice n’a pas encore incriminées, mais que Monsieur NDAO soupçonne d’avoir distrait indûment des milliards, évoquant même avec aplomb que ceux qui ont volé des millions ne l’intéressaient pas. Ce qui soit dit en passant devrait aider à libérer des prisons tous les voleurs de poules et de portables qui emplissent nos prisons.
Où sont donc ensevelis le secret de l’enquête et la présomption d’innocence, et pourquoi Monsieur le Procureur spécial semble même avoir oublié qu’il ne lui appartient pas de juger, qu’il est du parquet. Ce n’est certainement pas ainsi qu’une bonne justice pourrait être rendue. Les prémisses d’une justice populaire se font jour ; elles ne sont pas en adéquation avec la gouvernance dite de rupture ; c’est plutôt la justice des vainqueurs, donc de l’injustice judiciaire.
La bonne justice, c’est celle qui requiert la sérénité, la mesure et l’objectivité. Elle ne peut avoir pour compagnons ni la fausse glorification, ni la partialité masquée artificiellement.
On peut constater et réprouver l’intempérance d’un procureur tardivement promu, en mal de gloire ou d’honneur, mais on ne peut tolérer que l’Etat trace les mêmes sillons. La justice populaire restera toujours une justice de réaction, d’arbitraire et dérives. Nous avons dit : Ruptures ?
Il est certes admis que la justice doit communiquer pour mieux informer. Ici, l’information du Procureur spécial était plutôt une révélation. Elle a mis à l’index des personnes que la justice n’a pas encore incriminées, mais que Monsieur NDAO soupçonne d’avoir distrait indûment des milliards, évoquant même avec aplomb que ceux qui ont volé des millions ne l’intéressaient pas. Ce qui soit dit en passant devrait aider à libérer des prisons tous les voleurs de poules et de portables qui emplissent nos prisons.
Où sont donc ensevelis le secret de l’enquête et la présomption d’innocence, et pourquoi Monsieur le Procureur spécial semble même avoir oublié qu’il ne lui appartient pas de juger, qu’il est du parquet. Ce n’est certainement pas ainsi qu’une bonne justice pourrait être rendue. Les prémisses d’une justice populaire se font jour ; elles ne sont pas en adéquation avec la gouvernance dite de rupture ; c’est plutôt la justice des vainqueurs, donc de l’injustice judiciaire.
La bonne justice, c’est celle qui requiert la sérénité, la mesure et l’objectivité. Elle ne peut avoir pour compagnons ni la fausse glorification, ni la partialité masquée artificiellement.
On peut constater et réprouver l’intempérance d’un procureur tardivement promu, en mal de gloire ou d’honneur, mais on ne peut tolérer que l’Etat trace les mêmes sillons. La justice populaire restera toujours une justice de réaction, d’arbitraire et dérives. Nous avons dit : Ruptures ?
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